Le rapatriement du fils prodigue

Oui bon, n’exagérons rien, quand je dis fils prodigue, c’est pour l’effet de style. Je parle de L’Ado bien sûr, qui il y a encore quelques jours, était coincé à Londres, en toute sérénité. Je ne stressais pas le moins du monde, bien sûr. Et puis, son bailleur a menacé de le foutre dehors sauvagement, lui a dit de dégager, a aimablement conseillé en douceur à tous les étudiants (pas que les étrangers, je veux dire) de rentrer chez papa et maman le plus rapidement possible. Ahaha, mon bébé, tout seul en plein confinement (il s’est auto-confiné bien avant que Johnson ne se décide à se bouger) dans un autre pays, et risquant d’être à la rue, je n’angoissais pas du tout. Rhaaa.

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L’Ado s’est bien s’inscrit sur Ariane depuis un moment déjà (c’est le site de l’état français pour le rapatriement des ressortissants à l’étranger pendant l’épidémie), au cas où. Ceux qui suivent l’actualité ont pu voir que ça ne marche pas vraiment parfaitement et que ça n’aide pas ceux coincés en Europe. L’ambassade à Londres a mis en place un numéro spécial, qui globalement conseille effectivement de rentrer le plus rapidement possible, vite, vite, vite, mais aussi de se débrouiller tout seul. Euh…on fait comment pour rapatrier L’Ado? J’étais toujours d’une sérénité admirable. Les autorités des deux côtés de la Manche sont formelles: chaque ressortissant d’un des deux pays coincés du côté où il n’a pas sa résidence habituelle a le droit et même le devoir, de franchir la frontière pour rentrer chez lui pour l’instant. Précision rassurante. Ou pas. Et Eurostar a non seulement réduit son trafic à sa plus simple expression mais ne garantit aucun train, ils peuvent être annulés sans prévenir au dernier moment. Je vais très bien. Calme et sérénité et tout ça.

L’Ado s’est donc présenté à la gare à Londres, muni de tous les justificatifs possibles et imaginables en français et en anglais. En parents confiants et apaisés, on lui a envoyé tous les certificats qu’on a pu trouver en écumant les sites administratifs français et anglais comme des fous. On a harcelé la terre entière, en tout cas tous nos contacts (merci encore à N.H. que j’ai inondé de messages pas du tout hystériques) pour être sûr que L’Ado ne serait pas coincé à la frontière. Ou à Lille. Ou sur le trajet jusqu’à notre bled paumé (mais qu’est-ce qui nous a pris d’habiter au milieu de nulle part comme ça?!?). Bon après, c’est l’état français qui ordonne pratiquement à L’Ado de rentrer, on ne va pas nous le bloquer quelque part en chemin quand même! Calme, respiration, sérénité, respiration, apaisement…rhaa, je ne peux plus respirer.

Bref, il est bien arrivé. Aucun problème nulle part. Ça s’est même tellement bien passé que j’en suis presque déçue. J’ai dit « presque ». Je l’ai accueilli avec soulagement, tout mon amour maternel, et des hectolitres de désinfectant, que j’ai pulvérisé directement sur toutes ses affaires sans le laisser franchir le pas de la porte. Tu vas prendre une douche, tu diras bonjour après. Non mais coin, meuh, ça va, hein, quoi, bonjour l’accueil. Meuh….voilà, on est au complet, L’Ado est avec nous. Je suis sereine.

Note: je précise que le retour des français de l’étranger est mis en place par le ministère des affaires étrangères, ce n’est pas une entrave au confinement. L’Ado a pris et continue à prendre toutes les précautions obligatoires (et même non obligatoires, pour la partie anglaise) avant, pendant et après son voyage (histoire de ne pas nous contaminer) et il ne mettra pas un orteil dehors, aucune dérogation (on n’est pas prêt de l’envoyer au ravitaillement!), avant 14 jours après son retour.

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What have the Romans ever done for Britain? top 10

Comme promis hier, plutôt que de raconter mon confinement lénifiant ou de m’épancher niaisement comme la première pseudo intello venue, je continue massacrer n’importe comment l’histoire de l’Angleterre. Juste parce que ça me fait rire et que j’espère que ça détend l’atmosphère. Et comme j’adore aussi les top 10, je me suis dit que ça pourrait me distraire de coupler les deux. Je m’amuse d’un rien…

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10- c’est une chose d’envahir et de coloniser une île perdue dans le nord, d’accord, mais si c’est pour y vivre comme un plouc arriéré, ce n’est pas la peine. Bref, les romains ont amené avec eux tout un tas de modernités inconnues des britons, comme les routes, les aqueducs, les égouts…vous imaginez l’état de l’Angleterre aujourd’hui sans ces inventions romaines ? Comme quoi, ils ont une certaine utilité, les migrants européens. Je dis ça sans penser à mal bien sûr.

9-c’est aussi les romains qui ont fondé Londres. Ils feraient quoi aujourd’hui les anglais, sans capitale ? Où rangerait-on la reine et le gouvernement ?

8- les romains ont aussi sérieusement diversifié les menus. Déjà que la gastronomie anglaise n’est pas connue pour sa folle inventivité, sans les romains, on en serait encore à brouter des navets à tous les repas.

7-puisqu’on en parle, ce sont aussi les romains qui ont fait découvrir les joies du fast food aux britons. Les marchands et soldats n’avaient pas que ça à faire, il fallait que ça aille vite. Sérieusement, ils ont inventé des espèces de fast food sur étal portatif dans les marchés ou aux carrefours fréquentés (les carrefours routiers je veux dire, ça n’a rien à voir avec les problèmes de drive pour les courses en ce moment. De toute façons, les romains faisaient des courses de char, pas des courses de pâtes. C’est moi ou ça devient long, comme parenthèse?).

6- les romains ont également eu l’idée d’introduire les pommes sur l’île, ce qui est à la base d’un des fondements même de la civilisation anglaise. Et oui sans pomme, pas de cidre. C’est ballot.

5-Les romains n’ont pas hésité non plus à faire cadeau de tout un tas de nouveaux mots en latin aux locaux. Sans l’invasion romaine, les anglais ne sauraient même pas comment appeler leurs castles, leurs days, leurs forks, leurs mothers, leurs pigs ou même leurs socks. Ils auraient l’air malin, à appeler thingy leurs chaussettes et leur mère en même temps, ça prêterait clairement à confusion.

4-Le mur d’Adrien construit par les romains a fait beaucoup pour tromper l’ennui des Anglais comme des Ecossais pendant des siècles. C’était quand même une idée géniale de bien matérialiser la frontière comme ça. Imaginez si les Anglais et les Ecossais avaient oublié, ils n’auraient pas pu s’entretuer tous les 4 matins, ça aurait été d’un ennui.

3- l’industrie du tourisme anglaise doit beaucoup aux romains. On a déjà parlé de Londres mais il y a plein d’autres sites, dont la sublime Bath. Vous croyez qu’avec son climat que même un londonien aquaphile qualifierait de légèrement humide, Bath attirerait 4,5 millions de visiteurs par an si les romains n’y avaient pas construit des termes ? Je ne parle même pas des produits dérivés à la boutique de l’Office de tourisme, dont des savons parfumés aux épices de rôtisseries aussi surprenants qu’authentiques qui permettent de sentir le poulet rôti le Romain antique.

2-en incorporant l’Angleterre à leur empire, les romains l’ont un peu rapprochée de l’Europe Continentale. Ils ont prouvé qu’on pouvait faire partie d’une même communauté pendant 4 siècles. Je ne veux pas critiquer, mais à l’époque, les anglais ont supplié Rome pour rester dans l’empire. Et toc.

1-Mais ne nous ne leurrons pas : ce que les romains ont apporté de mieux à l’Angleterre, c’est une scène culte des Monty Python qui m’a d’ailleurs donné l’idée de ce top 10. Certes, John Cleese est aujourd’hui un brexiter aigris qui crache sa haine avec ses brisures de riz, mais son sketch « what have the Romans ever done for us ? » dans La vie de Brian est un chef d’œuvre, en complète contradiction avec ses prises de positions actuelles d’ailleurs, mais ça n’en reste pas moins hilarant.

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Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant: épisode 3

Toujours dans l’espoir de détendre l’atmosphère, je continue à massacrer allègrement l’histoire de l’Angleterre. On s’était arrêté juste après la conquête romaine. Vous allez rire, j’ai pensé qu’on pouvait reprendre à ce moment là et parler vaguement (parce que, encore une fois, je n’ai strictement aucune compétence) de l’Angleterre romaine jusqu’à la chute de l’empire. Qui est tombé mollement quand même en Angleterre, ça a pas été spectaculaire, il faut bien le dire.

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Alors donc, les romains et assimilés s’installent tranquillement dans le sud de l’île, c’est à dire dans l’Angleterre actuelle. Comme l’écrit Agricola (plus connu sous le nom de Tacite) : « les britons adoptent les bains et les festins à la romaine. Les natifs naïfs considèrent ces nouvelles coutumes comme la culture alors qu’elles sont en fait les instruments de leur servitude ». C’est dire toute l’estime que Rome a pour sa lointaine province britannique. Les romains, probablement pour tromper l’ennui et ne plus penser à l’humidité ambiante, construisent à tout va. Déjà, ça occupe les locaux. Pour la plus grande joie des archéologues, on crée des villes, des villas, des temples, des bains (je conseille vivement la visite de Bath d’ailleurs), des routes pavées et pas que en Carmélide….c’est bien simple, dans certains coins d’Angleterre, il suffit de se baisser pour tomber sur une mosaïque romaine ou un bout de poterie. Si. Même dans notre jardin à Colchester, on ne pouvait pas planter une fleur sans trouver des trucs romains, ça serait vite devenu lassant si je n’avais pas été aussi nulle en jardinage. Je m’éparpille…Enfin bon honnêtement, il ne se passe pas grand-chose pendant plusieurs siècles en Angleterre, c’est le train-train comme dans n’importe quelle autre province de l’empire romain. On ne va pas s’éterniser non plus, les envahisseurs saxons vont finir par s’impatienter. Cela dit, heureusement qu’ils étaient là pour mettre un peu d’ambiance.

Dès le troisième siècle, l’avenir de la province romaine britannique commence à sentir le roussi, littéralement puisque les pictes s’allient aux irlandais pour mener des raids un chouia destructeurs dans le Nord et l’Ouest de l’Angleterre, probablement parce que le climat y est aussi humide que chez eux, ils n’étaient pas dépaysés. C’est important pour un envahisseur, de ne pas avoir le mal du pays. Ils flanquent tellement le bazar en Angleterre que le grand chef de l’empire romain, l’empereur Valentin est obligé de venir en personne remettre de l’ordre en 343. Manque de chance, le pays ne lui plait pas du tout. Heureusement qu’il n’a pas pris le temps de laisser un avis sur trip advisor, parce que ça aurait saigné, un peu comme ces pauvres britons délaissés face aux barbares…C’est quoi ce coin paumé au fin fond de l’empire ? Non seulement il faut trente ans pour y aller (depuis Rome donc), mais il fait un temps pourri et les habitants sont des crétins finis! Le premier plouc venu un peu gonflé, peut leur faire croire qu’il est le vrai empereur, et ils gobent tout. En 383, un certain Magnus Maximus arrive à persuader, juste sur sa bonne bouille, la moitié du pays, garnisons romaines comprises, qu’il est leur véritable patron. On voit bien que les anglais n’avaient pas internet à l’époque, pour croire sans réfléchir n’importe quelle fake news comme ça…je sens que je m’éloigne du sujet.

Dégoutés par autant de bêtise, les romains retirent une partie de leurs troupes en laissant tout l’ouest du pays se débrouiller comme il peut avec les invasions barbares, ça leur apprendra, à ces petits crédules. Honnêtement, on sent bien que les romains cherchent à se débiner par tous les moyens et tous les prétextes sont bons pour regagner Rome. Ils ont déjà assez à faire comme ça avec la pagaille sur le continent, ils ne vont pas s’embarrasser avec une ile perdue là-bas dans son coin. Ces pauvres britons sont lents à comprendre qu’on les abandonne à leur sort et aux saxons. Ils demandent une première fois l’aide de l’empereur Honorius en 411, qui leur conseille de prendre un peu sur eux et d’arrêter de chouiner. Ils remettent ça en 446 et la réponse est encore plus cinglante. Rome n’a pas que ça à faire, qu’ils se débrouillent tous seuls. Après tout, si ça amuse les saxons de les envahir, c’est leur problème. Pendant ce temps-là, ils n’attaquent pas Rome…C’est pas glorieux comme fin tout ça…

Bon cela dit, comme ça me manque, je pensais faire un petit top 10 sur l’Angleterre romaine demain, avant de passer à l’épisode suivant, vous en pensez quoi?

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Sunny Monday #13

J’ai bien du soleil pour répondre au défi de Bernie, mais je commence à être à court d’idée pour la couleur magenta. Pas facile en ces temps particuliers…on a pourtant beaucoup de couleurs dans la maison, mais pas de magenta. Finalement , j’ai fini par faire avec une photo de mes pieds. Il n’y a aucun message, sauf peut être une affirmation de mes goûts particuliers et totalement assumés en matière de chaussures.

Prenez bien soin de vous!

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Projet 52: prêt au départ

Comme Ma’, je suis allée voir dans les archives pour illustrer le thème qu’elle a choisi cette semaine (choix arrêté en décembre dernier, je préfère préciser, Ma’ n’avait aucun moyen de savoir que ça tomberait en plein dans une actualité qui interdit tout départ). Voici une photo des côtes galloises, alors que le ferry part juste, direction l’Irlande. On se préparait au départ pour des vacances pèlerinages dans le pays où on a passé 10 ans: L’Ado et Marichéri étaient impatients de revoir l’Irlande, GeekAdo, MangaGirl et PrincesseChipie curieux de découvrir (les deux premiers y sont nés, mais n’en gardaient aucun souvenir) , Wizzboy était excité d’être sur un gros bateau, et moi je me cramponnais à la rambarde avec l’envie irrésistible de sauter à l’eau pour échapper au mal de mer. Bref, un départ parfait.

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Friday Feelings #259

Le confinement n’est pas une raison pour arrêter les états d’esprit, au contraire. Bon par contre, pour l’horaire, c’est un peu décalé, école à la maison oblige.

Fatigue: physique pas du tout, intellectuelle oui! L’école à la maison avec 4 enfants en terminale, troisième, sixième et CP, ça m’épuise. Surtout la philo. Principalement la philo. Énormément la philo. Rhaaa….

Humeur: je ne sais pas trop…ça oscille.

Condition physique: finie la peinture, et donc finies les courbatures!

Esprit: alors là, c’est beaucoup plus calme que d’habitude. Spinoza m’a assommée.

Estomac: à force de ne pas se laisser abattre, il va finir par exploser.

Boulot: le bureau est complètement fini! Ça y est, c’est officiel, l’intérieur de la maison du petit requin est entièrement rénové. Youpidoo. Sinon, on bosse dur. Marichéri télé travaille et aide GeekAdo en math et en sciences. Je fais le reste. Dans la joie et la bonne humeur pour l’instant. On fait le point, les 4 enfants et moi autour de la table de la salle à manger à 8h30 tous les matins, armés des iPad (les trois grands en ont un fourni par l’école). Je télécharge les docs avant 8h ou la veille. On réparti le travail pour la journée et hop, c’est parti. Je n’ai pas eu un emploi du temps comme ça depuis le lycée, et encore. Par exemple aujourd’hui ça donne 9h français niveau CP, 10h histoire géo niveau sixième avec la Grèce antique, 11h math niveau troisième, 12h math niveau cp pour 20 minutes, pause déjeuner et ça continue l’après midi. Évidemment, les trois grands font beaucoup de choses seuls, mais il faut vérifier, montrer, expliquer quand ils coincent et Wizzboy n’est pas du tout autonome. Quand je pense qu’il y a à peine une semaine, je disais encore que ça me manquait d’enseigner, ahaha (pour les nouveaux, j’ai été prof de français pour des élèves anglais).

Culture: vous ne m’en voulez pas si je ne reviens pas sur Spinoza? Sinon, on peut parler de Kant…ou de la poésie engagée, de l’Iliade et l’odyssée ou de timioche le petit poisson. Au moins, c’est varié…

Avis perso: Boris Johnson et sa herd immunity (immunisation d’un troupeau, si si, pour lui, les britanniques sont un troupeau) sont des dangers pour l’humanité.

Message perso: à tous, bon courage, et bien sûr prenez soin de vous et des votres en restant chez vous.

Loulous: L’Ado est donc coincé à Londres. Je suis sereine, en tout cas lui est très calme. Son université est fermée mais les examens ne sont ni annulés ni reportés pour le moment, on a donc demandé à tous les étudiants de rester sur place au cas où ils ne pourraient plus revenir à temps pour les partiels. Je trouve ça un peu léger, comme approche…heureusement, L’Ado n’est pas tout seul. Il est avec son colloc qui est son meilleur pote depuis 12 ans et dont les parents ne sont pas loin, et on a des amis sur place aussi qui ne vont pas abandonner notre fils à son sort. C’est très rassurant. GeekAdo stresse beaucoup pour le bac et parcoursup, mais sinon, ça va. Je suis sûre qu’il fait exprès de me torturer avec sa philo que soit disant il n’arrive pas à faire tout seul…MangaGirl râle, mais elle travaille aussi. Apparement, j’explique mieux que sa prof d’espagnol…disons plutôt qu’elle n’a pas peur de se tromper avec moi, du coup, elle se lance et elle progresse. PrincesseChipie épuise ses profs, même à distance. Elle finit ce qu’ils envoient presque instantanément, elle a terminé tous les exercices pour la semaine prochaine, elle renvoie tout en exigeant d’être notée, bref, ils n’arrivent pas à suivre son rythme! Wizzboy aime bien l’école avec Maman, mais il est un peu perdu face à la situation générale, il ne comprend pas vraiment. On le rassure, et on évite certains sujets. Il est content d’avoir les grands pour jouer au foot dans le jardin, il profite de Marcel, mais ses copains lui manquent.

Divers: sérieusement, Spinoza, pourquoi?

Amitié: juste ❤️

Love: c’est officiel, il est en télétravail minimum jusqu’à mi avril maintenant. Il galère plus que les enfants avec ses connexions par contre. Du coup, c’est lui le responsable familial approvisionnement du frigo. Ça lui a permis de faire une rencontre hallucinante devant chez le boucher. Il y avait déjà 4 personnes dedans, donc il attendait gentiment dehors, en respectant bien les marquages au sol quand un couple de charmants pré centenaires est arrivé. Ils se sont plantés juste sous son nez, intrigués: vous attendez quoi, qu’est-ce qui se passe? Ils n’étaient au courant de rien! Marichéri a dû patiemment les informer et ils ont mis un moment à comprendre que peut-être il ne fallait pas rester coller à lui, pour leur propre santé. Ils ont fini par s’écarter pour revenir aussitôt à trois millimètres de lui et lui faire part de leurs impressions : c’est long d’attendre. Ahaha. Marichéri était tout estomaqué: c’est vrai que c’est rare pour lui, de se faire des nouveaux amis comme ça.

Penser à : n’importe quoi sauf Spinoza

Courses: on mesure toute la chance qu’on a d’être dans un village, qui plus est un village avec des commerces, dont une épicerie, une boucherie et une boulangerie.

Sortie: ahaha…je pense juste supprimer cette rubrique jusqu’à nouvel ordre, ça sera mieux.

Envie de: normalité comme beaucoup je pense

Pic: Bon, ben j’y retourne…

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Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant: épisode II

Comme je suis toujours engluée dans les programmes de terminale, de troisième, de sixième et de CP (qu’est-ce qui nous a pris de faire autant de gamins?!? Et L’Ado m’envoie aussi ses papiers à relire, y compris en italien, que je ne parle absolument pas…), je continue à massacrer allègement l’histoire anglaise dans le seul but d’amuser la galerie.

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On en est à la conquête romaine. Non parce que la préhistoire, ça va bien 5 minutes, mais j’ai du mal à m’extasier sur un silex…enfin bref, pour faire son intéressant, ce qui lui arrivait souvent, César décide un beau matin de franchir la Manche. Il fait un flop en -55, mais comme il est têtu, il remet ça. Il monte une croisière transmanche avec plus de 30000 participants en -54. Il était comme ça, César, il n’aimait pas rester sur un échec. Ça l’énervait. Vous allez rire, les celtes anglais ne se laissent pas faire et arrêtent deux minutes de se taper dessus entre eux pour essayer de rejeter César et ses potes à la mer. Ils s’organisent autour d’un chef qui répond vraiment au nom de Cassivellaunus quand on lui parle en latin, ce n’est pas une blague tirée d’Astérix chez les bretons. Ça ne dure pas. Cassivellaunus est vite lâché par les autres chefs de tribu, qui en grands patriotes, préfèrent capituler devant César plutôt que se ranger derrière un compatriote. Je ne juge pas, si ça se trouve Cassivellaunus était antipathique, avait l’haleine fétide et des pellicules. Il faut comprendre les autres chefs…en plus, à vouloir unifier tout le monde contre un ennemi commun, il s’asseyait sur des siècles de tradition locale: si on ne peut plus se trucider entre nous sous prétexte qu’il y a un plus grand danger, où va-t-on ? Bref Cassivellaunus est vite obligé de capituler. Mais César étant légèrement hyperactif, il est déjà passé à autre chose et il laisse les anglais à leur île humide. C’est limite vexant.

Il faut attendre l’empereur Claudius pour que Rome s’intéresse à nouveau à ce coin paumé, tout là-bas, aux confins de l’empire. C’est d’ailleurs pour ça qu’on parle de Grande-Bretagne. Ça ne veut pas dire que cette Bretagne est plus grande que l’autre, mais qu’elle est plus éloignée de Rome, comme on parle de greater London ou de grande couronne pour les banlieues de Londres et Paris. Le great de great britain ne reflète aucune grandeur, aucune supériorité, c’est juste une question de distance. Mais revenons à Claudius et à la conquête romaine. Un beau matin de 43, il envoie en balade à peu près 20 000 soldats qui débarquent dans le Kent. Les tribus locales ne résistent pas assez longtemps pour empêcher Claudius lui-même de venir assister au triomphe de ses troupes à Camulodonum (Colchester aujourd’hui).

En 2006, comme les légionnaires romains avant nous, on débarquait à Colchester et je peux confirmer que c’est paumé, un peu plouc, pas très fun…mais ça n’a pas toujours été le cas. Colchester s’enorgueillit d’être la plus vieille ville d’Angleterre. C’était même la capitale. Malheureusement, les habitants étaient beaucoup plus agités à l’époque que maintenant. Ils se sont bêtement vexés des taquineries des soldats romains, qui les ont un tout petit peu trucidé et poussé dans un coin (pour les survivants) pour pouvoir construire leur capitale britannique. Les légionnaires romains étaient comme ça, très joueurs. Les Icenis, la tribu locale, emmenés par leur reine Boudicca ont pris la mouche. Boudicca avait du caractère, de l’autorité et un certain sens tactique. Selon les témoins de l’époque, elle était très grande, rousse, avait une voix de charretier et un caractère de cochon une autorité naturelle, mais bon, les témoins en question étant tous romains, si ça se trouve, elle était charmante et primesautière.

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Quand les romains lui piquent son héritage après la mort de son mari, violent ses filles devant elle et la torturent, ça l’énerve. On peut la comprendre. Et hop, profitant d’une absence de la garnison, partie en promenade champêtre rasé des villages plus à l’ouest, elle incendie toute la ville, avec tous ses habitants, y compris femmes et enfants. On ne va quand même pas faire de détail. Pour certains, Boudicca est une grande patriote (alors que franchement, je suis sûre qu’elle aurait aussi bien trucidé la tribu d’à côté si ils l’avaient contrariée) ou même une icône féministe. Si. Rien de tel pour faire avancer la cause des femmes que de faire cramer quelques gamins. Du coup, les romains, vexés, se s’installent à Londres. Ils se sont aussi un tantinet vengés quand ils ont réussi à attraper Boudicca.

A partir de là, les romains décident d’aller voir un peu le reste du pays. Vous savez ce que c’est, quand on reste en vacances quelque part, on a envie de profiter à fond des attractions touristiques, quitte à se taper des exécutions de groupe. Les romains mettent 4 ans à tout conquérir sur leur passage. Certes, les gallois résistent un peu, mais c’est plus pour être polis qu’autre chose. Ils voient bien que les romains arrivent tous armés, prêts à en découdre, alors ils répliquent un peu, pour ne pas les vexer. C’est vrai qu’elle aurait eu l’air malin, l’armée romaine sans ennemi en face… Enfin bref, le chef de la résistance galloise, un certain Caratacus finit par être capturé bêtement en 51. Ce fin stratège a eu l’idée géniale de se réfugier chez une tribu ennemie…ça n’a pas loupe, il a été livré de suite aux romains, les gallois adoptant la même philosophie que les tribus en Angleterre qui préfèrent se soumettre gentiment à l’envahisseur plutôt que de s’allier avec le voisin. Cela dit, cette similitude de vue a peut-être une explication logique. Des historiens qui n’ont peur de rien, prétendent que les celtes qui vivaient dans ce qui deviendra l’Angleterre ont fui devant l’avancée romaine et se sont donc réfugiés au Pays de Galles. C’est à dire que d’après eux, les vrais anglais d’origine sont les ancêtres des gallois d’aujourd’hui, pas des anglais modernes. J’en ris encore. Cette théorie a le don de vexer autant les nationalistes gallois qu’anglais, et rien que pour ça, elle mérite qu’on en parle. Les Ecossais font meilleure figure, eux. Je ne veux pas critiquer mais alors que les futurs anglais sont déjà colonisés depuis plus de 30 ans, les Ecossais ne se laissent toujours pas faire.

Ça énerve le nouveau gouverneur, Julius Agricola qui débarque en 77 ou 78, les reportages d’époque sont confus. Ça doit être un problème de décalage horaire…. Et paf, le petit Julius se lance à la conquête de l’Ecosse avec un succès qu’on peut qualifier de mitigé pour être gentil. En plus, dès qu’il gagne un bout de territoire, il y flanque une garnison. Ça peut paraitre logique, mais c’est une erreur stratégique majeure. Les pauvres types deviennent neurasthéniques entre la solitude des landes écossaises aussi animées qu’un cirque lunaire et le climat beaucoup moins pimpant qu’à Rome, et ils délaissent toujours leurs positions, de tristesse. Finalement, l’empereur Adrien décident en 122 que les pictes et autres calédoniens, c’est à dire les écossais de l’époque, sont tellement barbares qu’ils ne méritent même pas d’être massacrés comme les tribus du sud. Les romains construisent un joli mur, audacieusement baptisé mur d’Adrien ou Hadrian wall en v.o. pour empêcher les écossais de venir dans leur cour de récréation, leur territoire, c’est dire à quel point ils refusent de jouer avec eux. Non mais.

Et voilà, c’est parti pour quelques siècles d’Angleterre romaine. N’ayant strictement aucune compétence pour parler, pas plus que j’en avais pour tout ce qui précède , je vous propose de le faire quand même la semaine prochaine, toujours pour s’amuser un peu en ces temps maussades. Et encore une fois, prenez bien soin de vous!

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Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant: episode I

Dans un soucis d’égayer un peu l’ambiance et parce que je me suis transformée en salle des profs à moi toute seule depuis trois jours, j’entame une nouvelle rubrique spéciale confinement. Les plus anciens (lecteurs je veux dire, ça n’a rien à voir avec l’âge, on a tous 4 ans et demi, non? ) connaissent ma manie de massacrer l’histoire d’Angleterre. Je me suis dit que c’était l’occasion d’y aller à fond, ça me détendra et ça vous amusera peut être (j’espère, c’est le but), parce que franchement, côté pédagogique, soyons honnêtes, c’est pas ça…

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Commençons originalement par le début et la préhistoire. Enfin, pas trop loin non plus, parce que vraiment, je n’y connais absolument rien. Autant prévenir de suite. Alors donc, l’Angleterre et ses alentours comme ça, à première vue, c’est sur une île. Et même une île déserte au départ, parce qu’avant -800 000 à peu près, il n’y a personne. Ça commence fort, on s’ennuie déjà. Sauf que détail troublant, à l’époque, justement ce n’est pas encore une île, je sens que ça va être simple. La Grande-Bretagne est rattachée par une espèce de pont de terre au reste de l’Europe, comme quoi, les hommes préhistoriques étaient moins sectaires que certains électeurs d’aujourd’hui. Je vous passe les détails, les premiers humains modernes arrivent donc par cette bande de terre en -800 000, et se soucient de créer une nation comme de leur première peau de mammouth.

Ces vrais anglais, ces autochtones british, ces locaux d’origine ne sont absolument pas les ancêtres des brexiters nationalistes. J’irais même jusqu’à dire que les politiciens agités et les tarés xénophobes anglais sont en fait des descendants de migrants en tout genre, de vrais petits melting pots à eux tous seuls. Il n’y a vraisemblablement pas de descendant des premiers habitants de toute l’île. Et toc. C’était déjà soupçonné par les historiens voilà que c’est prouvé par les généticiens. Ça ne plaît pas à tout le monde. C’est sûr que ça doit faire un choc de passer son temps à hurler après les étrangers et de se réveiller un beau matin en apprenant qu’on est soit même issu de migrants alors que les vrais anglais de souche, les premiers habitants préhistoriques du pays,  ont disparu depuis longtemps.

On sait aujourd’hui que la population britannique d’origine dans son ensemble a été entièrement remplacée d’un coup (je ne sais pas si ils sont partis tous seuls ou ont été poussés à la mer …) il y a 44 500 ans par des migrants venus d’Europe continentale, qui n’ont pas hésité à prendre le job de chasseur de mammouth des locaux, à leur piquer leurs allocations de silex, peut-être à ricaner sournoisement depuis leur grotte sociale (comme les logements sociaux) donnée d’office pendant que les pauvres vrais anglais grelottaient dehors et disparaissaient. En tout cas, ça fait des années que les brexiters nous expliquent qu’il n’y a rien de mieux à attendre des sales migrants européens qui réussissent l’exploit de prendre le boulot des honnêtes xénophobes et leurs allocations chômage en même temps. Manque de chance, l’ADN a parlé comme dans les séries policières, et les descendants de ces immondes profiteurs venus d’ailleurs, ben ce sont les anglais modernes. Je me demande ce qu’ils attendent pour rendre mammouth, silex et grotte et dégager fissa tiens, ces enfants de squatteurs étrangers. Go back where you come from et tout ça! Mais il y a mieux. Voilà que grâce au squelette d’un de ces premiers habitants (qui ont donc été lâchement remplacés par des migrants), gentiment surnommé Cheddar Man, et notamment grâce à l’ADN prélevé dans son crâne, les scientifiques peuvent affirmer que les premiers hommes vivants en Angleterre avaient les yeux clairs et la peau très foncée voire noire. Les vrais anglais pure souche étaient noirs. Certains racistes ne vont jamais s’en remettre. On a même fait un modèle en cire de Cheddar Man avec une coiffure mi rasta mi afro mi Chewbacca du plus bel effet. C’est là que je me dis que capillairement parlant, je ressemble beaucoup plus à une anglaise d’origine que les brexiters.

A part ça, franchement, à l’âge de pierre, il ne se passe pas grand-chose en Angleterre. On s’ennuie carrément. Déjà qu’il n’y a pas grand monde, ils ne font rien d’exaltant non plus. C’est d’un terne tout ça…il commence à y avoir des fermes, on domestique des cochons. Les néolithiques, probablement pour s’occuper un peu, se mettent à construire des remparts en terre. On ne sait pas trop pourquoi. Est-ce que c’était des fortifications pour protéger des habitations ? Est-ce que ça avait un intérêt religieux ou militaire ? C’était pour un pari ? Surtout que la terre et la boue, à force, c’est salissant. Du coup, ils se décident enfin à passer à la pierre pour leurs monuments funéraires. Encore aujourd’hui, les anglais n’hésitent pas à se glorifier des tumuli de New Grange, leur alignement avec le soleil, leurs entrelacs compliqués de motifs sculptés dans la pierre, leurs chambres funéraires. C’est vrai que c’est remarquable. C’est aussi très en Irlande. Il n’y a pas d’équivalent aussi remarquable en Angleterre ( j’ai déjà parlé de Stonehenge, je n’y reviens pas surtout qu’on ne peut plus sortir). Avant que leurs descendants s’attribuent honteusement ce qui n’est pas à eux, les premiers futurs anglais continuent d’évoluer. Non seulement tous ces braves gens arrivent du continent, mais ils commercent avec, ils y puisent leurs traditions, leurs religions, leurs avancées technologiques, leur modèle d’habitat… Je dis ça comme ça, sans faire aucune remarque sur les brexiters, ce n’est pas mon genre mais ils étaient très intégrés au continent. Il semblerait même qu’une des tribus préhistoriques les plus avancées d’Angleterre, les beakers people, connus pour leurs porteries rondes, étaient en fait des touristes ibériques égarés…

On passe maintenant à l’âge de fer, l’iron age. Ça n’a rien à voir avec Margaret Thatcher, même si elle avait des airs de T-Rex déplumé. On parle de la période pré-conquête romaine, juste avant Astérix chez les bretons, par là. Les tribus s’organisent, et donc commencent à se taper dessus entre elles. Ces braves gens sont celtes comme les Irlandais et les Ecossais d’aujourd’hui, pas du tout comme les anglais modernes donc. Ils construisent plus de 300 places fortifiées dans tout le pays dont une de plus de 18 kilomètres carrés à Colchester, dans l’Essex. Je ne dis pas ça pour crâner, mais on vivait dans le coin (pas à l’époque. Je préfère préciser quand même). C’était le plus grand centre de peuplement permanent de l’île, puisque beaucoup de places fortifiées n’étaient pas occupées toute l’année. On pense qu’elles accueillaient des marchés ou des cérémonies religieuses qui y attiraient des foules, mais elles se vidaient presque entièrement une fois les festivités terminées. Toute cette activité est le fruit des…vous avez rire, migrants européens, qui arrivent par vagues successives. Pour la plus grande joie des archéologues, ils commencent à se faire enterrer avec tout leur bardas, leurs armes, leurs trésors, leurs bijoux. C’est vraiment sympa d’avoir pensé à la science des siècles avant.

Il y a environ 2 millions habitants dans toute la Grande Bretagne vers l’an zéro, et presque autant de clans, c’est dire si on s’éclate, littéralement. Les celtes britanniques avaient la manie de se disputer entre eux, comme leurs petits cousins gaulois, et de se peinturlurer avant les batailles. Pour peu qu’ils mettent du bleu, ça fait mêlée de schtroumpfs…on se demande bien pourquoi les rugbymen anglais jouent en blanc maintenant. Et pourquoi les brexiters se disent britanniques, puisque même leur nom est une invention d’un migrant européen. Il leur a été donné par un marseillais, un certain Pytheas qui était en vacances dans le coin vers -320. Je ne sais pas moi, il souffrait peut être d’allergie au soleil et cherchait un endroit frais… en tout cas, il décide pour une raison obscure de dire à ces potes qu’il se balade en Prettania, qui deviendra Britannia puis Britain. Je ne suis pas sûre que les brexiters apprécient qu’on les traite de prittaniques, même pour faire plus authentique. Enfin bref, ça se traine tout ça, ce n’est pas que le temps passe, mais César et ses légionnaires à jupette s’impatientent…

On va donc s’arrêter là pour aujourd’hui, si ça vous a amusé, rendez-vous demain ou la semaine prochaine (ça dépendra de mon humeur) pour l’épisode II, et prenez bien soin de vous!

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Jour 1…

Bon, honnêtement, j’ai hésité à écrire aujourd’hui…déjà, je n’ai pas trop le temps. L’école à la maison, de la terminale au CP, c’est la joie. Mais surtout je n’ai strictement rien à dire (c’est pas ça qui m’empêche de déblatérer d’habitude, on est d’accord, mais bon…). Déjà parce que comme beaucoup je pense, je suis en état de sidération. Ça a du bon d’ailleurs, je suis trop estomaquée par la situation pour angoisser. Ensuite, parce que je ne vois pas ce que je pourrais vous dire que vous ne viviez pas aussi. On est tous dans la même galère…

Je pourrais éventuellement vous parler du message ubuesque de Boris Johnson aux anglais, mais je risque de m’énerver et donc de sortir de ma sidération finalement confortable. Et donc de stresser pour L’Ado. Il est à Londres. Il a préféré ne pas se précipiter à l’ambassade pour être rapatrier même si son université a suspendu tous les cours, unilatéralement. Il a peur de ne pas pouvoir revenir pour ses examens. C’est un grand garçon, il se débrouille, mais bon…sinon, je pourrais vous raconter notre organisation, mais tous les parents ont plus ou moins la même, non? On a la chance que le collège et le lycée fonctionnent en temps normal avec des tablettes. Les trois grands y avaient déjà tous leurs cours, leurs livres, leurs devoirs, leurs exercises. Ils communiquent habituellement comme ça avec les profs et leurs camarades, il y a déjà des groupes de travail virtuels qui fonctionnent toute l’année. Bref, ça se passe bien. Marichéri a pris en charge les maths et les sciences pour GeekAdo, je fais le français, la philo, l’histoire géo, l’espagnol…et toute la classe pour les autres, dont Wizzboy! Là par contre, rien n’était mis en place avant. On a récupéré ses cahiers et ses livres, la maîtresse envoie des fiches de travail et j’ai ressorti mes cours que j’avais gardés plus par nostalgie qu’autre chose. Tu viens de classe de mer? attends, justement, j’avais des leçons sur ça! J’ai miraculeusement retrouvé tous mes plans de cours, mes exercices, les comptines, les activités: on a fait un magnifique poisson en 3 D hier. Wizzboy était impressionné: mais c’est vrai alors que tu étais maîtresse avant? A peu près, oui…

Marichéri est celui qui a le plus de problème à s’organiser, les serveurs sont saturés, mais sinon ça va. Il a été désigné à l’unanimité responsable de l’approvisionnement familial, c’est lui qui se tape la queue à la boucherie. Non, on ne fait pas des stocks, on a plein d’enfants, dont un qui mange pour 10, le semi remorque de denrées, là, c’est juste pour un repas. En tout cas, on est bien content de vivre dans un village avec des petits commerçants qui nous connaissent bien. Pendant que Marichéri nous ravitaille, je révise Spinoza, le passé simple en espagnol niveau troisième, la filtration niveau sixième et la formation des volcans au CP. On va sortir de là, je serais prête pour repasser le bac!

Finalement, j’ai trouvé des choses à dire…un peu. Je crois que je devrais me concerter sur écrire des bêtises, d’abord parce que c’est inné, et on a besoin de se changer les idées (clairement, après 2 heures de Spinoza, n’importe quelle distraction fera l’affaire), non? Vous en pensez quoi? Et surtout, prenez bien soin de vous.

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Sunny Monday #12

Marichéri occupe le bureau et l’ordinateur. Je dois faire avec les archives dans mon iPad pour trouver une photo ensoleillée et avec la couleur du mois, magenta, pour le défi de Bernie. Encore une fois, je puise dans les souvenirs erasmus de L’Ado, avec des massifs de fleurs à Vitoria, au pays basque espagnol.

J’en profite aussi pour vous souhaiter bon courage à tous.

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