Le petit requin se prélasse dans le salon

En attendant de pouvoir nous attaquer au snug (je ne sais pas traduire, une espèce de deuxième salon informel, moitié salle de jeu, moitié bibliothèque, moitié foutoir… ) qui nous sert pour l’instant à entreposer les meubles au fur et à mesure qu’on les déplace pour rénover d’une pièce à l’autre, on a décidé de s’en prendre au salon. Tous seuls comme des grands, sans l’aide de personne (sauf pour l’électricité, mais ça y est, elle a été refaite dans toute la maison). Attention, on a des goûts particuliers, voire d’après l’électricien qui a suivi les opérations avec intérêt, très anglais. C’est possible. On ne vit pas 21 ans dans un environnement déco Anglo Saxon sans finir par être un chouïa influencé. Bref, comme les autres billets avant/après, je ne cherche absolument pas à donner de conseils décos à quiconque, ni de conseils rénovation d’ailleurs parce que ça nous a quand même pris des semaines. C’est juste pour montrer la transformation, je comprends tout à fait que le résultat ne plaise pas à tous.

Enfin bref, la première fois qu’on a visité la maison du petit requin, j’ai trouvé le salon minuscule. Il y avait une multitude de meubles lourds à fanfreluches, des bibelots de partout, un lustre aussi poussiéreux que les doubles rideaux et surtout un plafond tapissé. J’ai retrouvé une photo, on ne voit pas bien à cause des rideaux crasseux qui coupent la lumière, mais le plafond est donc vert foncé avec des roses, la corniche est beige crado tout comme les moulures autour de la fenêtre et de la porte, et les murs sont saumon avarié. A la lumière électrique, c’était carrément à vomir. Le saumon pré digéré luisait vaguement sous son lit d’épinards bubonesques. Beuh.

Pour une raison qui m’échappe totalement (et j’ai cherché, ça m’a vraiment intrigué), la cheminée était ornée d’une plaque en fausses briques mais vrai plastique. Sérieusement, pourquoi? Surtout que ça ne cachait même pas le trésor! En même temps, une cachette aussi visible, ça n’aurait pas été très malin. Il n’y a que le parquet qu’on a trouvé charmant, tout cabossé, usé, taché, mais qui nous a beaucoup plu débarrassé de son tapis. Et finalement, la pièce n’est pas si petite, une fois vidée.

On a nettoyé, peint, poncé, peint, dépoussiéré, peint, retapé la cheminée, peint, raclé, peint, frotté, peint…Maricheri a fait l’équilibriste sur l’échelle, pendant que je me démontais les épaules avec la perche. J’ai déjà raconté l’épisode du plafond. J’en suis à me faire volontairement des torticolis juste pour l’admirer tellement j’en suis contente…il est blanc! Et donc les murs sont bordeaux. Voilà. Et ça nous enchante.

J’en suis très contente de ce plafond…il m’a donné du mal!

Alors notre salon fait peut être très anglais, mais il nous plaît. Il n’est sûrement pas parfait, mais c’est la premiere pièce finie qu’on fait entièrement nous même. Ça a été du sport, il y a eu des courbatures, des échardes, des orteils broyés, des ampoules aux mains, des giflées de peinture partout, mais on y est arrivé. Ça nous encourage pour la suite. On va le mater, ce petit requin!

(Il y a un canapé de l’autre côté, mais Wizzboy est vissé dessus et refuse de bouger. )

Publié dans vie de famille | Tagué , , , , | 25 commentaires

Teenager translation top 10

On se perd dans les jours fériés, c’était hier en Angleterre. En fait cette semaine, en cumulant les jours chômés des deux côté de la Manche, Maricheri a décidé que ce serait plus simple d’être carrément en vacances, c’est une très bonne idée. Du coup, on en profite pour terminer le salon (ça vous intéresserait un avant/après?). J’ai mal partout, je suis couverte de peinture et je n’ai aucune inspiration. Alors je ressors un billet écrit pour L’Ado, mais qui correspond très bien à KnightyDiva maintenant. Et toujours à L’Ado d’ailleurs…Ce n’est pas facile de communiquer avec son ado. Évidemment, on n’est pas obligé de le faire non plus, franchement qui a envie de parler avec un espèce de mollusque aux cheveux gras qui se traîne dans la maison en poussant des grognements d’ours constipé et se nourrit essentiellement de pizza, à toutes heures de la nuit (pas du jour, l’ado est une espèce nocturne, le jour, il/elle dort). Mais bon, il y a des fois (pour l’envoyer à l’école, pour savoir ce qu’est devenu mon portefeuille, parce qu’il s’est endormi la tête dans le congélateur et c’est très mauvais pour mes provisions…), on n’a pas le choix, il faut se résigner et tenter une approche. C’est une plaie, l’ado ne parle pas la même langue que des gens normaux, sans acné et aux cheveux propres.

Source

10-grgnmmmrrreuh: mot bateau à la base du vocabulaire de l’ado. Ça veut dire au choix, « il n’y a plus de pizza? « , « Je peux t’emprunter 20 livres que tu ne reverras jamais pour le bus?  » ou encore « Non, je ne veux pas baby-sitter…Bon d’accord, ok pour 20 livres » ou même  » t’as pas vu mon espadrille verte gauche , j’ai encore perdu mes chaussures, il me reste qu’une converse noire droite? »…c’est concis parfois comme langue.

9-Gnnnarh fâââim : « je n’ai rien mangé depuis une heure, y a plus de pizza, tu m’affames volontairement, bourreau d’enfant! » D’où on voit que l’ado sait rester proche ses ancêtres préhistoriques…je devrais prévenir les archéologues, arrêtez de fouiller bêtement partout pour chercher trois bouts de fossiles, votre chaînon manquant je l’ai trouvé!

8-Les profs sont des gros nuls tarés : »je me suis planté à mon interro math. je peux te piquer 50 livres pour aller en ville avec des potes, il faut que je me remette émotionnellement, je suis victime d’une injustice de la part du prof, et je vais être traumatisé à vie sinon? »

7-Mais ça va, coin, c’est carrément faciste là : « s’il te plait »…finalement, la langue ado n’est pas toujours concise.

6-Ouais, non mais coin mais ça va là, beuh:  » non »…évidement il faut faire bien attention pour ne pas le confondre avec le précédent, ou le suivant.

5-Non, mais ok, coin, mais tu vois, meuh : » Oui »

4- pffff, ça va? :  » Je te pique 20 livres pour le ciné. »… Si, si, c’est très précis. Et le ticket de cinéma est à 6 livres avec sa réduction jeune d’ailleurs. Je dis ça comme ça.

3-Bonjour: « bon, alors, en fait j’ai perdu ton portefeuille au ciné et j’ai besoin d’urgence de 500 livres pour rembourser le pote d’un pote que je connais pas mais qui sort de prison, ça veut dire qu’il est cool maintenant, et tout ça,  parce que j’ai accidentellement cliqué pour acheter 100 billets de concert des screaming psychopaths au lieu d’un. C’est cool. »

2- Coool:  « Ahaha, c’est génial maman tu es formidable » . Attention soit l’ado est extrêment fiévreux, soit il a voulu tester le cidre maison qu’un pote fabrique en cachette dans sa chambre à partir de produit vaisselle (pour les bulles).  Dans un cas comme dans l’autre, il vaut mieux l’amener aux urgences de suite.

1-Tu as raison maman, je me suis trompé. Je m’excuse….ah ben là, franchement, je ne vois pas du tout ce que ça peut vouloir dire. Un instant, je vais me trouver mal, c’est l’émotion.

Publié dans Les tops 10 | Tagué , , , , , , | 14 commentaires

Sunny Monday #18

On passe au jaune en Mai pour le rendez vous de Bernie. J’ai un problème avec jaune et rose aussi d’ailleurs. Je les prononce pareil. Et pas du tout comme mon parisien de Maricheri, qui trouve ça très drôle. Je ne vois pas…en tout cas, j’ai bien du jaune et même un soleil radieux, juste dans le jardin, youpidoo. Qui a dit qu’il ne faisait pas beau dans les hauts de France? On a 6 degré de plus qu’a Londres, où ils se prétendent en pleine canicule! Wizzboy se plaint même de la chaleur, espèce de petit anglais…Je vous raconte tout ça pour éviter d’étaler mon inculture horticole, parce que je n’ai pas la moindre idée de ce qu’est cet arbre très sympathique aux fleurs jaunes.

Bonne semaine à tous!

Publié dans vie de famille | Tagué , , , , | 16 commentaires

Project 52 #18

Cette semaine, le thème choisi par Ma’ est fontaine et mon parisien de Marichéri vous amène sur la Tour Eiffel. C’est logique puisqu’on y a une très belle vue sur le Trocadéro et ses fontaines. Je ne suis fan ni de la Tour Eiffel, que je n’apprécie vraiment que de nuit, ni des points de vue plongeant (j’ai le vertige) mais je reconnais que ça permet de faire de jolies photos.

Publié dans Tourisme | Tagué , , , | 7 commentaires

Friday Feelings #161

Après le bug bloggesque (c’est une manière de dire que je suis nulle en programmation de billet à l’avance, mais ça donne l’impression que ce n’est pas ma faute) de la semaine dernière, le bug de réveil…on a légèrement oublié de se lever ce matin, et on a renvoyé à plusieurs reprises Wizzboy dans sa chambre, non mais il va dormir, le schtroumpf matinal? Mais-euh, mamaaaaan, the sun is VERY up! Uh?…il est quelle heure? Oh, sh*t! Bref, ça a été la panique, surtout qu’on devait aller au drive chercher nos courses (prépayées bien sûr, sinon c’est moins drôle) avant 10h exactement, et qu’on n’est pas à côté. On y était à 9h58. Si. Je suis épuisée. Et donc en retard pour les états d’esprit du vendredi de Zenopia et Postman….rhaaa.

Fatigue: le pire, c’est que je n’ai même pas eu le temps de prendre un café avant de partir…je viens juste de me poser pour en prendre un. C’est bien simple, j’étais tellement réveillée que j’ai spontanément parlé en anglais au pauvre garçon du drive (une histoire de crevettes indisponibles mais en fait si elles arrivent, j’ai une vie captivante). Ça faisait des semaines que ça ne m’était pas arrivé.

Humeur: mrfff?

Condition physique: essoufflée. Sans compte que je ne peux toujours pas bouger les bras suite à l’attaque du plafond. Alors que j’ai décidé de peindre la deuxième couche aujourd’hui. Bon, il va falloir que j’aille prendre un deuxième café, ça ne va pas du tout.

Esprit: contrarié. Quelle image je donne pour qu’un sombre connard s’imagine que j’allais rire avec lui de ses blagues racistes? Alors que j’ai juste eu envie de l’étrangler. Et quel immondice rit en parlant de noyer des gens?

Estomac: se remet de l’agitation matinale

Humeur: endormie…

Culture: je suis une fan inconditionnelle de Desproges. Jamais autant que hier je n’ai apprécié sa célèbre et souvent mal comprise maxime: on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde.

Avis perso: le drive c’est bien…mais la livraison à domicile c’est mieux, ça peut faire réveil aussi, quand le livreur sonne.

Message perso: je te réponds ce week-end, je n’ai pas fini de lire. Et je trouve ça très bien.

Loulous: L’Ado arrive et je comprends bien qu’il veuille en profiter pour manger français mais non, je ne vais pas faire du petit salé aux lentilles en mai, pas la peine d’insister. Sinon, ça fait plaisir de voir combien on lui manque, fils ingrat. GeekAdo profite à fond des vacances. KnightyDiva aussi, elle se lève à midi. Alors qu’elle s’est moqué de L’Ado pendant des années en jurant qu’elle, elle ne dormirait jamais comme ça. C’est pas beau de vieillir tiens…PrincesseChipie elle, profite des vacances pour se promener presque quotidiennement. A la boulangerie. Wizzboy se dévoue pour y aller aussi.

Amitié: il faut qu’on se trouve une date en mai.

Love: il est d’accord pour un deuxième café.

Courses: rhaaa

Envie de: caaaalme!

Sortie: il va falloir aller au marché, on n’a pas pu y passer avant du coup.

Pic: pour ceux qui voulaient voir la tapisserie qui était au plafond au salon, je n’ai pas fait de photo avant de commencer à la badigeonner, mais il y a la même dans les placards de la salle à manger, que je n’ai pas encore attaqués, mais j’ai des idées.

Publié dans vie de famille | Tagué , , , , , , | 15 commentaires

Thursday Thunder: just don’t talk to me

Je l’ai déjà dit, j’ai du mal avec ceux qui veulent absolument que tout le monde rentre dans des cases bien définies et hermétiques. J’ai 5 enfants, ils vont dans le privé, mon mari est banquier à la City et je porte des serres têtes. Mais le prochain qui assume que je partage forcément sa vision moisie des choses et des gens à cause de ça, risque d’avoir une leçon gratuite en insultes bilingues. Ça va saigner.

Source

Sombre raciste confit dans ta bien pensance, dégage de mon chemin. Figure-toi que j’ai été pendant 21 ans l’immigrée que tu conspues, confit dans ton nationalisme fasciste pudiquement voilé derrière une soi disant charité bien ordonnée. Que j’ai subi les insultes, les sous-entendus et la mesquinerie xenophobe de tes semblables. Que mes enfants nés en Angleterre ont entendu « fuck back where you come from ». Que je sais ce que c’est que d’être rejetée à cause de ses origines, de ne pas été vue comme une personne, un égal mais comme un problème, un citoyen de seconde catégorie parce que je ne suis pas née au bon endroit. Alors garde tes « blagues » immondes pour toi, merci. Sinon, je ne réponds de rien…

Et figure-toi, ô connard raciste caché derrière ta bonne conscience mal placée que j’ai été une immigrée volontaire, j’ai fais partie de ces êtres immondes qui vont ailleurs pour le plaisir. Tu as l’intention de me faire fusiller? Vu que tu veux laisser se noyer ceux qui osent fuir la guerre. Vu que tu veux achever ceux qui tentent seulement de sauver la vie de leurs enfants. Surtout qu’ils aillent crever ailleurs, loin de chez toi. Figure-toi qu’on ne devient pas réfugié par plaisir ou pour te narguer. Figure-toi que tu ferais pareil à leur place. Et que j’espère que quelqu’un te tendrait la main si tu en as besoin, parce que non, je ne suis pas dans les mêmes cases que toi, alors passe ton chemin et épargne moi tes tentatives de connivence à gerber.

Voilà, c’était une colère brève, mais du fond du cœur. Le prochain qui ose présumer que je partage ses idées immondes parce qu’on a le même sac, la même voiture ou je ne sais quoi, je vais lui montrer que moi aussi, je peux être très intolérante.

Publié dans Les colères | Tagué , , , , | 17 commentaires

L’attaque du plafond

La maison du petit requin est charmante, mais ceux qui ont vu les photos me comprendront quand je dis qu’il y a un sacré boulot de rénovation pour lui rendre un aspect présentable. Pour les gros travaux, comme la cuisine ou l’électricité (ce n’est toujours pas fini), on fait appel à des professionnels. On commence à connaître tous artisans dans un rayon de 25 kilomètres… mais pour le reste, on fait ça nous-mêmes. Enfin on essaie…dans la série je colorie le petit requin, en plein délire, je me suis attaquée au plafond du salon. Ce n’est pas fini, le verdict est encore en délibération pour savoir qui a gagné, de lui ou moi.

Source

La chose était dans son jus comme dit la maman de Marichéri, c’est à dire recouverte d’une tapisserie vert foncé à fleurs roses, si. C’est un style. Mais ce n’est pas le mien. Il y a aussi une corniche d’origine. Après avoir décrété que c’était charmant, j’ai décidé de la conserver. J’ai attaqué à l’éponge, au savon de Marseille, au papier de verre, à la soude caustique, au lance-flamme, au bazooka (rayez les mentions inutiles), en pure perte. Il a fallu me rendre à l’évidence, la corniche n’est pas beige à cause de la crasse (vu l’état de la cuisine au départ, je m’attends à tout) ni de l’usure, mais quelqu’un, probablement l’enthousiaste de la tapisserie, a eu l’idée de la peindre comme ça. Avec le vert et les roses, c’est radieux. Bon, on ne va pas se laisser abattre, on va remettre tout ça en blanc et voilà. Je me suis donc retrouvée face une muraille de pots de peinture plus ou moins blafards et un vendeur obtus. Vous voulez quel blanc? blanc coton, zéphyr d’ivoire, blanc de cristal, terre d’Afrique pâle, matin blanc, montagne rocheuse? Non mais il faut arrêter de boire le dissolvant! Je veux juste du blanc blanc, c’est tout. (Je précise que tous les noms sont authentiques. Les fabricants de peinture sont de grands malades agités du nuancier).

Une fois que j’ai réussi malgré la désapprobation du vendeur, a acheté juste du blanc-blanc et pas une teinte vaguement pâlichonne au nom digne d’un cheval de course baptisé par un poète raté et probablement alcoolique étalant sa frustration dans la peinture, il a fallu que je réfléchisse à une tactique pour atteindre ce fichu plafond, tout là haut, à 3m40 du sol. J’ai bien pensé à utiliser GeekAdo, en le faisant sauter sur un trampoline au milieu de la pièce mais il est aussi sportif que manuel il aurait été capable de casser quelque chose (la cheminée, une latte du parquet, son fémur…ce genre de chose). J’ai essayé l’échelle. J’ai le vertige dès la première marche. J’ai beau me cramponner au pinceau, je tremble comme une feuille, j’ai des nausées et des envies irrésistibles de sauter dans le vide, dans de grandes giclées de peinture. A 20 centimètres du sol donc. C’est à dire très loin du plafond, ça ne va pas le faire. C’est là que j’ai découvert les perches au bout desquelles on fixe rouleaux et pinceaux pour peindre tranquillement le plafond en restant les deux pieds sur le parquet et en se démettant les épaules encore plus vite qu’on attrape un torticolis. Aie.

Il a aussi fallu que je déplace les meubles avant même de commencer, de préférence pas sur mes orteils (re aïe), ce qui m’a permis d’être épuisée de suite. J’ai aussi du faire face aux glapissements hystériques de Wizzboy qui s’est jeté devant la télé pour la protéger. Lui vivant, on ne la bougera pas d’un demi millimètre, quitte à ce que tous les deux (lui et la télé donc) affrontent de concert des torrents de peinture blanche projetés artistiquement depuis ma perche. Bon. J’ai manœuvré la chose en tournant autour du gamin qui a décidé de jouer à mario kart, pour mettre une ambiance festive sur le chantier. Si je croise le type qui a pondu la musique de ce jeu débile, je le noie dans un pot de blanc fjords scandinaves (ça existe. Mais je ne vois pas la différence avec blanc falaise). J’ai tenté de couper le son, mais du coup Wizzboy faisait les bruitages, c’était pire. Je ne vais pas me laisser déconcentrer. J’ai joyeusement badigeonné tout ce qui était à ma portée pendant trois heures: le plafond, la corniche, mes bouclettes. J’ai des mains zébrés, la coiffure de la fiancée de Frankenstein, et j’aurais bientôt les bras de Michelle Obama (mais pas le reste de sa morphologie, je fais plutôt marshmallow aérophagique, ça risque de faire bizarre) à cause de la perche peinturlurée. J’ai déjà dit aïe?

Enfin voilà, après une première couche, ça va déjà mieux. Les fleurs ont disparu et le beige aussi. Par contre, il va falloir attendre un peu pour la suite, je ne peux plus bouger les bras…il faut juste que j’attaque les murs après (je me demande comment dulux qualifierait nos murs: saumon décomposé? Pêche avariée? Avec le vert au plafond, c’était à vomir…) . Et le parquet. Et même chose dans la salle à manger. Youpidoo.

Publié dans vie de famille | Tagué , , , , | 21 commentaires

Hedingham nostalgia

C’est un jour férié en mai… Et pour la première fois depuis 12 ans, on ne va pas fêter ça à Hedingham Castle. Il faut dire que déjà, les anglais bossent aujourd’hui, ils ont un jour férié lundi prochain. Mais tous les ans pour le week-end de trois jour de début mai et pour la plus grande joie de nos enfants, on allait voir une reconstitution médiévale à Hedingham Castle. Ça va me manquer. Du coup, je vous remets les photos dans le désordre de plusieurs années.

Hedingham Castle est toujours une propriété privée et la famille, des descendants directs des normands qui ont construit le donjon habitent toujours le château géorgien dans le parc,  à côté des ruines. On les comprend, c’est coquet.

Le parc est charmant aussi…mais ça coûte sûrement  un rein à entretenir, du coup, ils  se laissent envahir plusieurs fois par an par des touristes en mal de médiévalisme. Leurs ancêtres doivent en faire des sauts périlleux dans la chapelle tiens…  Ils organisent des mariages aussi, mais bon je ne vais pas recopier leur brochure non plus. Tout ça, on s’en fiche, on est là pour la butte médiévale et le donjon, reste du château fort construit en 1140 par Aubrey de Vere, encore un coup des français. C’est très accueillant…

On y allait pour la medieval fair tous les ans, c’était très bien fait.

Les anglais adorent les reenactements. Il ne s’agit pas de figurants, mais de passionnés, qui vivent leur petite folie à fond! Ils se logent, se nourrissent, s’habillent exactement comme au moyen âge.

Une année , on a même pu visiter une tente. La maman faisait cuire sa tambouille dans une marmite et un nuage de fumée épaisse, et les enfant jouaient avec des jouets médiévaux. Ils nous ont fait une démonstration. On a même pu assister à l’habillage du chevalier, le papa, qui enfilait son armure. La maman a eu la très bonne idée d’expliquer à mes deux gamines émerveillées que dans la tente à coté, il y avait aussi des filles chevaliers qui allaient participer à la bataille, comme les garçons. Un débat enflammé s’en est suivi, avec des avis émanants des autres tentes: est-ce bien d’époque? Y avait-il des femmes chevaliers? Les français ont encore gagné: et Jeanne d’Arc alors? (oui, la blague sur le débat enflammé est voulue…et c’est nul, je sais).

Mais le clou de la journée, c’est bien sur la bataille (avec des chevaliers filles aussi donc). Figurez vous que le seigneur d’Hedingham a enlevé le fils d’un voisin, carrément. On ne rigolait pas avec les querelles de voisinages à l’époque. Le petit otage médiéval n’avait pas l’air traumatisé par sa mésaventure, d’ailleurs il était protégé par son faucon…c’est vraiment magnifique, ces oiseaux mais ça n’est pas très souriant. C’est beaucoup moins sympathique qu’ un canard.

La foule des spectateurs était massée autour de l’esplanade devant le donjon, derrière un maigre filin bleu. Les anglais sont très disciplinés, et il ne serait venu à l’idée de personne de dépasser la limite. Un côté de l’esplanade s’est vu attribuée le rôle de supporters des assaillants, pendant que nous devions encourager les défenseurs. Et tout le monde adore jouer: tout le public reprenait en chœur les cris de guerre, encourageait son équipe armée, huait les adversaires…c’est dommage qu’il n’y ait pas eu d’arbitre, on aurait pu entamer des chants footballistisques.

Les anglais étaient déjà très polis, même au Moyen-Âge, et donc, les attaquants ne sont pas rués bêtement à l’assaut, ils ont envoyé aimablement une délégation pour informer le château qu’ils allaient attaquer. C’est gentil. La réponse de la châtelaine l’était moins, mettant en doute la virilité de ses opposants. Ou alors, elle savait, elle aussi qu’il y avait des filles cachées parmis les chevaliers. La bataille a donc fait rage!

Il y a aussi des tournois de chevaliers, qui ont ravi successivement tous nos enfants, de GeekAdo petit et même L’Ado qui était encore impressionable à un Wizzboy en transe en passant par une PrincesseChipie déçue que les vaincus ne soient pas achevés, la charmante enfant.

Alors voilà, pas de chevalier aujourd’hui, et la seule chose ressemblant à une lance que j’ai vue m’a servi à repeindre le plafond du salon. Ça a été sportif aussi. Je suis sûre que des qu’on sortira enfin de nos travaux, on trouvera des coins sympas à visiter, avec ou sans chevaliers. Mais je vais regretter les reconstitutions de mai de Hedingham qui ont ébahi mes enfants (et moi) pendant 11 ans.

Publié dans Tourisme | Tagué , , , , , , | 17 commentaires

Sunny Monday #17

Dernier lundi en vert pour le défi de Bernie et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’y a pas de soleil. C’est déprimant. Du coup, j’en mets un peu, avec une pinasse qui fut verte, il y a longtemps. Je précise qu’une pinasse est un bateau typique du bassin d’Arcachon qui est lui-même bien vert à marée basse.

Bonne semaine à tous!

Publié dans Tourisme | Tagué , , , , | 5 commentaires

Project 52 #17

Quand j’ai vu la liste des thèmes proposés par Ma’ en janvier, celui de cette semaine, cinema est le seul qui m’a instantanément fait penser à une photo en particulier. Pour une fois, je sais depuis mois ce que je veux vous montrer. La photo vient des archives de Marichéri puisqu’elle date de l’été 2016.

Voici Trim Castle, à Trim (c’est logique) dans le county Meath au nord ouest de Dublin. On habitait tout près, on a amené tous nos visiteurs venus de France à Trim pendant 10 ans. Le château était déjà en cour de rénovation qu’on a quitté l’Irlande, mais la première fois qu’on l’a visité, il y a 20 ans, c’était encore à moitié sauvage. On rentrait là dedans comme dans un moulin à l’équilibre très précaire, les ruines menaçaient de s’écrouler. Il y avait aussi une certaine végétation un peu envahissante, et des corbeaux dodus qui voletaient en haut du donjon. On pouvait grimper  partout et se faufiler entre les éboulements dans le moindre recoin des tours. Aujourd’hui Trim Castle est remarquablement sécurisé et aménagé, mais je trouve que ça a un peu perdu en pittoresque du coup. Bon, évidement on ne risque plus de se prendre une tour sur la tête, c’est un progrès. Et le donjon de Trim reste toujours aussi  impressionnant, encore plus sous le soleil!

Trim Castle est au bord de la rivière Boyne et c’est le plus grand château fort normand d’Irlande. Il a été construit en 1172 (et les années qui suivent, déjà à l’époque, on ne pouvait pas faire confiance aux entrepreneurs pour tenir les délais d’un chantier) par des anglo-normands, des envahisseurs forcément, pas par des locaux. Trim a été donné à Hugh de Lacey par Henry II, qui ne se gênait pas pour distribuer des terres irlandaises. Ça a vivement contrarié un chef local dont je ne résiste pas à caser le nom par plaisir,  Ruaidrí Ua Conchobair. Si. Ça c’est du nom qui claque! Le petit Ruaidrí a même attaqué le château, taïaut. Et donc c’est pour éviter de se prendre une intrusion d’irlandais énervés sur les remparts tous les 4 matins que le fils de Hugh, Walter a décidé de reconstruire en plus grand. Résultat, c’est immense, entier et ça a pu servir de décor pour certaines scènes dans Braveheart. Bref, c’est en plein dans le thème. De là à dire qu’en fait Ruaidrí était pote avec Mel Gibson, ou qu’il voulait se reconvertir comme chef décorateur à hollywood …

Publié dans Tourisme | Tagué , , , , , | 11 commentaires