Projet 52: un regard vers le passé

Heureusement que je suis d’abord allée voir ce que Ma’ avait posté, j’ai failli mettre une photo à peu près similaire, avec une petite Mangagirl la tête dans un canon pour voir comment c’était. Du coup, j’ai cherché une autre idée, pendant un bon moment, sans succès. Finalement, c’est encore Marichéri qui a trouvé. Après tout, c’est normal, puisque c’est lui le photographe, et justement, ça a été son inspiration…

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Friday Feelings #338

Le vendredi, c’est états d’esprit, imaginés par ma copine Zenopia.

Fatigue: voir hier. Sale bête.

Humeur: hésite à être contente…c’est à dire que je n’ai pas l’habitude, ça m’inquiète un peu.

Condition physique: avachie sur le canapé, sous deux plaids, c’est dire si je me sens dynamique.

Esprit: ça bouillonne, ça bouillonne…mais pour l’instant, ça ne donne pas grand chose.

Estomac: alors soyons clair, la machine à café qui lâche comme ça, au réveil, ça ne l’a pas fait rire. Du tout. Grrr!

Culture: ça y est, j’ai reçu le livre de maître Mo. J’en suis très contente et je recommande à ceux qui ne le connaissent pas encore.

Boulot: ça avance plutôt pas mal…

Avis perso: l’état de Brexitland est affolant. J’ai tellement aimé l’Angleterre, la voir sombrer un peu plus chaque jour, me désole.

Message perso: je ne stresse pas du tout, évidemment, mais j’attends l’opinion de certains avec une angoisse folle légère impatience.

Loulous: L’Ado abandonne son chat ce week-end, on lui en veut beaucoup. Mais il va en Belgique et a promis de ramener du chocolat. Il va en falloir beaucoup pour faire oublier les vocalises de sa bestiole. GeekAdo est tellement content de son petit boulot à l’université, il envisage de postuler pour un deuxième. MangaGirl mène la fronde contre les vocalises félines. Elle est d’une persévérance remarquable, mais sans effet pour l’instant. PrincesseChipie prépare halloween. C’est long, ce mois d’octobre…WizzBoy a fait une découverte qui, après une réflexion intense de deux minutes, n’a finalement pas bouleversé sa vie, au contraire. Bref, ça y est, à part moi, plus personne ne croit au père Noël dans cette famille. J’en suis un peu triste.

Divers: je ne veux pas insister, mais il y a un truc sur Twitter! Et un peu sur FB aussi…

Amitié: ça y est, on a calé une date, youpidoo!

Penser à : organiser un peu tout ce à quoi je pense, justement.

Love: il attend le week end avec impatience. Il pourra sortir fumer sans devoir taper la causette avec des ouvriers.

Envie : que les travaux dans la rue finissent vite, ce qui est loin d’être gagné. Ou alors que quelqu’un invente des silencieux pour pelleteuses. Ça, ça serait une bonne idée!

Sortie: on aimerait bien, mais on ne peut pas! Il y a une énorme tranchée devant chez nous et dès qu’il pleut, ça fait douve…

Pic: ça commence à sentir l’automne

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Thursday thunder: the vociferous incident of the cat at nighttime

Ça va être une colère brève, je suis crevée. Capucine, cette vuvuzuela sur pattes, hurle toutes nuits depuis le départ de L’Ado. D’accord, ça ne fait que trois nuits, mais en ressenti, c’est trois mois. Trois ans. Trois millénaires. Saleté de bestiole!

Capucine et son air aimable

En plus, elle n’est même pas désespérée par l’absence de son humain référent. Elle ne pleure pas du tout, elle râle. Dans la cage d’escalier, là où l’acoustique est meilleure. On n’en peut plus, et moi encore moins, puisqu’elle a décidé que j’étais responsable. C’est à dire que si quelqu’un d’autre se lève pour lui donner à manger, la caresser, lui ouvrir une porte, elle l’ignore somptueusement et continue ses vocalises jusqu’à ce que j’arrive. Ce qui lui permet de m’engueuler et de bien me montrer tout son mépris. Clairement elle ne me réclame pas par affection, mais par vengeance. A 3 heures du mat. Je suis à deux doigts de tenter une ablation des cordes vocales du monstre vociférant à mains nues, mais je la connais, elle ne va pas vouloir coopérer.

Vous allez me dire, il suffit de la flanquer dehors. Ahaha. On parle d’une chatte qui avait l’habitude de nous réveiller en Angleterre en montant sur le toit de la véranda pour faire délicatement crisser ses griffes sur la fenêtre de notre chambre et partir en courant dès qu’on se levait, dans un état de panique certain au debut (sérieusement, ça fait peur en pleine nuit, comme bruit) et d’énervement lassé ensuite. Capucine sait très bien sous quelle fenêtre se mettre à hurler pour causer le maximum de désagrément à ses humains qui osent dormir quand elle ne les a pas autorisé à le faire. Elle exige de rentrer. Pour vociférer comme une démente 5 minutes après, alors qu’on commence juste à se rendormir, parce qu’elle veut sortir, comment ose-t-on l’enfermer comme ça? Alors qu’elle doit d’urgence se reposter sous nos fenêtres pour reprendre ses grincements en réclamer à rentrer?

Tout ça, c’est la faute de L’Ado, il l’a très mal habituée, à vivre la nuit aussi! Du coup, ça doit angoisser Capucine de ne pas voir d’activité humaine aux heures où L’Ado parcourt habituellement la maison en claquant toutes les portes pour se faire réchauffer une pizza, allumer la télé pour un match de foot à l’autre bout du monde, ou répéter un morceau de guitare électrique…tiens justement, c’est un peu les mêmes sons qui sortent du gosier de sa chatte. Peut être qu’elle prend sur elle de le remplacer, au niveau sonore, pour ne pas qu’on déprime de son absence la semaine? Non parce que du temps où il était étudiant dans un autre pays et ne revenait jamais, elle était plus calme. Désagréable, mais calme.

MangaGirl propose de lancer une pétition familiale pour contraindre L’Ado a embarqué Capucine avec lui en cours, je suis pour. Surtout que les marteaux piqueurs et autres engins de chantier enchaînent dans la journée, le seul moment où on peut avoir un chouïa de calme auditif, c’est précisément à l’heure du dîner, quand les ouvriers sont partis et que Capucine n’est pas encore rentrée. C’est là que Marcel et Penny passent à l’attaque. Je suis crevée.

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Weird English expressions top 10

A l’école, il y a tres longtemps, j’avais appris (enfin essayé d’apprendre…un peu, bon d’accord, je détestais l’anglais, j’étais nulle) des tas d’expressions typiques anglaises que je n’ai jamais utilisées depuis. Je ne me vois pas dire qu’il pleut des chats et des chiens (raining cats and dogs) par exemple. Par contre, je me suis vite mise à en utiliser d’autres qui sont même restées malgré notre retour en France. Voici donc un top 10d’expressions qu’on emploie couramment dans le sud est de l’Angleterre, (pour ne pas dire en Essex, mais il n’y a pas que la qu’on les utilise), en tout cas qui viennent naturellement.

  
Source 
10- the bee’s knee: c’est très mignon mais ça n’a rien à voir avec les rotules des abeilles. D’ailleurs, je ne pense pas qu’elles aient des rotules…c’est une bonne question, quelqu’un s’y connaît en anatomie des abeilles? Je m’égare. Bref, c’est un compliment pas une allusion à une allergie aux insectes, c’est quelque chose de superbe, parfait,  aussi réussi que le genou d’une abeille.

9-to put your foot in your mouth: on reste dans l’anatomie, mais des humais cette fois. Alors soyons clairs, à part les bébés ou les gens ayant justement des rotules très souples, personne ne met son pied dans sa bouche en Angleterre. D’ailleurs c’est une expression qui s’applique très souvent à ce que je dis, et j’ai la souplesse d’une enclume arthitique. C’est dire une gaffe, la bourde totale, mettre verbalement les pieds dans le plat… On en revient au pied, tiens. 

8-Wicked! C’est moins imagé que les autres, mais c’est typiquement anglais: il n’y a qu’un anglais pour penser qu’un terme réservé au cricket peut aussi vouloir dire » genial! « Parce que bon, le cricket, c’est quand même très soporifique. Honnêtement, je ne disais jamais wicked avoir d’avoir des ados. Même GeekAdo qui pourtant déteste le sport, les activités de groupe et le plein air a quelquefois dit « wicked » pour parler d’un nouveau jeu de PC. On s’eloigne du cricket, à moins qu’il y ait une version avec des zombies intergalactiques, je ne sais pas, je ne regarde jamais. Peut-être que je manque quelque chose.

7-Donkey’s years : après les abeilles, voilà les ânes, c’est très champêtre l’anglais en fait. Alors visiblement, une année pour un âne dure beaucoup plus longtemps que l’année civile humaine, puisque ça veut dire un temps fou, une éternité. 

6-taking the biscuit: ça ne veut pas dire prendre un petit gâteau avec son thé, mais que quelque chose est parfait, on ne trouvera pas mieux. Un peu comme le parfait cookie au chocolat, mais avec un café , c’est un exemple au hasard. J’ai faim. C’est un exemple idiot en fait, surtout que j’ai tendance à employer cette expression avec ironie.

5-put a sock in it! Ça n’a rien à poir avec le pied du 9, on ne vous demande pas non plus de manger votre chaussette, mais de vous taire. C’est fou comme c’est utile quand on a une ado versée dans les chouinements stridents à la maison.

4-to take the piss…bon, ça devient légèrement vulgaire. Mais attention, on ne vous dit pas qu’on va aux toilettes pour une envie pressante. D’ailleurs généralement,  on vous demande si c’est vous qui « take the piss » …vous vous fichez de moi?  Cette fois, c’est très utile quand on a un ado tendance glandeur à la maison. C’est ça, donc tu n’as pas bûché ton espagnol, parce que tu fais une allergie. Don’t take the piss!

3-wouldn’t touch it with a bargepole : Ça ne veut pas dire qu’on refuse de se servir d’une gaffe pour accoster à quai avec son bateau (ou n’importe quoi d’autre avec un bateau et une gaffe. Je ne suis pas du  tout maritime, j’ai le mal de mer dans mon bain. Vous faites ce que vous voulez avec vos gaffes). Non, c’est pour désigner quelque chose ou quelqu’un dont on ne veut pas s’approcher. Par exemple un match de cricket.

2-to throw the kitchen’s sink: le lancer d’evier n’est pas un passe-temps typiquement britannique, c’est curieux d’ailleurs, vu le nombre de compétitions de lancer de tout et n’importe quoi qu’organisent les anglais (du fromage, des œufs, des tonneaux enflammés…). Ça veut dire tout tenter, tout essayer.

1-a bit of argy-bargy: j’aime beaucoup celle-là, Marichéri aussi, depuis qu’on l’a entendu de la part d’un commentateur de rugby. C’est un point litigieux, un truc pas net qui fait débat …vous imaginez ce que ça peut donner dans une mêlée!

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Mardi Tourisme: Grenade sur l’Adour

On repart dans les Landes cette semaine, je vous avais prévenus! On va à Grenade sur L’Adour, charmante commune de 2500 habitants, au sud est de Mont de Marsan, où il y a eu un excellent restaurant qui malheureusement a fermé depuis longtemps alors que j’y ai fêté mes 18 ans, mais je ne pense pas que ce soit lié. Les fêtes de Grenade sont aussi les toutes premières où je suis allée seule, c’est à dire avec la moitié de ma classe, mais sans aucune supervision parentale, c’est dire si j’aime beaucoup cet endroit. J’en profite pour saluer ma copine de lycée Séverine qui ne me lit certainement pas et ne se souvient peut être plus de moi, ni de toute la bande qui a ravagé squatté son salon, mais je m’égare…

Grenade sur l’Adour est évidemment une bastide, encore une, mais c’est un peu normal dans le coin. Sérieusement, sans la guerre de 100 ans, on se demande si ça aurait été urbanisé, tiens… Grenade a été fondée par les anglais en 1322, et PrincesseChipie estime qu’il n’y a aucune raison, qu’en tant que Anglo-landaise d’origine, on ne lui donne pas les clés de la ville et d’une maison de vacances en plein cœur de la place centrale. Franchement, ça se tient, comme raisonnement. Les maisons traditionnelles sur la place et aux alentours, ne sont pas en pierres coquillères comme dans le Marsan, mais en galets ronds de l’Adour et c’est très joli aussi.

Grenade sur l’Adour, comme son nom l’indique est donc sur l’Adour, qui a la manie de déborder plusieurs fois par siècle. L’église, qui date du XV siècle, porte la trace des inondations successives, dont celle record du dix huitième siècle. D’un coup, je ne suis plus aussi enthousiasmée par l’idée de PrincesseChipie de passer mes vacances sous l’eau place des tilleuls, qui est pourtant la plus grande place des bastilles landaises, c’est dire l’importance de Grenade au moyen âge.

Au dessus de Grenade, on a un très joli point de vue, en montant à Notre Dame du Rugby. Il s’agit d’un ancien oratoire romain transformé au cours des siècles en église puis tombé dans l’oubli et la ruine jusqu’à ce qu’un abbé fan de rugby décide de la retaper dans les années 60, avec l’accord et des aides financières de la fédération française. Non seulement la chapelle est charmante, mais la collection de maillots exposée à l’intérieur et à côté dans le petit musée, est impressionnante, comme ça, au milieu de nulle part. Les plus grands joueurs de rugby du monde sont passés par là, et Wizzboy a promis d’y revenir faire don de son maillot quand il sera international, évidemment. On y trouve des maillots de tous les pays, y compris les plus improbables, et des souvenirs de stars de l’ovalie, comme Jonah Lomu, c’est vraiment un endroit surprenant.

Tout ça pour dire que Marichéri et les enfants qui n’avaient jamais mis les pieds à Grenade sur l’Adour et n’en avaient donc aucun souvenir adolescent, ont beaucoup aimé la balade. Ça prouve bien que je ne suis pas chauvine!

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Sunny Monday #40

En octobre, Bernie nous propose le thème « statue ». je sens que ça va nous donner l’occasion de nous promener, j’aime beaucoup! On commence à Budapest, avec les statues des septs premiers chefs magyars qui ornent la place des héros. C’est la plus grande place de Budapest et elle a été aménagée en 1896 pour célébrer le millénaire de l’arrivée des magyars, à peu de chose près, on n’était pas à cheval sur les dates à cette époque, même si on l’était (à cheval tout court je veux dire).

Bonne semaine à tous!

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Projet 52: métallique

J’ai de suite penser à une photo, ou plutôt une série de photos quand j’ai vu le thème choisi cette semaine par Ma’. Marichéri, en tant que parisien, n’avait jamais visité la Tour Eiffel avant d’y revenir en touriste avec ses enfants. Et bien, il a adoré et ça lui a inspiré des tas de très jolies photos. J’en ai déjà montré quelques unes, mais j’en ai encore en réserve. Franchement, la Tour Eiffel, ça fait bien métallique, non?

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Friday Feelings #337

Le vendredi, c’est états d’esprit (imaginés par ma copine Zenopia)

Fatigue: nerveuse. Le tut-tut-tut des engins de chantier dans la rue, a redoublé cette semaine.

Condition physique: ça y est, ça commence. Je me gèle et je grelotte tous les matins sous mes deux pulls et ma parka pendant que les locaux et le reste de la famille se promènent pratiquement en t-shirt.

Esprit: forcément, avec tout ça, il a du mal à se mettre en route.

Estomac: a eu une grosse frayeur mardi matin, quand la machine à café a fait « plop », s’est mise à clignoter et a refusé de sortir ne serait-ce qu’une goutte de café. Heureusement, Marichéri, en grand habitué de la technologie, a réglé le problème de suite grace à l’infaillible méthode de « turn it off and on again », éteindre et rallumer aussitôt.

Humeur: un chouïa stressée, mais c’est mon état normal.

Boulot: je fais des petits trucs, des bouts de machins, des choses comme ça.

Culture: Pokémon avec Wizzboy, ça compte?

Avis perso: aaah, le flegme anglais, le blitz Spirit, le keep calm and carry on…quand tous ces grands patriotes en sont à se frapper pour quelques litres d’essence, c’est clair, ça saute aux yeux, leur blitz Spirit.

Message perso: juste ❤️ pour A, A, B, D et N qui se reconnaîtront (ce n’est pas une bataille navale).

Loulous: ça y est, c’est officiel, L’Ado passe en M2. Alors que donc il y est déjà depuis deux semaines. Qu’est- ce que vous voulez que je lui réponde quand il se lamente sur la logique de l’administration en France avec ça? GeekAdo est joie, il a décroché un job étudiant à la fac! En plus, c’est payé, il est très content. Ça aide, de mieux parler anglais que les profs d’anglais. MangaGirl a reçu sa liste de textes pour le bac de français, elle n’a pas l’air de partager du tout mon enthousiasme pour la princesse de Cleves. GeekAdo a tenu à la rassurer devant mes cris de joie: t’inquiète pas, maman a fait pareil avec moi, ça va lui passer. Petits béotiens. PrincesseChipie rentre de pleins pieds dans l’adolescence, je ne ferai pas d’autre commentaire sur le sujet. WizzBoy a fait une sortie culturelle sur l’art dans la ville. Alors, c’était bien? Oui, c’était super, on a eu un bonbon à la fin. Au moins, ça lui a plu…

Divers: il y a un truc. C’est sur Twitter.

Amitié: cette après midi, sur Skype et à Lille très bientôt.

Love: j’ai déjà dit que c’est un super-héros et il confirme régulièrement. Même si son histoire de bonne sœur à la gare dans le bénitier ne va pas du tout.

Envie de: recevoir certaines réponses rapidement.

Penser à : ventiler les bureaux des transports scolaires qui m’envoient à nouveau un e-mail pour m’expliquer qu’ils ne reconnaissent pas mon adresse e-mail.

Sortie: rien de prévu, mais ça peut venir. D’ailleurs, puisqu’on en parle, si quelqu’ un a des avis sur les comiques français, ça m’intéresse. Il y en a plusieurs qui passent au théâtre de la ville à côté, mais je ne les connais pas, je suis restée coincée sur les anglophones.

Pic: notre voisin préféré est repassé nous faire coucou

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Thursday thunder: les chasseurs

Dimanche dernier, on est allé se balader, on a pris des petites routes de campagne bucoliques, au milieu des champs. Et des chasseurs. C’est à dire qu’on a croisé des rangées de types en veste fluo, armes sous le bras, arpentant en ligne serrée des champs labourés où les malheureux faisans domestiques et affectueux qu’ils venaient de lâcher juste pour les flinguer, n’avaient même pas une touffe d’herbe pour se cacher. J’hésite entre la colère et l’envie de vomir.

Attention, je viens des Landes. J’ai déjà tout entendu sur le maintien des traditions ancestrales, la culture rurale et autres excuses bidon comme l’amour de la nature. Et je n’y crois pas une seconde. Le maintien des traditions ancestrales? Mais oui bien sûr, sinon, au moyen âge, on écartelait les gens, ça c’est de la tradition ancestrale, on devrait faire pareil non? A commencer par les braconniers, vu que c’est à peu près comme ça qu’on les traitait, je suis sûre que ça fera chaud au cœur de tous ces valeurs chasseurs, de renouer avec cette charmante coutume. Non mais je n’y comprends rien, je ne suis qu’une citadine bouchée, la chasse, c’est toute la ruralité…alors donc, je répète, je viens des Landes, dans le style rural, on fait difficilement mieux et je vis au bord d’un village, par choix. Arrêtez de faire croire que les ruraux sont des êtres frustres et assoiffés de sang qui ne se définissent que par le plaisir d’aller trucider vicieusement d’innocents animaux. C’est insultant pour tous les ruraux!

D’autres vont dire que c’est un sport. Ah. Parce que bringuebaler dans un champ, accroché à son fusil et clairement alcoolisé pour aller tirer, à 25, sur une pauvre bête affolée, c’est sportif? Le tir sportif, ça existe, en salle et ça demande une concentration et une adresse inversement proportionnelle à votre taux d’alcoolémie. La randonnée, c’est aussi un activité qu’on peut qualifier de sportive, mais ça se fait plus avec un bâton pour marcher qu’une cage sous le bras avec un pauvre animal qu’on dépose au milieu du chemin pour le cribler de plombs. Et ça ne consiste pas à se transformer en dangers publics qui tirent sur tout ce qui bouge, y compris des vrais randonneurs. Je ne parlerai même pas du côté « amoureux de la nature », tellement ça me fait hurler de rire. Rire jaune, certes mais bon…Comme dirait Marichéri, effectivement, il y a un temps certain, la chasse servait à se nourrir. Mais aujourd’hui, ça sert à quoi? La régulation des espèces? En allant tuant un animal qu’on a élevé pour ça, sérieusement?

Ces cohortes de types à la démarche plus qu’hésitante, arpentant leur champs derrière un pauvre faisan même pas apeuré tellement il était habitué à la présence humaine, c’était sinistre. Et bien sûr, certains avaient amené leur gamin, c’est un endroit sûr et où il n’y a jamais d’accident, la chasse pas vrai? Ça m’a achevé, comment peut-on mettre en danger ses enfants comme ça? Et le prochain faisan que je croise, je l’adopte et je le ramène à la maison.

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Le trekking du mercredi

Armés de notre caddie et notre détermination, WizzBoy et moi continuons à descendre notre rue à pied tous les mercredis pour aller au ravitaillement, chez les commerçants du village. De toute façon, on ne peut plus passer en voiture à cause des travaux…mais on ne peut presque plus passer à pied non plus. C’est carrément l’aventure, d’aller chercher du pain!

Source ça ressemble à ça. En plus boueux.

Ça commence doucement, WizzBoy regarde où tu vas avec ton chariot, tu vas tomber dans la tranchée! Au moins, ça fait rire l’ouvrier qui était perdu au fond, on ne le voyait même plus dépassé. C’est profond cette tranchée…Marichéri se demande si ce n’est pas une ruse, cette histoire de refaire les canalisations, si ça trouve, ils cherchent du pétrole. Ou alors, c’est atavique, en tant que descendants de mineurs, une fois que les ouvriers ont commencé à creuser, ils n’arrivent plus à s’arrêter? Wizzboy, attention…ça y est, le chariot est embourbé dans un tas de terre, style terril, et on n’a pas fait 10 mètres. J’essaie de le ressortir pendant que Wizzboy fait du trampoline sur les plaques en métal qui recouvrent en partie certains trous béants. C’est plus une route, c’est une taupinière géante. La tension monte, une pelleteuse arrive à toute vitesse du bout de la rue, et je suis toujours coincée avec mon chariot au milieu de la boue avec une roue encastrée dans une grille du chantier. Ça sent le film catastrophe, je tire sur mon chariot, qui projette des giclées de boue sur mon jeans mais refuse d’avancer, la pelleteuse fonce toujours droit sur moi à la vitesse éclaire de…euh, ben d’une pelleteuse. Bon d’accord, même lancée au galop comme ça, elle n’avance pas très vite, mais la tension monte quand même jusqu’à ce que le chef de chantier, n’écoutant son courage (c’est normal, il a un casque anti bruit, il ne peut pas écouter autre chose) vienne m’aider à libérer le chariot en me hurlant dessus « bonjour, fait pas chaud ce matin » . Le drame est évité, le chariot est sain et sauf, et la pelleteuse passe à côté en klaxonnant pour saluer Wizzboy ravi.

Oui bon, j’ai peut-être paniquée pour rien, mais on a fait 5 mètres en 10 minutes avec tout ça et on arrive à la partie entièrement défoncée de la rue, plus aucune trace de macadam ni de passage pratiquable. Il y a une tranchée à gauche, une ligne de monticules de terre boueux au milieu, une deuxième tranchée à moitié rebouchée à droite, et une kyrielle de « ponts », de plaques métalliques branlantes, réparties au hasard. Wizzboy se prend pour Indiana Jones et fonce dans le tas, littéralement, pendant que je tente de faufiler le chariot, en équilibre sur une roue entre une canalisation qui dépasse et une grille hirsute, prête à se jeter sauvagement sur mes roues (celles du chariot je veux dire, mais on se comprend). Le chef de chantier nous salue, WizzBoy, le chariot et moi. Visiblement, il nous parle, mais je ne sais pas lire sur les lèvres. Non parce qu’avec le vacarme des marteaux piqueurs, je ne comprends rien. De toute façon, je ne comprends pas son accent ch’ti même quand c’est silencieux…il a l’air content, je vais sourire poliment, ça va passer. Wizzboy en profite pour s’emparer du chariot et faire une embardée sur une des plaque de métal. Ça surprend un ouvrier qui se cachait au fond d’une tanche et il en lâche son mégot. J’espère qu’il était pas en train de refaire les canalisations du gaz, celui-là…on est arrivé à la moitié de la rue, on y croit, ça va le faire. Et là soudain, c’est le drame. Le chariot échappe à Wizzboy et décide de continuer tout seul.

Le chariot dévale la rue, zigzaguant avec une souplesse surprenante entre les tranchées et les tas de graviers, WizzBoy et moi à ses trousses sous les éclats de rire de tout le chantier. La pauvre bête (je parle toujours du chariot) finit sa course sur le flanc, allongé de tout son long dans une flaque de boue. C’est un ouvrier compatissant qui vole à son secours et le redresse pendant que j’essaie d’enjamber une tranchée pour le rejoindre, avec des grâces d’hippopotame unijambistes, attention, il s’agit de ne pas tomber… Et je dérape dans la boue, youpidoo. Wizzboy en profite pour demander au monsieur si il peut visiter sa tranchee… bon, ça suffit comme ça, je reprends mon chariot d’une main, mon gamin de l’autre et ce qui reste de ma dignité, je remercie les ouvriers pour leur aide et je vais faire mes courses, non mais.

Donc ça, c’était juste l’aller, en descente et avec le chariot vide. Il a fallu remonter. Ça a été pire. Encore 4 mois de travaux, minimum. Ça va être long, mais long…

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