Cheltenham 2017 top 10

Avec le printemps qui revient, les courses hippiques reprennent notamment celles de Cheltenham, qui sont très connues et même fréquentées par des Royals. Ça devient une tradition, ça m’inspire un top 10 modesque  (celui de 2016 est ici) des spectateurs les plus…euh…originaux (c’est bien « originaux » , ça reste gentil, non?).

10- On commence doucement, par l’amicale des cravates vertes brillantes et des casquettes réunies. À mon avis, celui avec les chaussures bicolores, soit c’est le président, soir c’est un dangereux rebelle qui essaie de se faire remarquer. En même temps c’est réussi. 


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9- On continue avec d’un doritos géant, mutant (il est violet) et pas frais, il s’émiette de partout. En tout cas, ça va très bien avec la robe en vieux rideaux à fanfreluches et les chaussures discos. C’est ça l’art d’accessoiriser à l’anglaise.


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8-oh, une framboise écrasée! Pauvre bête…


7- Alors là, je ne vois pas…c’est un cerf volant? Une bâche de jardinage (pour protéger les plantations sur l’espèce d’antenne satellite que cette brave femme s’est collé sur le crâne)? Une tente de camouflage? 

 

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6-Ça manque de photo de groupe féminine tout ça, non? Et paf, voilà le gang des dévaliseuses de plates bandes avec leurs végétations fluos sur la tête. J’aime bien aussi le mélange des couleurs comme ça, ça ne donne pas du tout mal à  la tête. 

 

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5- celui de droite était déjà là l’année dernière, je reconnais son costume! Ou alors c’est juste un copieur parce que je ne me souviens pas des boucles d’oreilles. Parce que c’est absolument à gerber radieux, le petit détail qui marque, sinon il pourrait passer pratiquement inaperçu avec son joli déguisement de trèfle. Et je suis persuadée d’avoir déjà vu exactement le même motif que celui du costume du type à gauche, dans le club house d’un club de golf miteux au fin fond de l’Irlande. Sur la moquette. 

 

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4- Elle a mal vieilli, Cendrillon…

 

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3- bon, là, c’est pour le type du milieu, même si les autres sont choupinous aussi…il a dû passer trop près de la framboise écrasée. Il en a jusque sur les chaussures, c’est ballot. 


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2-Toute l’élégance, la sobriété, la délicatesse, la modestie, la classe naturelle à l’anglaise…

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1-allez, encore une petite photo de groupe pour finir, je sais que ça vous fait plaisir…je rappelle qu’on est en mars en Angleterre, il ne fait pas non plus une chaleur torride. Je n’ai rien d’autre à dire, vraiment ça me laisse sans voix


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 Something is rotten in the state of England

Je n’ai aucune honte à plagier Shakespeare. Le titre est une citation de Hamlet, j’ai juste remplacé Denmark par England (et non pas Great Britain). Aujourd’hui, j’ai vraiment besoin de me souvenir que l’Angleterre, c’est aussi Shakespeare, une certaine  culture et un humour certain ou l’inverse, et pas uniquement un ramassis de xénophobes délirants. Hier soir, avec une lâcheté incommensurable, le parlement britannique a confirmé son premier essai et globalement voté les pleins pouvoirs à Zaza pour faire ce qu’elle veut avec son brexit. Ils ont non seulement rejetté un amendement qui demandait de garantir à minima les droits des européens installés ici légalement, je le rappelle, mais surtout ils se sont auto muselés. Zaza peut négocier ce qu’elle veut avec l’Union européenne, y compris rien et donc précipiter une sortie catastrophique sans garde fou, le parlement n’a plus son mot à dire. 


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Les anglais qui sont si fiers de l’histoire de leur parlement qu’ils qualifient de plus vieux parlement du monde en exercice  puisqu’il a été créé par la magna carta en 1215, applaudissent ou se taisent aujourd’hui. Ce parlement qui s’est rebellé et a levé une armée contre un roi qu’il jugeait trop autoritaire se plie aux dictats de Zaza sans que personne ne bronche. C’est inédit. On pourrait penser que cela soulèverait des vagues d’indignation de la société civile, mais non. Rien. Les brexiters prétendent qu’ils ont voté contre l’Europe parce qu’ils ne la trouvaient pas assez démocratique et pour rendre le pouvoir au parlement britannique. Ahah, c’est sûr, c’est une réussite totale. Et pas un mot, pas une protestation, pas même une interrogation…on frôle le coup d’état institutionnel, mais c’est pas grave. On s’approche aussi de l’éclatement du pays, puisque l’Écosse prépare son prochain référendum d’indépendance.  L’Irlande du nord y pense également. Comment ces sombres crétins nationalistes qui se gargarisent de « make Britain great again » peuvent ils justifier de détruire leur Great Britain et de l’asservir à la volonté d’une première ministre par défaut? C’est ça, leur « take back control« ? Faire exploser leur pays et s’inspirer de la démocratie de la Corée du Nord? Et ils en sont contents? 

Tant qu’ils y étaient, ces députés fantoches ont donc une nouvelle fois rejeté toute garantie des droits des ressortissants européens. Au point où ils en sont, autant y aller à fond dans la lâcheté et l’abdication de tous sens moral. Mais ça ne les empêche  pas de nous bassiner avec les great British values, la tolerance, l’accueil, l’ouverture, les droits de l’homme …ahaha, j’en ris encore. J’aurais plutôt dit l’étroitesse, l’arrogance, le repli sur soi et l’absence de tout esprit critique. Le silence des élites, des intellectuels, des artistes face à ce que leur pays est en train de devenir est assourdissant. Par contre ils vocifèrent contre Trump,  alors là, pas de problème. Quant au reste de la population, une moitié est ravie et fonce hilare à l’abattoir en criant victoire (leurs charges sociales viennent d’augmenter pendant que leurs allocs baissent…). L’autre moitié est divisée entre ceux qui ne se rendent vraiment compte de rien, et sont très contents de leur ignorance, et ceux qui refusent d’ouvrir les yeux. Ils se disent bien qu’il  y a peut-être un problème, mais bon vous savez ce que c’est ma bonne dame, faut faire avec, c’est comme ça. De toute façon, c’est pas poli de râler alors…quand je pense que j’aimais l’impertinence, l’excentricité et la liberté des anglais! John Cleese des monty Python se répand en discours nationalistes moisis pro brexit, Morrissey (celui de The Smiths ) est ouvertement facho et en est fier. Robert Daltrey de The Who aussi. C’est à vomir. 

L’Angleterre  (et pas l’Écosse, ni l’Irlande du nord…pour le Pays de Galles, ça se discute) est en train de pourrir. Et Marichéri, nos enfants et moi sommes coincés dedans. J’ai la nausée. 

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Ten on Ten: March 2017

Ça fait un moment que je n’ai pas participé au Ten on Ten de ma copine Marie à Waterford. En principe, tous les 10 du mois des blogueurs se retrouvent pour poster 10 photos de leur quotidien sur un thème donné. Marie vivant donc en Irlande, elle a choisi le vert à l’approche de la Saint Patrick. Vu que je me suis déjà plantée sur la date, je me suis dit que quitte à tricher, autant y aller à fond. Je ne vais pas vous montrer 10 photos de maintenant, mais 10 vues de l’Irlande. Ça a été mon quotidien pendant 10 ans, c’est en plein dans le thème et c’est vert. Très vert.

1-La Vallée de la Boyne, à la frontière entre le County Meath et le County Louth. On habitait tout près de là, à Drogheda qui se prononce évidement Dro’héa. Juste une précision, toutes les photos datent du mois d’août. Non parce que l’Irlande  c’est vert, mais il y a une bonne raison. C’est un chouïa humide aussi.  


2-La végétation est partout, même entre les ruines de Mellifont Abbey (county Meath, au nord ouest de Dublin).


3 – et je rêve d’habiter par là, au bout du chemin quand je serais grande…

4-Sérieusement, le vert est partout. À Kells comme dans toute l’île. 

5- Mais attention, il arrive parfois qu’il y ait du soleil. Ça ne dure pas longtemps, il faut en profiter. Quand la journée commence comme ça, avec la brume qui se lève sur la campagne, c’est bon signe. (Et c’est toujours dans le county Meath) 

6- Tout devient encore plus beau. La preuve, ce couvent à Trim n’a aucun intérêt comme ça a priori, mais avec un rayon de soleil qui vient faire briller son herbe verte, il devient charmant.  


7- C’est bien simple, on se croit parfois plus au sud, mais ça reste vert. (C’est dans le walled garden d’Ardgillan Castle) 


8-L’Irlande n’est pas que verte, elle est aussi bleue. C’est une île, la mer n’est jamais loin comme ici à Malahide dans le County de Dublin. 


9- Encore un petit tour à Trim sous le soleil…


10- On finit avec la rivière Shannon au milieu des champs verts, près des ruines de Clonmacnoise, avec une croix celte. Toute l’Irlande en une photo. 

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Sunny Monday 2017 #11

Pour le mois de mars, Bernie nous propose le thème de l’eau plutôt qu’une couleur. Je vous ramène donc à Bath dans les thermes romains, pour une nouvelle photo. L’eau y est naturellement de cette couleur, et elle est répugnante. J’ai goûté. Ça n’empêchait pas les romains de s’y baigner et ni les anglais de la boire au temps de la Régence. On peut toujours en avoir un gobelet dans la  pump room, comme le faisait Jane Austen qui était donc meilleure écrivain que gastronome, parce que vraiment, sans insister lourdement, c’est atroce. Mais ça reste très historique comme eau. En plus, si vous regardez bien la surface, vous verrez des gouttes de pluies tomber, je suis doublement dans le thème. 


Bonne semaine à tous! 

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My own ABC # 61

Dernière semaine de T, je sens qu’on va bien s’amuser avec U. En attendant, 

T comme…

Turner: on commence fort et culturel. Ne vous faites aucune illusion, ça va vite se dégrader après Turner, mais je voulais le recaser parce que j’adore. Voilà. Le petit Joseph Mallord William Turner est né à Londres en 1775. Il commence à peindre très jeune, pour s’occuper parce qu’on l’envoie chez son oncle en rase campagne et qu’il s’ennuie. Pendant ce temps sa mère finit à l’asile. On pourrait penser que ça porte sur le moral de Turner et pourtant ses œuvres sont lumineuses. Il commence à rencontrer un petit succès, vivement encouragé par son père et part étudier en Italie et à Paris. Quand il rentre à Londres, il s’installe chez son père, et a une vie privée assez bizarre. Il abuse de substances rigolotes qui se snifent, il a peut être deux filles illégitimes, à la mort de son père, il emménage avec une veuve dont il se fait passer pour le mari (ça a un petit côté zombie) … c’est d’ailleurs chez elle qu’il finit par mourir en 1851 du choléra.  C’est pas réjouissant tout ça…mais sans vouloir être méchante avec Turner, ce qui compte ce n’est pas sa vie, c’est son œuvre. Et là, c’est sublime. Il est reconnu aujourd’hui comme le maître du romantisme anglais, mais il était assez controversé à l’époque. Ses coups de pinceau apparents, son usage des couleurs et surtout de la lumière sont résolument modernes et novateurs. Je pourrais en parler des heures, mais il va falloir passer à la suite sinon ça va être lassant.


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Tiara: je vous avais prévenu, le niveau culturel s’effondre. Pour une raison qui m’échappe, les Royals féminines passent leur temps à se flanquer sur le crâne ces espèces de chandeliers affalés. Du coup, la populace fait pareil. À 5 ans, je comprends (et encore) mais après? Les tiares pullulent sur la tête des mariées anglaises, des gamines fêtant leurs proms, au nouvel an, aux anniversaires, ou pour n’importe quelle activité sociale soit disant festive. C’est déjà moche quand c’est en diamants alors la tiare en plastique, c’est radieux. Comme il n’y a pas de petits  profits, les Royals profitent de cet engouement pour refiler des imitations à la boutique de Buckingham. Cette chose coûte £120. En plus, je suis sûre que ça marche très mal comme antenne satellite ou paratonnerre. 


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Trifle: le dessert d’été anglais par excellence. En plus c’est d’une telle simplicité à faire que je ne mets pas de recette. Ce serait ridicule. Vous prenez des biscuits, style biscuit à la cuillère, trempés dans un alcool ou un sirop, des fruits, de la crème anglaise et de la chantilly par dessus et voilà. Je ne dis pas, c’est très sympathique surtout quand il fait chaud. Mais déjà, il fait rarement chaud ici, et puis il faut arrêter de présenter ça comme de la grande cuisine. Cela dit la première mention du trifle dans un livre de cuisine date de  1585, avec de l’eau de rose. Forcément depuis, les anglais ont eu le temps tester toutes les combinaisons possibles et imaginables de fruits et d’alcools pour leurs trifles.  Mais je reconnais que ce n’est pas mauvais du tout.


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Take That: paf dans les tympans! C’est fou comme les T auront été musicaux. Quoique d’après Marichéri, on ne parle plus du tout de musique. C’est un boys band à géométrie variable qui a débuté à 5 dans les années 90 et qui s’est reformé à 4 il y a quelques années après avoir subi une ablation de Robbie William. Maintenant, ils ne sont plus que trois, ils vieillissent aussi. Ils ont bêtement paumé un membre orange en route et ils ne s’en sont pas rendu compte. Ils sont encore plus populaires qu’à leur début, il y a 25 ans puisque leur public de base est toujours là mais s’est reproduit. Les fans vont voir Take That en famille, mères et filles. C’est pas idiot, comme marketing. 


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Thick of it: une série télé satirique excellente de 4 saisons (entre 2005 et 2012), avec Peter Capaldi qui s’inspire de l’actualité politique britannique du moment, puisque on suit les méandres d’un ministère, avec le personnel politique au pouvoir, l’opposition, les hauts fonctionnaires et les conseillers en communication. Toute ressemblance avec des faits et des personnes ayant réellement existé est voulue, très bien construite et hilarante. La quatrième saison qui collait de très près à l’actualité et aux enquêtes parlementaires en cours est ma préférée. Il fallait oser! Dommage que les créateurs soient passés à autre chose parce qu’avec le brexit et notre gouvernement de clowns pathétiques,  il y aurait du matériel. Ou alors, ils se ridiculement déjà tellement tous seuls qu’il n’y a plus rien à caricaturer? 


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Project 52 season 3 #10

Cette semaine, on repart dans les archives, Ma’a choisi métal, et pour mon parisien de Marichéri, ça signifie forcément  Tour Eiffel. Il l’a déjà photographiée sous toutes les coutures et j’avoue que j’aime bien alors que je ne suis pas fan de la Tour Eiffel. J’ai déjà postée plusieurs de ces photos, toujours sous des angles surprenants (d’où l’intérêt aussi de faire 6m08).


Du coup cette fois, il a choisi un bout d’engrenage. C’est métallique. Je n’ai jamais trouvé la Tour Eiffel particulièrement agréable à regarder, plantée comme ça de façon complètement saugrenue. Je reconnais quand même qu’éclairée de nuit, elle passe. Et j’aime beaucoup ces détails, ces gros plans, cette esthétique industrielle. Évidemment, on a déjà amené nos petits britanniques admirer la Tour Eiffel. PrincesseChipie croyait même pendant un temps que la tour appartenait  personnellement à Papy et Mamie. On est monté au premier étage. J’avais déjà le vertige. L’Ado est allé jusqu’en haut. Il a eu le vertige. Bref, ils ont adoré. Et à chaque fois qu’on leur demande de parler de la France à l’école, ils amènent une Tour Eiffel. 

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Friday Feelings #103 

J’ai une très bonne raison pour ne pas être totalement en avance pour les états d’esprit du vendredi de Zenopia et Postman. C’est la faute de Marichéri et du café. Si.

Fatigue: le brexit approche, c’est imminent. C’est même prévu pour la semaine prochaine, c’est dire si je dors bien. 

Humeur: voir au dessus, tout va bien. Ou pas. 

Condition physique : après m’être foulé la cheville droite en dormant il y a quelques années, pour la plus grande joie de mon docteur de l’époque qui avait trouvé ça hilarant, voilà que je me réveille avec une tendinite au pied gauche, alors que j’allais très bien en me couchant. C’est pour ça que je suis crevée aussi, j’ai l’air d’avoir une vie débridée pendant mon sommeil …dommage que je ne rappelle pas au réveil.  

Estomac: cafeiné. Le café, c’est la vie. Sinon, ça manque toujours de chocoat. 

Esprit: aussi tordu que mon pied gauche.

Boulot: Je suis débordée à stresser comme une folle je ne peux pas être partout.

 Penser à : ne plus oublier la rubrique culture, ça fait plusieurs semaines qu’elle a encore disparue. Je ne sais pas pourquoi. 

Culture: et toc! Surtout que ça aurait été dommage d’oublier vu que je n’ai strictement rien à dire. Enfin si, hier soir on a regardé TBBT, alors que ça faisant un moment qu’on avait arrêté parce qu’on trouvait que ça devenait niais. Ça c’est confirmé. 

Message perso: c’est une idée à creuser, c’est toujours mieux que vendeuse en effet. 

Avis perso: l’inflation galope, certains prix dans les supermarchés ont augmenté de 20%, les impôts notamment les contributions sociales s’envolent. Alors que les aides sociales et les retraites plongent. Le système de santé est en pleine déroute. Les écoles n’ont plus un penny. Il manque des profs, des médecins, des infirmières,  des travailleurs sociaux, des ouvriers du bâtiment, des saisonniers, les rayons des supermarchés se dépeuplent et il y a des restrictions, les délocalisations d’entreprises vers l’union européen se multiplient…et donc, le brexit n’a pas encore été enclenché. Bref, si quelqu’un vous dit que la Grande Bretagne  va très bien depuis qu’elle a voté pour sortir de l’Union européenne, envoyez-le moi, je suis prête à me dévouer pour expliquer. Je dis ça comme ça. 

Loulous: L’Ado cherche un job d’été en France. Il a donc écrit son CV en Français et effectivement, mettre français langue maternelle et anglais langue maternelle, ça fait bizarre. Style le pauvre gosse a une mère qui souffre de troubles psychotiques, de dédoublement de la personnalité… je me sens toute chose. Du coup, il a mis italien bilingue et espagnol bilingue. Ça va pas non plus, ça fait quadrilingue. Ou alors il a hérité des problèmes psychologiques de sa mère…GeekAdo se félicite de ne pas suivre le sport, notamment le foot comme son frère, quand il voit dans quel état ça le met. Alors que sur ordinateur on peut rejouer le match. PrincesseDiva cogite déjà pour son anniversaire, pourtant il y a le temps. Au collège, on fait une party ou pas? PrincesseChipie est ravie, comme toujours. Cette fois parce qu’elle a été sélectionnée pour représenter son école dans un tournois de foot féminin. Mais tu ne sais pas jouer? Ben non, mais comme il y avait personne, le prof a pris des filles qui font du sport, n’importe quel sport. C’est logique. Par exemple, PrincesseChipie fait du netball, une version simplifiée du basket (et en plus, elle n’est franchement douée, juste grande pour son âge) . C’est sûr, ça va l’aider pour jouer au foot. WizzBoy s’est disputé avec un copain à la preschool. C’est la première  fois que ça lui arrive et il l’a très mal pris. C’est quoi ce bazar? Il y a les friends, qui sont nice et les not Friends qui sont not nice mais si un friend change de camps et se met à être not nice, c’est la pagaille. On ne s’y retrouve plus. 

Divers: vous en connaissez vous, des gens qui arrivent à se reposer le pied avec 5 enfants et deux chats ? En plus, c’est dangereux, maladroite comme je suis, je risque de me casser un bras en faisant la sieste. 

Amitié: c’était génial de se parler en vrai, même par écrans interposés. Vive Skype. 

Love: il est en vacances! Il en est très content et moi aussi. Alors forcément pour fêter ça, on prend un café en rentrant de l’école, et après je suis en retard. Voilà. 

Courses: faites 

Sortie: ce soir, sans les enfants (hiiii), sinon, je n’ai toujours pas envie de croiser des gens. Il y a une chance sur deux que ce soit des brexiters, c’est beau l’Essex. 

Envie de: sortir mais sans voir personne. 

Pic: le printemps arrive, timidement jusque dans la jungle mon jardin, entre deux déluges. Même ça, ça ne me met pas en joie. Beuh. 

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Thursday thunder: girlie bullshit

Vous avez vu comme je suis restée très calme hier, pour la journée des droits des femmes? Oui, parce que je ne veux pas me répéter mais ce n’était pas la fête des mères ou un truc équivalent…les sombres crétins qui se sont fendus d’un « bonne fête à toutes les femmes  » hier méritent des baffes. Comme beaucoup de publicitaires débiles qui n’ont pas eu l’air de comprendre. Comment ça, vous réclamez l’égalité des salaires? Tenez voilà un coupon pour une manucure gratuite si vous achetez des faux cils. Ahaha. Vous protestez contre les violences, pour l’avortement, contre la culture du viol, pour l’éducation des filles? Aucun problème. On a pensé à vous avec une promo speciale pour une crème hydratante, et juste  pour célébrer dignement le jour des femmes, paf, on l’a mis dans un emballage rose. Allez, et surtout bonne fête, hein. Un instant, je vais hurler au fond du jardin et je reviens. Mais il faut reconnaître que ces génies du marketing ne prennent pas les femmes pour de pauvres connes qu’une fois par an, pas du tout, c’est en continu. La preuve, je viens de tomber sur un produit extraordinaire. Ça existe vraiment et ça se vend. La girlie glue. Déjà, rien que le nom met en confiance. Cette invention remarquable sert à coller sur le crâne de votre bébé un noeud ou n’importe quel accessoire de préférence rose pour montrer que c’est une fille. Voilà.


Source je previens les âmes sensibles, si vous cliquez là, vous allez vous retrouver sur le site d’officiel de la marque. C’est très mauvais pour les nerfs. 

Ça commence fort, puisque le slogan de cette chose atroce c’est : it’s never too early to be girly, il n’est jamais trop tôt pour être pouffe, en gros, ahaha, j’en ris encore. Je vous rassure tout de suite, c’est un produit naturel compatible avec le véganisme, c’est dire si c’est bio. C’est quand même important comme précision. Et donc ça sert à coller sur la tronche de votre nourrisson un noeud rose, ou à lui flanquer des fausses boucles d’oreille. À trois semaines, c’est l’accessoire indispensable de tout bébé fille. C’est évident, je ne vois même pas comment on a pu s’en passer avant. Figurez-vous que la créatrice (oui,  c’est une femme) a eu cette idée géniale parce qu’elle en avait marre que sa fille nouvelle née soit chauve. Elle avait beau lui mettre des bandeaux (roses probablement) sur la tête, ça ne tenait pas. Pas moyen de lui mettre la  moindre barrette à noeud, paillettes et fanfreluches sooo girly  non plus. Franchement, c’est mal conçu tout ça, voilà que les bébés filles ne sont pas livrées avec long cheveux inclus, comme les barbies. C’est un scandale. Sans compter que du coup, tout le monde demandait à cette pauvre femme si elle avait pondu un garçon ou une fille. Ça l’a contrarié. Heureusement, c’était une petite maligne qui a donc inventé une colle révolutionnaire pour martyriser sa gosse décorer  mieux qu’un œuf de pâque le crâne de son bébé fille. C’est tout simplement admirable. Et sinon, ça n’a rien à voir mais que font les services sociaux? 

Je trouve ce truc infâme et le marketing autour à vomir. Des accessoires pour toutes les occasions? Ahaha, parce qu’à trois mois, on a une vie sociale débridée qui demande de changer de fausses boucles d’oreille collées plus souvent que de couches? Mais ce qui m’énerve, c’est que ce sont des mamans qui éprouvent le besoin de coller un bout de feutrine sur le crâne de leur bébé, pour en faire dès la naissance des apprenties poufiasses. Pourquoi? Qu’est-ce qui peut bien se passer dans la tête de ces mères? Un bébé de quelques semaines garçon ou fille a besoin qu’on le nourrisse, qu’on le change, qu’on le câline, pas qu’on lui colle littéralement sur le front le poids de ses préjugés sexistes. Je n’ai rien contre les girly girls mais si ça vient des gamines, pas si ça leur est imposé par une mère décérébrée pour qui féminisme doit être un gros mot. Bien sûr, même si je déteste ça, mes filles ont des barbies et des petits poneys  (les écuries nationales, c’est du pipi de chat comparé aux hordes équestres à paillettes qui nous ont envahis). PrincesseChipie a une chambre mauve avec des papillons. C’est elle qui a choisi. PrincesseDiva a eu une chambre rose, à sa demande (depuis ses murs sont verts et noirs. C’est horrible aussi). Mais elles ont aussi joué avec des dinosaures, des playmobils de pirates ou de pompiers. Bref ce qui leur plait, pareil pour les garçons. WizzBoy a une passion dévorante pour les transformers en ce moment, mais ils font régulièrement de l’équitation sur une licorne rose. Et c’est très bien comme ça. Je ne comprends pas ce besoin de faire de ses gamines des petasses dès le berceau. Ça me sidère tellement que je ne sais pas quoi dire. Et après, on se demande pourquoi les publicitaires confondent la journée internationale pour le droit des femmes avec une grande braderie rose…

Le seul truc qui me console, c’est que je connais une maman niaise et anti féministe comme ça. Elle a nunuchifié sa fille depuis la naissance aussi. Ça a marché au début. Mais maintenant la gamine, qui à l’âge de GeekAdo est goth et veut être mécanicienne pour motos ou tatoueuse. J’adore, sa mère beaucoup moins. You go girl! 

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Girl power bis

À l’occasion du women’s day, je me suis dit qu’il fallait revenir sur une anecdote qui s’est passée dans l’ancienne école primaire des filles. Parce qu’on est mercredi, pas jeudi et que je ne veux perturber personne en piquant une colère avec un jour d’avance. Sinon, je pourrais facilement m’énerver. La journée internationale des femmes, coincée entre la journée mondiale du tennis le 4 mars et celle de la plomberie, le 11, ça m’agace profondément. Les droits des femmes, c’est tous les jours. Et je ne parle même pas de toutes les opérations commerciales profondément sexistes que des as du marketing ramollis du cerveau et d’ailleurs pondent pour l’occasion. Mais bon, je reste calme. A peu près. 


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Il y a 3 ans, dans notre ancienne école primaire, l’institutrice de PrincesseDiva a voulu montrer à ses élèves, et plus particulièrement aux filles, que les femmes réussissent très bien dans la vie. Alors bien sûr, j’applaudis bruyamment! Ça, c’est une initiative magnifique, bravo la maîtresse….j’étais prête à aller la féliciter en personne (j’étais prof de français là bas…) quand PrincesseDiva m’a décrit la chose plus en détail. Et là, j’ai beaucoup moins apprécié. Ma fille était dans une classe équivalente au CE2. Si je me souviens bien, à l’époque du CE2, ma pire angoisse, c’était de perdre toutes mes billes à la recréation. Ou que ma petite sœur finisse toutes les chocolatines du goûter avant que je rentre de l’école (J’ai failli écrire pains au chocolat! C’est l’influence parisienne de Marichéri), pas de savoir si j’étais trop grosse. D’ailleurs le concept de calorie ne m’évoquait rien. Et bien maintenant, en tout cas en Angleterre, les petites filles de 8 ans parlent ligne, kilo et régimes…Au lieu de faire des plans de cabanes géantes, des attaques de camps indiens, ou des pistes spéciales gamelles en vélos. Et quand on demande par hasard à ces adorables enfants ce qu’elles veulent faire plus tard, elles répondent innocemment chanteuses, top model, ou esthéticiennes. Pas astronautes, poètes ou chirurgiens. En sachant tout ça, car elle le sait pertinemment, ce génie pédagogique qui est en charge de la classe a eu l’idée lumineuse de leur parler de deux femmes qui ont réussi: Victoria Beckham et Cheryl Cole. C’est à dire des Wag ou ex Wag, ( ça veut dire: wife and girlfriend, pour ne pas dire pouffes de footballeurs) , bref des autorités intellectuelles, pas du tout obsédées par leur apparence. Victoria Beckham, qui respire littéralement la joie de vivre, qui sourit quand elle perd une dent (ça diminue son poids sur la balance!) et se nourrit grassement d’une demi laitue tous les trois ans, et Cheryl Cole, connue pour…euh….attendez, elle a vaguement meuglé chanté, et a été mariée à un footballeur. Elle fait des pubs de shampoings….voilà, voilà. Je ne dis pas, elle est peut être d’une intelligence rare, d’une culture et d’un raffinement incommensurables. Si ça se trouve, loin des caméras, elle se passionne pour la littérature médiévale ou l’étude de la physique quantique. Malheureusement, elle n’en parle jamais en public. Et cette institutrice révolutionnaire n’a trouvé que ça à donner comme modèle à des gamines de 8 ans. Parce que c’est sûr en Angleterre, on ne pouvait pas en trouver d’autres, on manque singulièrement de femmes qui ont réussit.

Alors, tiens, je vais essayer d’en trouver d’autres, pour voir. Sans réfléchir, au hasard. Par exemple, saviez vous que le J devant K Rowling, ça veut dire Joanne. On peut pratiquement dire que c’est un prénom féminin. Et JK Rowling n’a rien réussi, n’est-ce pas? Elle a juste écrit Harry Potter. C’est tout. Alors évidement, elle ne fait pas de publicité pour des faux ongles, et n’a jamais tenté de présenter des émissions de télé réalité. Pas plus qu’elle n’a été mariée à un footballeur. Mais elle ne peut pas du tout inspirer des petites filles de 8 ans qui ont grandit avec Harry Potter? Sérieusement? D’ailleurs, ma fille qui a entrepris d’écrire les aventures d’une fée au comté des champignons (ça s’appelle mushroom county, c’est elle qui l’a trouvé. Je suis très fière d’elle), ça ne lui dirait rien d’en savoir plus sur JK Rowling. Il y a aussi des femmes qui, au lieu de battre des faux cils devant les sportifs n’hésitent pas, bêtement à faire du sport elles mêmes. Si si. Et ce n’est pas comme si il y avait eu des JO récemment, et que toutes les petites filles de 8 ans avaient pu voir à la télé ou en direct les exploits de Jessica Ennis par exemple (championne olympique d’heptathlon et véritable trésor national). Alors bien sur, elle fait de la pub, mais est-elle sotte, ce n’est pas pour du shampoing, mais pour une banque. Ahaha….aucune chance de se retrouver dans la liste de l’instit de ma fille. Sinon je ne sais pas, pourquoi pas la biologiste Nancy Roswell, l’astronaute  et chimiste  Helen Sharman, l’artiste Tracey Emin? ..ou encore Dorothy Hodgins, prix Nobel de chimie, Doris Lessing, prix Nobel de literature, Betty Williams et Mairead Corrigan, prix Nobel de la paix? Je dis ça comme ça. À la limite Lizzie ou même Zaza…

Comme je suis taquine, bien que ne possédant malheureusement pas les mêmes talents pédagogiques que cette admirable instit, j’ai même pensé à d’autres anglaises qui pourraient peut être, éventuellement, sait-on jamais, être de meilleures role models pour des petites filles… des mamans, qui sont médecins, profs, avocates, et se lèvent en avance tous les matins pour préparer les lunch boxes, et repasser les uniformes, ou des mamans au foyer. Comme celles qui se dévouent toute l’année dans le PTA pour récolter des fonds pour l’école et les merveilleux projets pédagogiques de cette instit. Je sens confusément qu’elle a dû être très contente si quelqu’un lui a dit « bonne fête » ou un truc similaire aujourd’hui. Alors que moi, je préviens de suite, je mords. 

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Local hero

J’aime bien regarder notre journal local, l’inénarrable Gazette pour me tenir au courant de l’actualité débridée de mon coin paumé. Par exemple aujourd’hui et en exclusivité mondiale, la Gazette est en mesure de révéler les plans d’une nouvelle piste cyclable. Ça, c’est du journalisme d’investigation! On apprend aussi que le type qui avait volé un pantalon dans une boutique est passé au tribunal et que le juge a rejeté ses circonstances atténuantes: il a affirmé qu’il avait été obligé de voler ce pantalon, parce qu’il s’était malencontreusement fait pipi dessus et qu’il avait besoin de se changer très vite. Et après, on dira que l’Essex n’est pas classe. Enfin bref, au milieu de toutes ces infos captivantes, j’ai découvert aussi que grâce à la générosité du public qui a répondu à un appel aux dons, on va enfin pouvoir célébrer dignement un John Ball day le 15 juillet prochain. Allons bon, c’est qui John Ball? Visiblement, c’est un héros révolutionnaire local dont je n’avais jamais entendu parler. Forcément, ça m’a intrigué.


Source 

Déjà ça commence fort puisque le héros local est né à Saint Alban, dans le Hertfordshire…ce n’est pas si loin que ça, mais c’est même pas le bon comté. En plus on ne sait même pas quand il est né précisément. Ça serait vers 1338, un truc comme ça. De suite, on sent le type important… Par contre, on est sûr que John était prêtre et qu’il vient s’installer à Colchester pendant une épidémie de peste. Ça devait être un petit comique tiens, ce serait vraiment dommage de ne pas célébrer la mémoire de ce joyeux luron. Bon, il faut dire que l’Angleterre au quatorzième siècle, c’est pas folichon non plus, entre les épidémies de peste à répétion et la guerre de cent ans, on s’éclate littéralement. Le pauvre type qui réussit à ne choper la peste et à ne pas se faire envoyer en France pour se faire trucider, il doit trimer comme un fou pour payer des impôts prohibitifs et crève à moitié de faim dans son champs (enfin, le champs de son seigneur, les droits des travailleurs étaient très peu développés à l’époque). Parce que ça avait un coût, toutes ces petites expéditions en France, et qu’on comptait sur les ploucs non pestiférés pour financer tout ça. Et bien sûr pas de Robin des bois à l’horizon pour aider tous ces pauvres gens. C’est là qu’intervient John Ball. 

John est un prête itinérant qui se balade dans tout le coin (même dans mon village!). John fait la tournée des marchés et encourage les paysans à se rebeller. Il s’inspire des théories d’un autre prêtre dissident, John Wycliffe mais il est encore plus radical, un vrai petit cégétiste. Il réclame moins d’impôts, les congés payés et la fin des corvées, ces journées de travail obligatoires et non payées que les paysans devaient aux seigneurs. D’ailleurs John ne serait pas contre supprimer tous les privilèges, ceux du clergé comme ceux de la noblesse et il le fait savoir. C’est osé pour l’époque.  C’est même très mal vu surtout qu’il encourage les paysans à ne plus payer les taxes. Du coup, on le flanque en prison tous les 4 matins pour le calmer, on l’excommunie, on menace de punir ceux qui vont à ses spectacles, meetings, prêches…rien n’y fait, John Ball continue à faire le malin. Sa célébrité dépasse Colchester et l’Essex. Il y a même des gens qui l’écoutent puisqu’une révolte paysanne éclate en 1381, et Ball en est l’un des chefs. Les évêques commencent à en avoir ras la mitre de cet excité, en plus, il prêche en anglais plutôt qu’en latin sous prétexte qu’il veut que les gens comprennent. C’est quoi ce dangereux pervers? Une fois la révolte écrasée dans un bain de sang gentiment réprimée toujours en 1381 (elle n’aura pas durée longtemps) , on attrape John Ball. On le ramène à Saint Alban et on le pend (entre autres joyeusetés), parce que ça suffit comme ça. C’est la gloire pour John puisque même le roi Richard II  se déplace pour assister au supplice, le 15 juillet 1381. 

Bref, Colchester a autant le droit de se gargariser de la mémoire de John  Ball que Saint Alban, mais bon, on n’a pas beaucoup de célébrités locales. Cela dit, je me demande ce qu’on va trouver de festif à faire pour commémorer la pendaison  ce pauvre type. Il n’y a pas à dire, on sait s’amuser dans l’Essex. 

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