La chronologie selon Wizzboy

Wizzboy ne voit pas l’intérêt d’un jour férié le mercredi, c’est bête parce qu’il n’y a déjà pas école. Pourquoi on a mis un jour férié qui sert à rien aujourd’hui? Ses frères et soeurs lui ont expliqué. Tout fier de son nouveau savoir, Wizzboy s’est précipité en bas: « Mamaaan, Maaaaaman, aujourd’hui c’est l’anniversaire de larmistrissse! Larmistrissse, c’est quand la première guerre mondiale, c’était fini. Papaaa, Paaaapa, c’était comment la première guerre mondiale? » Ahaha. Marichéri l’a mal pris.

Comme on vit dans une région qui s’est bien éclatée, littéralement, pendant la première guerre mondiale, Wizzboy voit à peu près ce que c’est. Notre village, comme tous ceux autour, abrite un cimetière militaire anglais. Les écoliers vont tous visiter le mémorial de Notre Dame de Lorette plusieurs fois au cours de leur scolarité. Il y a partout des rappels de la grande boucherie guerre, on ne peut pas y échapper et Wizzboy a commencé à l’apprendre dès la maternelle. L’année dernière, toute la famille a participé, en qualité de traducteurs, aux commémorations qui accueillent d’habitude une délégation anglaise importante. Wizzboy avait déposé un poppy, un coquelicot, comme tout le monde. Il a assez bien compris tout ça, c’est la chronologie qui lui pose problème, et qui, par voie de conséquence, vexe Marichéri. D’un côté, il a bien assimilé que c’était très vieux, mais de l’autre, il a vu des photos, certaines colorisées. Donc, c’est pas si vieux que ça, puisque « les trucs vieux, y’a pas de photo » (il s’est renseigné, aucune trace photographique des chevaliers, pour son plus grand désespoir). Donc, comme il a aussi remarqué qu’on était un chouïa plus vieux que les parents de ses copains (alors qu’on passe pour des petits jeunes pré pubères auprès des parents des potes de L’Ado), ça lui a paru crédible que Marichéri ait pu participer.

Wizzboy a un peu de mal avec la chronologie familiale. Logiquement, tout ce qui date du siècle dernier, c’est très vieux, comme papi et mamie (et je suis désolée, je sais que mes parents et ceux de Maricheri me lisent, mais je suis sûre qu’ils ne lui en voudront pas trop). Mais voilà-t-il pas que L’Ado aussi date du vingtième siècle! Wizzboy trouve ça nul. Ce n’est pas un siècle de naissance pour les grands parents, un pour les parents et un pour lui et ses frères et sœurs, alors que ça serait beaucoup plus simple, franchement, on y met de la mauvaise volonté. Cela dit, alors que Wizzboy pense qu’on est multicentenaire, L’Ado justement, a cru pendant longtemps que son père avait 10 ans parce qu’il était très grand, et moi le même âge que lui (d’où mon insistance pour avoir 4 ans et demi, c’est forcément vrai, c’est L’Ado qui l’a dit!). Wizzboy trouve ça fumeux, qu’il y ait pu avoir une première guerre mondiale, la naissance de ses grands parents, celle de ses parents et surtout celle de son grand frère, tout ça pendant le même siècle.

On lui a montré des photos d’ancêtres (on a toute une collection de vieilles photos familiales dans notre montée d’escalier, on en est très content), tu vois, ça c’est le papi de papi, et lui, il a connu la première guerre mondiale. Même le papa de papi était pas né. Ah oui, quand même, ça fait longtemps alors…voilà donc Marichéri n’y était pas. « Ah oui, d’accord. Et la deuxième guerre mondiale, c’était avant alors? »…c’est pas gagné.

Publié dans vie de famille | Tagué , , , , , | 9 commentaires

Mardi tourisme: Monte Alban

Je reste dans mes souvenirs mexicains cette semaine encore alors que je vous avais promis une autre destination, mais c’est à la demande de…Wizzboy! Il a voulu savoir ce que je faisais la semaine dernière, je lui ai montré et il a été très déçu: ben, elles sont où, les pyramides alors? Du coup, je suis bien obligée de ressortir encore une fois mes photos ratées et vieillies pour lui montrer des pyramides, non? J’aurais pu vous parler de Teotihuacan, à côté de Mexico avec sa haute, très haute, extrêmement haute pyramide du soleil qu’on croit qu’on a atteint le sommet et paf c’est une ruse, c’est juste un palier et il y a encore une foultitude de marches, rhaaa. Mais je m’emporte. J’ai préféré vous amener à Monte Alban, à côté de Oaxaca dans l’état du même nom, au Sud de Mexico, juste pour faire ma crâneuse auprès de mon fils, parce que ces pyramides-là, elles sont peut être beaucoup plus petites, mais je suis rentrée dedans. Si. Wizzboy est vivement impressionné.

Alors donc, le site de Monte Alban est déjà sublime rien que pour le paysage. On est quand même à presque 2000 mètres d’altitude, on sent de suite que les Zapotèques ne se sont pas installés là par hasard. Monte Alban a été une des plus importantes villes méso-américaines, avant l’arrivée des aztèques. Elle a connu son apogée aux alentours de 750 où elle comptait plus de 5000 habitants. Je ne sais pas si la visite se fait toujours pareil, mais il y a 20 et quelques années, on arrivait directement sur la grande esplanade centrale, bordée de bâtiments religieux et administratifs (Il y a même une sorte de stade). A chaque bout (Nord et Sud), il y a des volées d’escaliers qui amènent sur des plateformes, qui abritaient apparement les logements des dignitaires mais il n’en reste plus rien. Par contre, on peut encore voir une multitude remarquable de bas reliefs magnifiques, certes, mais c’est clair que les Zapotèques n’étaient pas que de grands bâtisseurs et artistes quand on voit les scènes de sacrifices humains. Cela dit, ces sculptures sont vraiment extraordinaires.

Sérieusement, cet endroit m’a profondément marqué. Je crois même que c’est un des sites que j’ai jamais visité, qui m’a le plus impressionné (et je ne parle pas que du Mexique). Avec mon budget limité, je voyageais en bus de nuit de troisième classe, ceux qu’on voit dans films avec le sol en carton, les poules qui volent et le volant qui tient avec un fil de fer (je vous raconterai mes aventures en bus mexicains une autre fois, si ça vous intéresse). J’étais généralement la seule non indienne et la curiosité des autres passagers était encore décuplée quand ils se rendaient compte que j’étais étrangère, et même une primermundista (une fille du premier monde, littéralement, par opposition au tiers monde-la formule m’a toujours beaucoup gênée). Enfin bref, j’ai débarqué au très petit matin au fin fond de la gare routière de Oaxaca et mes compagnons de voyage m’ont très gentiment placée pratiquement de force dans le bus qui allait partir pour Monte Alban (c’etait ma faute, j’avais dit que je voulais y aller) où j’ai été accueillie à bras ouverts et sans payer: c’était le bus de service qui amenait les employés, ils étaient ravis d’embarquer une touriste matinale avec eux, je n’avais pas intérêt à refuser. C’est comme ça que j’ai pu entrer sur le site complètement désert, avant l’ouverture officielle. Et que j’ai assisté, sans personne autour, au lever du soleil depuis une des plateformes. Voilà, c’est un des moments les plus magiques de ma vie de touriste. Je n’ai pas de mot pour décrire le spectacle de la lumière du soleil qui monte peu à peu sur les montagnes autour et qui s’avance sur les pyramides. C’est indescriptible.

Après ça, j’ai eu beaucoup de mal à supporter les hordes de touristes qui ont commencé à se déverser en continu. Je garde depuis une aversion probable injuste, pour les voyages organisés en général et ceux des ASPTT en particulier. Oui, je parle français et non je ne veux pas discuter avec vous. On s’en fout de vos varices et de la rougeole du petit dernier, fermez-la deux minutes et regardez autour de vous enfin! Ça sert à quoi de faire des milliers de kilomètres si c’est pour ne pas voir plus loin que le bout de son nez?…Du coup, pour retrouver une peu de sérénité et malgré une certaine appréhension, due d’avantage à ma claustrophobie naturelle qu’à mes souvenirs télévisuels de Scooby Doo, je n’ai pas hésité: pour la seule et unique fois, je me suis engouffré dans une pyramide pour échapper à la foule (je précise que c’était parfaitement autorisé, je ne sais pas si c’est toujours le cas). Cela dit, soyons honnête, c’est assez décevant, parce qu’il fait quand même très sombre, à l’intérieur d’une pyramide. On n’y voit absolument rien. J’étais légèrement en panique et à tâtons quand j’ai fini par ressortir au sommet, sans savoir comment j’étais arrivée là et je me suis empressée de redescendre par les escaliers, une fois que j’ai arrêté de trembler de partout, je veux dire. Mais un quart de siècle plus tard, ça me sert toujours à faire impression auprès de mes enfants, comme quoi, j’ai eu raison de risquer de tourner de l’œil dans le noir total, sous des ruines Zapotèques.

A part Monte Alban, la ville « moderne » (construite par les conquistadores) de Oaxaca même est une splendeur que je conseille aussi vivement. D’ailleurs, je vous laisse avec son palacio municipal et son ciel à couper le souffle qu’on devine quand même malgré la dégradation de la photo.

Publié dans Tourisme | Tagué , , , | 8 commentaires

Sunny Monday #46

Après Penny la semaine dernière pour illustrer la couleur noire choisie ce mois-ci par Bernie, je continue dans le personnel avec un petit bout de notre porte d’entrée, volontairement mal cadrée pour caser la cloche dont j’aime beaucoup aussi. Comme on a restauré toute la maison, on a évidemment consciencieusement lavé, poncé, repeint, ciré cette porte, persuadés qu’il s’agissait de celle d’origine. Et puis, on a appris que la maison était plus vieille qu’on le croyait. La porte nous a soudain paru très moderne pour l’âge de la maison. Effectivement, la porte d’origine a été mitraillée et défoncée un matin de janvier 1944 par la gestapo venue (mais trop tard) chercher le docteur résistant qui vivait ici. Non seulement il avait fui quelques heures plus tôt, mais il a survécu et fait par écrit, lorsqu’il est revenu après guerre, l’éventaire détaillé des dégradations subies par sa maison, (à commencer par la réduction en miettes de sa porte) et des réparations qu’il a entreprises. Il s’agit donc d’une « nouvelle » porte qu’il a fait installer fin 1944. On en est quand même très content.

Publié dans vie de famille | Tagué , , , , | 16 commentaires

Projet 52: pluie

Pour le thème choisi cette semaine par Ma’, il fallait que j’aille dans les archives. Pour nous la pluie, ça évoque forcément nos 10 ans en Irlande. On y est arrivé en octobre, il tombait des trombes d’eau torrentielles à faire passer la saison des pluies mexicaine pour du pipi de chat. Ça ne s’est plus arrêté pendant 6 mois. Bref, j’ai fouillé dans nos photos irlandaises, mais c’est encore Marichéri qui a fini par choisir. On ne voit pas la pluie, mais on la devine à nos capuches. On n’allait pas se laisser abattre par un peu d’humidité, on est quand même allé visiter Kells sous le déluge, nos petits Anglo irlandais n’ont pas été perturbés plus que ça. Je précise évidemment que c’était en plein été.

Publié dans vie de famille, Tourisme | Tagué , , , | 10 commentaires

Friday feelings #292

Je suis plus ou moins dans les temps pour les états d’esprit (imaginés par ma copine Zenopia)

Fatigue: nerveuse, très nerveuse.

Condition physique: affligée. Si, si, c’est une condition physique, en tout cas, je le ressens physiquement.

Humeur: si je dis guillerette, ça ne fait pas crédible du tout, non? Ben, c’est normal!

Esprit: j’avais promis d’arrêter de faire « bouh! » après halloween mais finalement, c’est encore à propos.

Estomac: heureusement qu’il y a toujours du café, vive le café!

Culture: Wizzboy apprend la géographie grâce au foot, ça compte?

Boulot: j’ai passé trois jours à essayer de me dépatouiller sur le site de la BNF en général et dans leurs archives presse en particulier…c’est pas possible, qui a fait ça? Que le dangereux malade qui a pondu un système de recherches aussi peu pratique se dénonce de suite, que je le morde! Ça m’a très légèrement contrariée. Ou alors, c’est peut être que j’étais déjà énervée et à cours de patience? Nooon, ça ne peut pas être ça…

Message perso: attention, ça va être long. C’est pour tous ceux qui me reprochent de me mêler de ce qui ne me regarde pas quand je parle des élections américaines. Je vais leur expliquer pourquoi ça me touche de près, en faisant comme eux, c’est à dire en ne voyant pas plus loin que mon petit intérêt personnel. C’est très simple, mais il faut quand même que j’en passe par un peu de macro politique: Boris Johnson, premier ministre britannique, a été très clair sur le sujet. En cas de réélection de Trump, il claque la porte de l’Union européenne sans accord, c’est le brexit dur. Pourquoi? Parce que Trump lui a promis un accord commercial qui lui assure de ne pas couler complètement. Si Trump ne passe pas, pas d’accord (les démocrates y sont farouchement opposés, et l’ont dit haut et fort, car le Brexit remet en cause les accords de paix Nord Irlandais). Johnson se retrouve sans allié, sans débouché économique, sans rien. Il sera obligé de négocier vraiment avec Bruxelles, c’est d’ailleurs pour ça qu’il fait traîner les choses en attendant les résultats américains. Ça ne veut pas forcément dire qu’on échapperait à un brexit dur, loin de là, mais ça change considérablement la position de Londres, prête alors à de mini accords sur des points précis notamment pour régler plusieurs problèmes pratiques (encore une fois, ce sont eux qui le disent, je n’invente rien). En quoi ça me concerne alors qu’on ne vit plus en UK? Alors déjà, on y a beaucoup d’amis, dont certains (je pense à Tata F., qui se reconnaîtra) qu’on considère comme de la famille. Mais aussi parce que le boulot de Marichéri est toujours à Londres, et un brexit dur (sans les assouplissements des mini accords) aurait des conséquences notamment administratives, sur notre vie. Sinon, l’état du monde dans lequel grandissent mes enfants, ça me touche aussi beaucoup…

Avis perso: voir au-dessus.

Loulous: L’Ado découvre les joies des cours à distance en France et la nullité informatique des profs de fac qui ne sont pas fichus d’allumer leur micro. Ça l’a surpris. Il ne dit pas que tous les universitaires britanniques sont plus modernes que tous leurs collègues français, juste que ses profs à UCL étaient plus dégourdis informatiquement parlant, que ses profs à La Sorbonne. Après, il est en langues, pas en sciences…GeekAdo a d’ailleurs plus de chance, ça se passe relativement bien. Sauf que Marcel a décidé de l’aider et de participer à ses cours en ligne (il est déjà mondialement connu, au moins, après avoir squatté plusieurs fois la caméra et le micro de Marichéri, toujours pour aider bien sûr). Bref, la moitié des camarades de GeekAdo ont eu les tympans détruits par les miaulements stridents du chat qui protestait de se faire éjecter. MangaGirl ne décolère pas. Elle exige que les lycées soient confinés aussi, pour de simples raisons de paresse, d’équité avec ses frères, de prudence. Ahaha. PrincesseChipie devient de plus en plus une locale. Il gèle le matin. Je suis emmitouflée sous trois pulls, un gros manteau, et je grelotte. Elle se balade pratiquement en bermuda. Ça me dépasse. Wizzboy a bien compris qu’il ne faut pas échanger son masque à la récré avec les copains. De toute façon, c’est lui qui a les masques les plus cools, il va pas se faire avoir et se laisser refiler un masque trop nul. Je suis rassurée. Un peu.

Divers: clairement. Je veux dire qu’il fait froid, ça sent l’hiver.

Amitiés: toujours virtuelles pour l’instant.

Love: il est persuadé que Marcel fait exprès de faire son intéressant, en sniffant la caméra pour apparaître en gros plan, en passant et repassant, queue en l’air derrière lui, en se vautrant, tête en bas au dessus de l’écran…

Penser à : bien fermer la porte du bureau quand Marichéri est en appel.

Courses: après la folie pré confinement, le village a retrouvé son calme. Comme dit la buraliste, alias la dealeuse de cartes panini de Wizzboy, c’est encore ces c*ns qui travaillent en ville et qu’on voient jamais d’habitude qui sont venus nous faire ch*er. Elle n’a pas tout à fait tort.

Envie de: une vie de chat, ça a l’air sympathique.

Pic: la preuve

Publié dans Les colères, vie de famille | Tagué , , , , , , | 17 commentaires

Throwback Thursday thunder: USA 2016

Au cas où je n’aurais pas été claire hier, voilà ce que j’ai écris au lendemain de l’election américaine de 2016. Je le pense toujours et même plus. Ce matin là, pour la première fois en réveillant GeekAdo je ne lui ai pas dit bonjour. Je lui ai dit : je suis désolée. Je vous rassure, j’ai dit bonjour après. Mais je suis désolée du monde dans lequel mes enfants grandissent. Je suis désolée parce que c’est ma faute. C’est la faute de tous les adultes qui foutent en l’air l’avenir de leurs enfants sans même s’en rendre compte. Qu’est-ce qu’on a fait pour en arriver là, qu’est-ce qu’on a raté? Quand je vois ma colère face à la génération au-dessus, celle des baby boomers, j’imagine combien mes enfants nous en voudront de n’avoir pas su protéger leurs libertés. Parce que c’est ma faute, ok, mais la majorité des retraités, vous avez fait très fort! Que ce soit en Angleterre avec le brexit ou aux US, vous êtes phénoménaux de racisme, d’aveuglement sectaire et d’imbécillité totale. Les britanniques de moins de 45 ans ont voté pour l’Europe. Ce sont les plus de 45 ans qui ont voté brexit. J’ai vu passer une infographie très intéressante. En tenant compte de la répartition des votes par tranches d’âge, si on enlève les électeurs décédés depuis le 23 juin et si on rajoute ceux qui ont eu 18 ans, le résultat du référendum serait exactement inversé. Qu’est-ce ce qui autorisent les adultes à foutre en l’air sans réfléchir l’avenir de leurs enfants et petits-enfants, ou du moins à laisser faire sans réagir?


Source
Il paraît qu’aux États Unis, l’élection de Trump était un vote de protestation contre les élites. WTF?!? Un milliardaire, ce n’est pas l’élite? Et puis, ça va pas mieux, on ne vote pas pour « leur » montrer qu’on n’est pas content…C’est sûr, en Angleterre, vous avez bien montré votre colère, et on en voit déjà les résultats, mais montrer à qui? Sérieusement, qui s’en prend déjà plein la tête à cause du brexit? Qui voit son pouvoir d’achat fondre à cause de l’effondrement de la livre sterling? Qui a peur de perdre son boulot parce que les entreprises ferment ou déménagent? Qui a du mal à faire ses courses parce que les prix dans les supermarchés flambent déjà? Qui voit les allocations et les retraites diminuer? Vous croyez que c’est David Cameron? Que ce sera Hilary Clinton aux US? Ou vous bande de décérébrés qui vous tirez une balle dans le pied en criant victoire? Je suis atterrée. Les cons prennent le pouvoir partout. Ils détruisent allègrement toutes les valeurs auxquelles je crois, je ne sais plus où j’en suis. Surtout que je deviens égoïste aussi, comme eux, égoïste et méchante. Je me contrefiche des messages larmoyants reçus ce jour là de la part de gens qui venaient chouiner sur le résultat des élections américaines mais qui me disaient de la fermer avec mon brexit, qu’ils s’en foutent ou que c’est bien fait pour nous, on n’avait qu’à pas partir. Et après, ils venaient pleurer à l’élection de Trump! Mais il a été élu par des gens comme vous. Qui sont aigris au point de condamner les choix de vie des autres sans savoir pourquoi, parce qu’on n’a pas le droit d’être différent, ou juste par paresse. Par laisser-faire.

On a craqué, on est rentré en France. Pas parce que je pense la France à l’abri de la vague de populisme qui submerge le monde, loin de là. Mais ça n’a pas été, comme je le craignais en 2016, un échec complet, bien au contraire. Je reste persuadée que c’était la seule solution. Mais c’est quand même une abdication de mes rêves et de tout ce en quoi je croyais. C’est un peu donner raison à tout ceux qui refusent la tolérance, la liberté, l’ouverture aux autres, à tout ceux qui considèrent qu’être né par hasard quelque part oblige à ne jamais en bouger. Mais les brexiters l’ont dit, et continuent à le hurler d’ailleurs, les électeurs de Trump aussi, le monde se ferme. Alors qu’est-ce qui est le mieux pour mes enfants? On continue à se battre, en pure perte, ou renoncer?

Je suis désolée pour mes enfants. Ils ne grandiront pas avec cet immense espoir en l’avenir que j’avais à leur âge, avec ce formidable élan de liberté et de tolérance que ma génération a connu . Et gâché, par égoïsme ou par paresse. (Je précise par rapport à 2016 que je me contrefiche de qui est en face de Trump. Ça serait une plante en pot, ça serait pareil, je ne fais pas de commentaire sur la politique intérieure américaine, mais sur la symbolique du trumpisme).

Publié dans Les colères | Tagué , , , , | 2 commentaires

Heureux les simples d’esprit…

Contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser, je ne vais pas me lancer dans un prêche, je ne suis pas en pleine crise mystique. Juste en pleine crise de nerfs. Et ce titre n’est pas non plus méprisant, c’est tout à fait sincère. Je suis même envieuse de la sérénité dont font preuve certaines personnes, qui ignorent totalement ce qui peut bien se passer plus loin que le bout de leur nez. Ils sont heureux, sûrs d’avoir toujours raison, sûrs de leur bon droit, ils ne s’en font pas pour l’avenir et de toute façon, c’est la faute des autres si ils ont un problème. Bref, ils sont heu-reux. Et moi à côté, avec mes velléités intellos ratées, je suis juste stressée. Clairement, je loupe quelque chose.

Source

Marichéri qui est un grand philosophe, m’a fait remarquer, alors que je m’étonnais de la naïveté d’une personne qui ne comprenait pas pourquoi l’élection américaine me stressait, puisque je ne suis pas américaine, Marichéri donc, m’a fait remarquer qu’on est bien plus heureux en ne sachant rien qu’en se prenant la tête en continu à traquer la moindre bride d’information, la plus petite analyse, la plus microscopique des études. Mieux encore, en ignorant superbement la politique internationale, l’histoire (parce que bon, ce sont bien des parallèles historiques qui démultiplient mon angoisse), l’économie, et même les droits des autres, on ne s’en fait jamais pour les conséquences. On est très content avec deux ou trois buzzwords qui s’adaptent à tout, on ne s’inquiète pas. C’est merveilleux. En tout cas, ça a l’air beaucoup plus confortable que de se laisser ronger en permanence par le doute et une terreur plus ou moins intense de l’avenir.

Regardez Trump qui crie déjà victoire, il ne se pose jamais de question, il ne doute de rien, mais il n’est clairement pas dépressif, lui. C’est beau, cette assurance chez les gens comme lui, ce mépris pour la réalité dès qu’elle ne colle pas à leurs désirs, ces convictions venues d’on ne sait où mais tellement profondes… Bref, comme dit Marichéri, les gens sont cons certes, mais plus ils sont cons, plus ils sont heureux. Ça doit être tellement reposant d’être aveugle et sourd à tout ce qui pourrait déranger ses certitudes, de ne jamais se poser de question, d’être aussi sûr de soi, de ses croyances, de ne jamais chercher à comprendre, de ne pas s’inquiéter de ne pas comprendre. J’insiste parce que je me rends bien compte que ça ne saute pas aux yeux, mais j’envie la sérénité des gens comme ça, tout à fait sérieusement, il n’y a aucune ironie de ma part.

Et là, alors que je suis en apnée, morte de trouille en imaginant tous les scénarios possibles et imaginables, je me dis qu’ils ont bien de la chance, ces soit disant simples d’esprit. L’intelligence (suffisamment pour ce rendre compte qu’on n’en a pas tant que ça, je veux dire) et la connaissance (assez pour savoir qu’on ne connaît rien), c’est clairement surfait.

Publié dans Les colères | 9 commentaires

Mardi Tourisme: le quartier du Zocalo, Mexico D.F.

Marichéri a toujours de bonnes idées. Je cherchais une inspiration pour le mardi tourisme, et il m’a fait remarquer qu’en ce moment, on a besoin de se changer les idées, de voyager virtuellement en attendant de pouvoir à nouveau le faire IRL. Il m’a donc suggéré d’abandonner momentanément les balades locales ou landaises et d’aller plus loin. Justement, le plus loin où je suis jamais allée, c’est le Mexique, et même la capitale, Mexico, ou pour faire local: Mexico D.F (comme Washington D.C.), pour districto federal. J’y ai vécu quelques temps, il y a plus d’une vingtaine d’années, pour mon stage de fin d’études. Comme ça m’a beaucoup plu, et que mon maître de stage a proposé de me garder, j’y suis restée plusieurs mois après, jusqu’au jour exact d’expiration de mon visa, dégoûtée de devoir rentrer en France mais avec la ferme intention de revenir dès que possible. J’avais même une offre de job sur place: mon patron avait essayé de me convaincre de faire un mariage blanc, avec un collègue gay qui ne voulait pas que sa famille le sache, pour régler ce bête problème de visa et m’embaucher directement…euh…c’est peut être une coutume locale, mais ça ira merci, je vais rentrer en France et redemander un niveau visa, ça ira aussi. Et puis, une fois rentrée, j’ai croisé un grand garçon de 6m08, j’ai oublié le Mexique et je me suis finalement retrouvée en Irlande, mais je m’éloigne du sujet. Revenons à Mexico D.F, et plus précisément au quartier du Zocalo, la grande place où se trouve le palais présidentiel et la cathédrale.

Mexico D.F. est immense, elle fait à peu près 1500 km2 (pour vous donner une idée, Paris n’a qu’une superficie de 105 km2). Quand on arrive de nuit, c’est impressionnant: avant d’atterrir, on voit les lumières de la ville à perte de vue, sans fin. Sauf des taches sombres au milieu de l’immensité de la ville, dues aux bidonvilles sans électricité (à l’époque, je ne sais pas maintenant). Même mes collègues mexicains se perdaient dès qu’ils sortaient des delegaciones (un peu comme des arrondissements) qu’ils connaissaient. Il n’y a pas un centre ville, mais des centres ville et même des centres dans les centres. On va donc rester pour aujourd’hui dans un petit périmètre, le centre historique, celui où les conquistadors espagnols ont commencé à s’installer après avoir gentiment rasé la ville aztèque. On commence par la place elle- même, le gigantesque Zocalo, dont le nom officiel est Plaza de la Constitucion, qui fait quand même 240 mètres de long par 195 de large.

On y trouve le palais présidentiel, ou palacio national qui occupe tout un côté. Les conquistadores ne se sont pas embêtés, ils l’ont construit en 1522 sur le site même du palais de Moctezuma, l’avant dernier empereur aztèque. Tout autour de la place, il y a des bâtiments administratifs qui datent aussi des conquistadores, des grands magasins, implantés par des français d’ailleurs, venus de Barcelonnette au dix-neuvième et qui ont amené dans leurs bagages ce modèle de commerce, tout nouveau à l’époque, type Bon Marché. Il y a aussi les hôtels et les cafés, bourrés de touristes américains reconnaissables avant même qu’ils ouvrent la bouche et à qui ont fait payer le double des locaux, ou de la petite française là, qui a droit à un jus d’orange gratuit pour avoir ri aux blagues anti gringos du patron (j’en profite pour expliquer « gringos », terme dérogatoire désignant les américains qui vient de la contraction de « Green go home », popularisé pendant la guerre de 1846 entre Mexico et les US et due aux uniformes verts des soldats américains). Enfin non, on ne me prenait pas pour une française d’ailleurs, mais pour une Argentine. Apparemment, j’avais l’air d’être hispanophone, mais avec un accent argentin venu d’on ne sait où. Sur le zocalo, il y a bien sûr un monde démentiel, une nuée de taxis ignorant superbement le code de la route (qui est probablement une invention maléfique des gringos et qui donc ne les concerne pas le moins du monde), des vendeurs de rue qui vous haranguent en essayant de vous refiler tout et surtout n’importe quoi, des couleurs qui explosent de partout…j’adore. Sur le côté de la place, à gauche en regardant le palais présidentiel, vous avez la cathédrale, construite en 1571 par les espagnols toujours sur les ruines d’un temple aztèque, et même avec les ruines des aztèques, puisque les conquistadores ont réutilisé les pierres, quitte à coloniser un pays et détruire une civilisation autant y aller à fond.

Cela dit, en marchant un peu, on tombe sur le musée nacional, et là, on voit enfin l’héritage aztèque. Mais soyons clair, c’est génial de mettre en valeur ses racines, de célébrer le génie des aztèques et tout ça…mais bon, l’expo interminable sur la culture du maïs indigène ou celle sur les plans de tomate pré colombiens, honnêtement, ça m’a moyennement enthousiasmé. Alors qu’à côté de ça, il y a des choses sublimes dans ce musée. Et d’autres un peu gore aussi, parce que les aztèques, avant d’être sauvagement massacrés par Cortes et ses potes, avaient un chouïa exterminé ceux qui les gênaient aussi et je ne parlerai même pas des sacrifices, brrr. On va ressortir, et aller plutôt admirer les quelques ruines aztèques du coin qui ont échappé à la destruction totale. Il s’agit de la base d’une pyramide, et juste la base, il fallait bien des pierres aux espagnols pour construire tous les bâtiments autour du zocalo quand même!

D’ailleurs, revenons en arrière. Si on passe derrière la cathédrale, on arrive sur la place des écrivains publics. Je ne sais pas si ils sont toujours là, peut être que l’alphabétisation a fait des progrès, mais j’aimais cette ambiance. Sans compter qu’il y avait beaucoup moins de touristes. En continuant encore, on trouve le palais épiscopal, et son merveilleux patio qui est absolument charmant. Toutes les rues du quartiers méritent une petite balade. C’est évidemment un coin très touristique mais qui reste agréable, et puis, on peut même jeter un œil à l’intérieur du palais présidentiel. C’était formellement interdit, mais qu’on a 20 ans, un grand sourire, un accent argentin qui m’étonnait moi-même et une envie de faire pipi, les militaires armés jusqu’aux dents à l’entrée n’hésitent pas à vous laisser passer et même à faire les guides touristiques jusqu’aux toilettes. C’est la premiere fois que j’ai utilisé cette excuse, qui en l’occurrence n’en était pas une, pour aller fouiner où je n’ai pas le droit. Je m’en suis beaucoup resservi par la suite, j’ai même découvert que c’est encore plus efficace avec un bébé ou une petite fille à couette! Je sens que je m’éparpille encore.

Voilà, les photos datent, elles sont d’une qualité épouvantable, mal cadrées et floues depuis le départ, et jaunies ou bleuies avec les années, mais chargées de souvenirs. Si ça vous dit, j’en ai encore beaucoup en réserve du Mexique (certaines réussies!) et pas que du districto federal, même si je pense déjà à une autre destination pour la semaine prochaine. Marichéri a raison, ça fait du bien de s’évader, même virtuellement. Et viva Mexico!

Publié dans Tourisme | Tagué , , , , , | 5 commentaires

Sunny Monday #45

On passe en noir ce mois-ci pour le rendez vous de Bernie. Je suis obligée de commencer ce thème avec Penny la noireaude, malgré son air étonné. Au moins, ce qui est pratique avec elle, c’est qu’elle a la vivacité d’une moule cuite, on peut facilement la prendre en photo sans qu’elle bouge. Le temps qu’elle se rende compte qu’il s’est passé quelque chose, j’ai déjà posté son portrait!

Publié dans brèves | Tagué , , , , | 5 commentaires

Projet 52: un peu de moi

Tout le monde sait que le photographe attitré ici, c’est Marichéri. C’est quand même plutôt lui qui participe au projet de Ma’. Quand je lui ai dit le thème de la semaine, il m’a juste répondu: donne ta main, et il a sorti son téléphone. Donc voilà, un peu de nous. Je précise que la main poilue n’est pas la mienne. Et que je n’ai pas des mains ridiculement petites non plus. C’est juste qu’il fait 6m08, forcément, il a de plus grandes mains que moi.

Publié dans brèves | Tagué , , , | 20 commentaires