Thursday Thunder: brexit dairy #6

On continue nos aventures dans le monde surréaliste de Zaza première, le navet du diable (merci Axelle pour le nom). Cette pauvre femme n’a pas gagné ses élections à elle que c’est elle qui les a convoquées toute seule parce qu’on avait dit qu’elle gagnerait et c’est trop injuste. Si. Elle avait tout bien dit que Corbyn était un méchant et qu’il ne fallait pas voter pour lui parce qu’il allait carrément faire une « coalition de chaos », comme dans Star War. Ou un truc comme ça. Et même qu’une fois, il y a 35 ans, il a dit bonjour à un irlandais. Donc c’est un terroriste. Nananèreuh. D’abord Zaza, elle est là pour faire le brexit par la volonté du peuple, et toc. Ben manque de chance, il semblerait que finalement le peuple ne sait pas ce qu’il veut. C’est ballot. Et que toujours pour rester dans sa rhétorique de cours de récréation, c’est celui qui dit qu’y est. Parce que Zaza n’a pas gagné certes, mais elle n’a pas perdu non plus, grâce à la logique débile remarquable du système électoral britannique. Dans une tentative désespèrée de se cramponner au pouvoir coûte au coûte, Zaza la sangsue gluante s’est donc alliée avec les unionistes nord irlandais, un ramassi de  fachos intégristes au passé sulfureux pour ne pas dire terroriste. Bref, comme Zaza l’avait prédit, on a effectivement au pouvoir une coalition de chaos, dirigée tant bien que mal par quelqu’un qui n’hésite pas à s’acoquiner avec des criminels. Tout va bien. 


Quand Zaza fait la ola trente ans après tout le monde. J’en ris encore. Source 

Certes je suis un peu dure avec ces chers unionistes. J’ai vécu dix ans en république d’Irlande, j’ai fabriqué trois irlandais, j’ai habité à Drogheda, que ces sombres connards tentaient d’envahir une fois par an pour cracher leur haine sur les locaux au prétexte qu’en leur idole absolue Cromwell en avait trucidé des centaines il y a quelques siècles. Je veux dire que ces grands démocrates que Zaza fait rentrer au gouvernement trouvent normal de franchir une frontière internationale en force et illégalement pour aller parader dans un autre pays dans le but de moquer ses habitants et de commérer leur massacre. Bizarrement, ça ne m’inspire pas confiance. J’irais même jusqu’à dire que j’ai un a priori légèrement négatif sur ces unionistes. Leur parti, le DUP a été créé par le révérend Paisley, gourou d’une église dissidente intégriste protestante et fervent défenseur du maintien par la force de l’Irlande du nord dans le royaume uni. Avec de tels antécédents, on se demande bien pourquoi jusque dans le camp conservateur, certains  s’inquiètent un chouïa que Zaza devienne pote avec eux. Le DUP est la branche politique d’un groupe terroriste, comme le Sinn Fein avec l’IRA.  Ils tiennent tous les catholiques pour des antichrists. Ils sont contre l’avortement. Dans tous les cas. La gamine de 12 ans qui s’est faite violée et est en train de se vider de son sang en faisant une fausse couche, elle n’a qu’à crever c’est sûrement de sa faute. Ils sont contre le mariage pour tous aussi.  En même temps, c’est sympa pour le système de santé, on va pouvoir faire des économies en arrêtant les traitements des personnes atteintes du sida. Puisque c’est une juste punition de Dieu qui ne frappe d’ailleurs que les gays. Pareil dans l’éducation, fini de payer des sommes démentielles pour acheter des bouquins, surtout en histoire et en biologie, alors qu’en bonne bible, ça suffit pour enseigner le creationnisme. Tout le monde sait bien que la terre a été créée il y a 4000 ans tout façon, et pas une seconde plus tôt. Et plus de musique non plus, puisque danser est un péché. Si. J’aimerais vraiment dire que j’exagère, mais malheureusement non. Je passe sur l’apologie de la violence et les crimes contre les catholiques irlandais. Zaza n’a aucune honte. Ce qui compte, c’est qu’elle  reste au pouvoir peu importe le prix à payer y compris celui d’annuler de facto les accords de paix nord irlandais, puisque  l’entrée du DUP dans la majorité gouvernementale les rend caduques. Zaza s’en moque. Elle ne bougera pas du 10 Downing Street, même si elle doit vendre père et mère pour ça. 

 Pendant ce temps, les négocations sur le brexit n’ont toujours pas commencé. Après avoir calmé leur fou rire, Bruxelles, Paris et Berlin ont eu pitié de cette pauvre Zaza. Elle se noie dans son brexit, on va lui lancer une bouée. À prix d’or. C’est bon, si vous voulez, vous pouvez rester, mais il va falloir demander pardon en rampant, renoncer à tous vos avantages et autres petites exceptions et régler quelques petites notes de frais. Bien sûr que vous pouvez revenir dans l’Union européenne, on va vous faire une place. Tenez, là,  dans le carton à côté du local à poubelles. Mais non, Zaza s’accroche à son brexit. Sauf que donc ça n’est plus exactement la volonté du peuple. Le traitre. Il se trouve que les effets commencent à se faire sentir et même le plus obtus des brexiters a mal au porte-feuille. L’inflation galopante fait qu’en monnaie constante les salaires diminuent pour la  première fois depuis la crise. Les rayons des supermarchés souffrent de pénurie sur certains produits. Ça devient compliquer pour beaucoup de familles de faire leurs courses et les soupes populaires ne désemplissent plus. Le marché de l’immobilier est mort ce qui est gênant vu le taux d’endettement des ménages. Airbus vient de se rajouter à la longue liste d’entreprises qui préparent leurs valises. Les coupes budgétaires dans la police sont accusées d’avoir facilité les derniers attentats. Les infirmières européennes ne viennent plus et les hôpitaux ont du mal à fonctionner. D’après un sondage, plus de la moitié des européens diplômés, ceux que pourtant le  gouvernement veut bien consentir à garder un peu parce qu’ils font tourner le pays veut partir. Même les mamans brexiteuses devant la preschool se plaignaient ce matin qu’elles ne peuvent plus aller en vacances en Espagne parce que ça a augmenté. L’une savait même que ce n’était pas la faute des espagnols mais de la livre sterling qui plonge à cause du brexit. Voilà que le peuple se met à avoir des notions de macro économie maintenant, comment va faire Zaza pour les entuber?  En même temps, si le peuple brexiter avait écouté les experts qui leur prédisaient tout ça l’année dernière au lieu de les rejeter d’un revers de bulletin de vote xénophobe, on n’en serait pas là. Le hard brexit si cher à Zaza a du plomb dans l’aile. On ne parle plus que de soft brexit, de petit brexit, de léger brexit, de minuscule brexit gentil. Comment ça, vous pensiez qu’on voulez sortir de l’Union européenne en claquant la porte? Pas du tout. On va se mettre dans le couloir là, juste devant en laissant la porte entre ouverte, ok? À la limite, on peut rester sous le chambranle, un pied dedans, un pied dehors? Voir même juste un orteil dehors. Le petit. Ben pourquoi vous dites que c’est trop tard? 

Quant aux européens qui restent par obligation dans ce pays qui sombre, Zaza dans son affolement parle même de leur offrir peut-être des droits qu’elle qualifie de généreux, c’est à dire qu’elle ne changerait rien à la situation actuelle, enfin pas grand chose. Bref, elle considère que ne rien faire, c’est être généreux. Elle s’attend  à ce qu’on dise merci de ne pas nous déporter? Et elle  entend quoi exactement par pas grand chose? Vu ses antécédents, on a de quoi se méfier de son pas grand chose. Bref, au bout d’un an d’incertitude et de menaces, on n’en sait pas plus sur notre sort. Welcome to brexit Britain.  

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Second induction day

Hier, WizzBoy est retourné à la Big school pour sa deuxième journée d’acclimatation avant la rentrée de septembre. Il va y aller comme ça tous les mardis jusqu’aux vacances. Je ne vais pas vous embêter à chaque fois, mais il était très content de lui encore une fois. Il était surexcité et comptait les jours depuis une semaine, la Big school c’est fun. Et il est un Big boy évidemment. 


Source non ce n’est pas WizzBoy (qui a hérité de mes cheveux…euh…disons bondissants) ni notre école.  Je ne vais pas me faire remarquer en prenant des photos devant l’école, c’est très mal vu. 

WizzBoy était donc ravi de retourner à la Big school, ça lui a beaucoup plus et ça prouve bien qu’il n’est plus un bébé. Je lui avais bien expliqué une bonne centaine de fois en détails qu’on déposait d’abord PrincesseChipie, qu’on rentrait à la maison et qu’on reviendrait un peu plus tard. Ça l’a contrarié. Du coup moi aussi. On en était à un échange de vues pas franchement constructif (Nôôôô, i am NOT going maison, I want schôôÔleuh! Mais tu vas avancer, espèce de nain hurleur?) quand j’ai été sauvée par une voiture de police qui passait par là, négligemment. Il se trouve qu’il est interdit de se garer devant l’école mais que des paresseux  pas fichus de faire 3 mètres à pied petits malins le font quand même. Du coup, les flics du County viennent vérifier de temps en temps et exploser leur quotas de contraventions à mettre. Ça provoque généralement un attroupement de petits gamins ravis qui poussent des cris de joie et un affolement de parents qui piquent des sprints jusqu’à leur voiture. Enfin bref, les policiers ont gentiment fait coucou à WizzBoy et ont même enclenché la sirène juste pour lui. Ça a fait diversion, il a accepté de rentrer sagement à la maison. En faisait Tûût-Tûût-Tûût sur tout le trajet. Une fois rentré, il s’est mis à sauter partout et à demander toutes les demi secondes si c’était l’heure d’aller à la Big school. J’étais au bord de l’infanticide heureuse qu’il soit si enthousiaste. On est donc reparti dans l’autre sens. J’ai une vie trépidante quand même. 

Toute seule, je mets 7 minutes à pied pour arriver à l’école, sans me presser et 4 en courant comme un hippopotame asyhmatique quand je me rends compte que j’ai confondu l’heure de fin du ciné club et avec celle du netball. Avec WizzBoy, c’est plus long. Il faut tourner autour de tous les arbres, observer un escargot. Courir après un chien. Cueillir des fleurs. Sauter dans toutes les flaques si il y en a. Faire l’avion. Mettre le doigt dans tous les trous des palissades en bois. Déchiffrer les plaques d’immatriculation. Compter les nuages. Faire le kangourou à reculons. Essayer de capturer un oiseau. Faire coucou à tous les passants. Perdre un jouet amené en catimini et devoir refaire tout le chemin pour le retrouver. Faire la course avec un chat affolé. Compter les brins d’herbe. Faire le train. Bref, on avait beau être parti très en avance, je pensais qu’on arriverait juste à temps. Pas du tout. WizzBoy a filé comme une flèche et on a dû attendre dans la cours, devant la porte principale fermée pendant 20 bonnes minutes. Heureusement, le grand copain de Wizzboy était déjà là, courant comme un dératé autour d’un arbre. WizzBoy s’est empressé de le rejoindre.  Je sens qu’on va souvent parler de son pote, il faudrait peut être que je lui trouve un pseudo aussi… Wizzpote? Non, ça fait pub pour yaourt à boire et on pourrait confondre avec WizzBoy….LittlePote? Tornade?  J’hésite…

Enfin bref, leur future instit a fini par ouvrir la porte. La semaine dernière, on avait eu le droit de rentrer avec eux dans le hall et de les accompagner jusqu’à leur classe. Cette fois, pour les habituer, ils devaient y aller tout seuls. Aucun problème pour Wizzboy et Littlepote qui ont foncé tête baissée dès que la pauvre femme a ouvert, et se sont rués dedans en manquant de la renverser au passage. Ils ont été suivis par d’autres, plus ou moins timidement, mais une bonne moitié des gamins est restée à hurler en se cramponnant aux jambes des mamans sous le regard légèrement envieux de la maman de Littlepote (sérieusement, qu’est-ce que vous en pensez? Ça va comme nom?) et le mien. Évidement, je suis très contente que WizzBoy soit aussi enthousiaste. Mais bon, un petit calin, un bisou, à la limite une poignée de main, je ne sais pas moi, juste un signe quelconque pour montrer qu’il se souvient de mon existence, ça serait bien aussi! Comme a dit la maman de Littlepote, en regardant avec jalousie les gosses qui se roulaient par terre pour ne pas quitter leur mère, je me sens obsolète d’un coup.  

J’ai récupéré WizzBoy un quart d’heure avant la sortie des grands. La dernière fois, on était allé dans le hall, mais cette fois, ça ne rigole plus, ils sont sortis comme ils le feront en septembre, un par un par la porte principale, sous la surveillance de l’instit qui ne les laisse partir que quand elle voit leur maman. Ça a été long, non seulement elle ne nous connaît pas encore, mais un gamin de cet âge, ça repère parfaitement une fourmi à l’autre bout de la cours, mais pas sa mère en train de l’appeler à  50 centimètres de la porte. Enfin bon, WizzBoy était heureux, c’était cool. Je n’ai pas eu droit à plus de détail. Il est parti en trombe au fond de la cours avec Littlepote en attendant que les grands sortent. L’instit s’est approché de la maman de Littlepote et moi. Ça s’est très bien passé. Elle les a regardé en train de faire les dinosaures épileptiques, avec les bruitages…ils s’entendent bien tous les deux,  ils sont très énergiques….c’est sûr. 

D’après la directrice, cette malheureuse instit a demandé expressément à être dans la classe des petits l’année prochaine. C’est curieux parce qu’elle a déjà l’air fatiguée. Pas WizzBoy, qui est reparti à compter les jours avant mardi prochain, la Big school c’est super mega fun. 

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The Magna Carta

Rien qu’avec le titre, je sens que j’en ai déjà perdu en route…et oui, encore un billet où je vais massacrer l’histoire anglaise. Ils ne sont pas très populaires, mais ça m’amuse. Et j’ai vraiment besoin de m’amuser en ce moment. Alors la Magna Carta, c’est ce qui a servi vaguement de constitution au Royaume uni pendant des siècles et qu’on évoque encore aujourd’hui pour tout et n’importe quoi. C’est d’actualité, puisqu’elle fête allègement ses 802 ans le 15 juin et qu’on parle beaucoup d’elle. Les opposants à Zaza première, le radis rachitique du brexit s’en réclament autant que ses supporters, chaque camps étant persuadé que la Magna Carta lui donne raison, c’est dire si c’est clair.  


Source

Reprenons du début, en 1215. Avant même que les français pensent à élaguer des têtes couronnées, les anglais menaient la vie dure à leur roi. Ils ont obligé le petit Jean (celui de Robin des bois) à reconnaître un début de parlement (avec uniquement des nobles, on ne va pas s’encombrer avec des bouseux non plus, faut pas rigoler), et à ne pas se prendre pour le chef ou faire son malin avec sa couronne ridicule. John n’a rien à voir avec un lionceau hystérique ou un psychopathe mal coiffé en collants, il ne ressemble pas du tout à son image de méchant dans l’histoire de Robin de Bois, qui je le rapelle n’a jamais existé. Jean est né en 1166, c’est le plus jeune fils de Henry II et Alienor d’Aquitaine, c’est à dire que ce grand roi anglais est un migrant. Il doit son surnom au fait que ses parents n’avaient plus de terre à lui donner après avoir distribué des tas de titres à ses aînés. Je résume. Ça n’empêche que les autres petits Plantagenet étaient vraisemblablement de mauvaise qualité, puisque c’est Jean qui se retrouve à devoir faire tourner la boutique pendant que son grand frère Richard fait le malin aux croisades. Le pauvre Jean doit racler les fonds de tiroirs pour payer la rançon de cet abruti de Richard qui a réussi le tour de force de se paumer en Méditerranée sur le chemin du retour et à se faire capturer par l’Empereur germanique. Bref John se tape une réputation de méchant assoiffé d’or juste parce que son frère n’avait pas le sens de l’orientation. C’est scandaleux. Il finit par devenir roi en 1199, et on se dit que ça y est, sa chance tourne. Ben, non. Déjà, il est très peu doué militairement et passe son temps à se prendre des pâtées contre les français. Il perd une partie des terres françaises de ses parents. C’est ballot. Et puis voila-t-il pas que les barons anglais se révoltent aussi et obligent ce malheureux John a signé la fameuse Magna Carta. Elle limite théoriquement les pouvoirs royaux, pose les bases d’une justice indépendante et crée un embryon de parlement. John meurt en 1216, probablement d’ecoeurement. Les avis sont partagés: les cinéastes en mal d’imagination et Disney le tiennent au mieux pour un être ignoble et avare, au pire pour un loser total, les historiens penchent pour un roi qui a su gérer correctement le pays et le moderniser. 

Bon soyons clair, pas mal de rois anglais, à commencer par Jean lui-même se sont gentiment assis dessus la Maga Carta (c’est une image, ce n’est pas un coussin non plus), même si ils la ratifiaient religieusement en arrivant au pouvoir, par politesse. Edward III l’améliore quand même au quatorzième siècle et renforce l’indépendance de la justice pour tous pas que pour les nobles. Les rebelles parlementaires s’appuient sur la Magna Carta au dix-septième siècle pour se débarrasser de Charles II d’un revers de hache (Tout ça pour se taper Cromwell après…c’est encore une image). Au dix-huitième, le parlement décide de se pencher sérieusement sur la Magna Carta et de voir ce qu’il y a exactement dedans. On dépoussière largement tout ça, vous savez ce que c’est une vague constitution qui n’en est pas vraiment une, ça vieillit mal. Mais la Magna Carta reste le pilier presque mythologique de la loi, tant pis si on ne voit pas trop ce qu’elle veut dire. Ça fait plaisir de voir toute l’incompétence et l’à-peu-près des parlementaires du dix-huitième. C’est là qu’on comprend mieux ceux de maintenant qui ne font que perpétuer la tradition. À la fin du dix neuvième, on n’y tient plus. Ça ne va pas du tout cet espèce de machin en latin qui n’est plus du tout adapté. On sabre des passages entiers, tant et si bien  qu’il ne reste pratiquement plus rien de la Magna Carta en application aujourd’hui, on réécrit des lois et hop ça va bien comme ça. Mais elle n’a jamais été abrogée, elle sert de références rhétoriques aux politiciens, aux contestataires, et à des tas de gens qui ne l’ont jamais lus mais s’en gargarisent quand même. Des apprentis révolutionnaires l’invoquent jusque devant les tribunaux pour défendre leur droit d’homme libre à tout casser. Les brexiters sont persuadés que la Magna Carta leur donne raison, parce que c’est évident, le petit Jean l’a écrite en 1215 pour protester contre l’Union Européenne. Bref, la Magna Carta sert d’argument définitif à beaucoup qui n’ont pas la  moindre idée de ce qu’elle était vraiment.  

Ça serait sympa qu’ils aillent juste jeter un œil sur le document d’origine. Celui écrit par Jean et 25 barons anglais aux noms très, très français (William de Sainte mère l’église, Guillaume Longespée, Philip d’Aubigny…). Ils ne pensaient absolument pas aux libertés du pèquenot de base, qu’il soit brexiter ou pas mais juste à leurs propres intérêts. Ce n’était qu’un traité de paix comme un autre qu’aucun des signataires n’a jamais eu l’intention de respecter. En tout cas je ne pense pas que la Magna Carta, même si elle la réduit en poudre et la bouffe en gélules confère des super pouvoirs à Zaza. 

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Touristic Sunny Monday #23 in Exeter

On continue sur le thème de la musique pour le rendez-vous de Bernie. On n’a toujours pas de soleil, mais les archives photos de Marichéri sont pleines d’instruments. Il ne fait pas que des gros plans de guitares, la preuve avec les orgues de la cathédrale d’Exeter, dans le Devon. 


Le bâtiment d’origine de la cathédrale Saint Peter date de 1050, mais ça devait être étroit ou bas de plafond, puisque l’évêque Leofric (oui, tous les prétextes sont bons pour recaser un nom saxon) préférait prêcher dehors, devant le portail (je n’ose pas parler de parvis, si ça se trouve c’était juste un champs avec des vaches). C’est bucolique. La cathédrale a été remaniée une première fois par les normands et puis presque totalement reconstruite au début du quinzième siècle. C’est un des plus beaux exemples de l’architecture gothique anglaise. Du coup, je me suis dit que ce serait dommage de ne pas vous en faire profiter un peu plus.
 


La cathédrale d’Exeter est particulièrement fière d’abriter une horloge astronomique. Elle date de 1484. Le plus grand cercle indique les heures de la journée complète, soit deux fois 12 heures en chiffre romain. Le cercle intérieur donne les jours selon les phases de la lune. Le deuxième cadrant au dessus a été rajouté en 1759 et indique les minutes. 


La cathédrale a aussi la chance d’avoir pu conserver au fil des rénovations son Minstrels’ gallery, ou balcon des musiciens. Elle date de 1360 et c’est une des seules à avoir survécue au saccage des églises et monastères par Henry VIII qui voulait régler d’un coup ses problèmes financiers et conjugaux en montant sa propre religion. Espèce de petit gourou pervers. 


St Peter Cathedral possède également toute une série de petites chapelles sublimes, dont Our lady chapel qui abritait la bibliothèque et Saint Paul Chapel. Les manuscrits sont aujourd’hui à la British library de Londres, sauf l’Exeter book ou codex exoniensis, un recueil de poèmes saxons du dixième siècle, qui aurait appartenu à Leofric lui-même et qui est un des 4 manuscrits anglo-saxons encore en existence.   

La cathédrale d’Exeter est aussi connue pour la voûte de sa nef, la plus longue voûte gothique continue au monde avec ses 96 mètres (c’est à dire qu’il peut y avoir des nefs plus longues, mais la voûte n’est pas en une seule partie comme à Exeter) et de ses vitraux. 



Pour faire plaisir à ma copine Ma’, un gisant…si, si, je sais qu’elle appréciera. 


Enfin bref, la cathédrale d’Exter est magnifique et je vous conseille d’aller la voir si vous passez par le sud ouest de l’Angleterre. 



Et on finit en musique bien sûr! 

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Famous not so British people top 10 

Alors que la contestation anti Zaza première (le chiendent ébouriffé du brexit profond) gronde jusque dans son propre camp où des voix s’élèvent pour réclamer qu’elle dégage fissa et soit remplacée par Boris Johnson, on ne peut que hurler de rire. Pour ne pas pleurer. Mais ça m’a donné une idée, puisque Boris (le paresseux choucrouté de la pensée) est un brexiter zélé par pur intérêt personnel, un pourfendeur de sales migrants, un ardent défenseur de la préférence nationale triomphante mais aussi un chouïa étranger lui-même. C’est ballot. Ce cher Boris, le marsupial enragé de la gaffe est né aux États Unis (d’ailleurs, si les américains veulent le récupèrer, qu’ils ne se gênent pas. Ils ont l’air d’aimer les clowns populistes mal coiffés). Bref, j’ai décidé de faire un top 10 des gloires britanniques qui ne le sont pas tant que ça. Britanniques, je veux dire. Honnêtement, j’en ai pris 10 un peu au hasard, il y en a des pelletées, surtout dans le sport. Ils sont classés selon leur niveau de célébrité parmi la populace, qui n’a certainement jamais entendu parler du dixième. C’est parti pour 10 héros nationaux qui sont aussi anglais que moi. Vivent les migrants! 

10-Marc Brunel: je vous avais prévenu, on ne commence pas par les plus populaires, mais je vais tout expliquer. Le petit Marc Isambart Brunel avait un deuxième prénom charmant et il était très français. Il est né en Normandie en 1769 et il était architecte. Il s’installe à Londres en 1795 avec sa femme et il a un fils, qui répond au nom remarquable de Isambart Kingdom Brunel. C’est choupinou. Vous allez me dire, c’est gentil tout ça, mais qu’est-ce qu’il fiche là? Et bien, Marc Isambart a construit le premier tunnel sous la Tamise entre 1825 et 1843. C’était une prouesse technologique unique au monde à l’époque, les Britanniques en étaient très fiers et son tunnel sert toujours aujourd’hui  (pour le métro). On a même dédié un musée à la gloire de cette extraordinaire avancée technologique londonienne qui a révolutionné les transports dans le monde entier. Due à un français donc. Et toc. 


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9-Anish Kapoor, oui je continue avec des gens qui ne captivent pas forcément le brexiter de base, et pourtant, il connaît et admire l’œuvre de Anish Kapoor sans le savoir. Sir Anish Kapoor (il a même été anobli par Lizzie) est un sculpteur qui fait la fierté des Britanniques amateurs d’art et a remporté un nombre incalculable de prix à travers le monde. Il est aussi né à Bombay en 1954 et n’est arrivé en Grande Bretagne qu’en 1973 après être passé par Israël (il est de confession juive). Anish Kapoor a entre autre créé l’arcelormittal Orbit qui orne l’entrée du stade olympique et qui est déjà devenu un symbole architectural du pays. Je dis ça comme ça. 


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8- Kazuo Ishiguro: comme son nom l’indique, ce grand écrivain britannique est japonais. Il est né à Nagasaki en 1954 et il est arrivé en Grande Bretagne avec ses parents à l’âge de 5 ans. Il a reçu le man booker prize (l’équivalent du Goncourt) pour son excellent et so British the remains of the day (les vestiges du jour, adapté au cinéma avec Anthony Hopkins). Ishiguro a même été élu trentième meilleur auteur britannique par les lecteurs du Times. Franchement, ces migrants, ça ose tout, y compris  décrire mieux que personne l’esprit britannique et ne pas hésiter à écrire des chefs d’œuvre.  


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7-Alec Issigonis: on commence à arriver dans le quotidien des brexiters. Certes, il y a peu de chance qu’ils aient jamais entendu parler de Issigonis, ingénieur grec né en 1906, mais ils connaissent très bien ce qu’il a fait. Ils l’utilisent même peut-être tous les jours, si ils roulent en mini. Et oui, cette voiture que tout un chacun associe avec la Grande Bretagne a été créée par un migrant  qui n’est arrivé qu’en 1923.


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6-Michael Marks : si les brexiters ne commencent pas à s’inquiéter, on va les achever. Taïaut. Il n’y a pas plus british que Marks and Spencer, on est bien d’accord?  Cette chaîne de magasins fondée en 1894 par Michael Marks, un migrant polonais. J’en ris encore. 


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5-Rita Ora: évidement, après Kapoor et Ishiguro, c’est beaucoup moins culturel. Mais là, au moins il y a des chances que les brexiters connaissent cette chanteuse pop. Certes, pour reprendre le terme technique que m’a soufflé Marichéri qui est très musical, ce qu’elle fait, c’est de la merde, mais elle est particulièrement connue du public britannique puisqu’elle enchaîne les merdes meilleures ventes depuis 2012. Et donc Rita de son vrai nom Rita Sahatçiu est née en 1990 en Yougoslavie, dans ce qui est aujourd’hui le Kosovo de parents albanais. Les brexiters en sont à brûler leur télé (d’après wikipedia, qui s’y connaît visiblement beaucoup plus que moi en culture populaire locale, elle est juge dans X factor aussi). Pour ceux qui ont la chance de ne pas connaître, je vous mets une photo de Rita Ora avec l’union Jack en fond, parce que l’ironie de la chose m’amuse et que je préfère épargner vos oreilles en ne postant pas de vidéo. 


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4-Emma Watson…C’est un peu tiré par les cheveux, mais elle est née en France. De parents anglais certes, mais elle n’est arrivé ici qu’à l’âge de 5 ans. Quand on voit les problèmes qu’ont maintenant certains anglais vivant en Europe pour obtenir des passeports britanniques pour leur progéniture (quand ça passe pour les enfants, ça coince ensuite pour les petits enfants, même si la famille est entre temps revenue en Grande Bretagne), Emma a tout à fait sa place dans mon top 10. 


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3-Freddie Mercury: et oui, lui aussi! De son vrai nom Fred Bulsara, il est né à Parsi, au Zanzibar et a grandi en Inde. Il n’est arrivé en Grande Bretagne qu’à l’âge de 17 ans, en 1969. J’espère que tous les brexiters hooligans footballistiques qui brament fièrement  « we are the champions » chaque fois que leur équipe nationale ne perd pas apprécient comme il se doit l’œuvre de ce migrant de Freddie. J’ai trouvé une  jolie image pour illustrer tout ça, un rien m’amuse. 


2-Mo Farrah: je veux dire sir Mohammed Farrah bien sûr. Le plus célèbre et le plus grand sportif britannique en exercice, et même le plus grand athlète britannique de tous les temps, multiple champion du monde et champion olympique en 5000 et 10000 mètres. À chaque fois qu’il remporte encore une médaille, il fait la fierté de tous les Britanniques. Et peut être aussi celle des somaliens, puisqu’il est né à Mogadiscio. Il a grandi à Djibouti et ne parlait pas un mot d’anglais quand il a débarqué ici à 8 ans. Voilà, voilà. 


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1-Philou: on ne pouvait pas y échapper, il est connu, très populaire, représente très bien une certaine idée de la Grande-Bretagne nationaliste moisie et surtout il est Germano-greco-danois. Un vrai petit citoyen du monde à lui tout seul ou comme dirait Zaza et ses potes brexiters, un citoyen de nulle part. Ahaha. Pour fêter ça, j’ai trouvé une photo de Philou en stage chez les Dupont et Dupond grec, il était tout mimi. 


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J’aurais pu parler de Guillaume le conquérant et de la quasi totalité des  Royals depuis, de George Michael (de son vrai nom  Georgios Kyriacos Panayiotou), du footballeur John Barnes (jamaïcain) ou de J.R.R Tolkien (sud Africain) et de beaucoup d’autres. En Grande Bretagne comme ailleurs les migrants ne sont pas de sales profiteurs. Ils participent au rayonnement culturel, scientifique, sportif et automobile (avec la mini!) de leur pays d’accueil. En voulant absolument nous mettre dehors, les brexiters se privent peut-être d’un futur grand champion, d’un inventeur révolutionnaire, d’un artiste unique…dommage pour eux. 

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Project 52 season 3 #23

Cette semaine, c’était facile, Ma’ a choisi ciel. Marichéri était très inspiré. Il a fait plein de magnifiques photos du ciel, dont une que j’aime tellement que je viens de la mettre sur Facebook d’ailleurs, puisqu’il a finalement décidé que ça n’allait pas du tout. Il a fait des essais, y compris à travers les branches du cerisier, mais c’est banal. La preuve même moi, je l’ai faite plusieurs fois. Il voulait de l’originalité, et ça l’a contrarié. J’ai suggéré un ciel de lit, mais on n’a pas de baldaquin sous la main. Les reflets du ciel dans l’eau?…on n’a pas non plus de lac dans le jardin, c’est mal conçu…et là il a eu un idée. Direction le bureau et les archives. Ça va refléter!   


Voici donc le ciel vu à travers la grande serre du Parque del Buen Retiro (le bon repos) à Madrid. J’avais déjà posté une photo de ce monument, le palacios de Cristal sous un autre angle. Il date de 1887 et c’est très joli. En tout cas, ça a vivement inspiré Marichéri qui a fait toute une séries de photos, toutes plus artistiques les unes que les autres, sous tous les angles possibles et imaginables. On y a passé une heure, mais il y a des bancs à côté. Je dis ça comme ça. La serre, entièrement restaurée, n’accueille plus de végétaux exotiques aujourd’hui mais des exposions d’art. Franchement, on s’en fiche un peu , ce qui est admirable c’est le bâtiment en lui même et  les jeux de lumière du ciel qui se reflète partout. 

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Friday Feelings #115

Il va falloir être patient avec moi, ces États d’esprit de Zenopia et Postman risquent d’être encore plus confus que d’habitude. Comme il y a un an, j’ai très peu dormi cette nuit, suspendue à BBC News. Le résultat du référendum était tombé vers 4 heures du matin, même si on le voyait arriver depuis deux heures. Hier, dès la fermeture des bureaux de vote à 22 heures,  on a su que Zaza première avait perdu son pari. Les élections législatives anticipées qu’elle a provoquée malgré ses promesses et que personne ne lui demandait n’ont pas exactement renforcé son pouvoir. Certes, les conservateurs sont en tête, mais ils ont perdu la majorité. On a donc un hunged parlement, un parlement sans  majorité ou pour reprendre un terme technique : un beau foutoir. Zaza n’a pas perdu, mais elle n’a pas gagné non plus, et c’est pareil pour l’opposition.  Pour le moment, Zaza, la sangsue ministérielle refuse de démissionner. C’est son droit. Elle peut soit tenter de former une coalition, soit un gouvernement minoritaire. Dans le premier cas, elle ne peut s’allier qu’avec les députés unionistes nord irlandais, qui sont plus ou moins aussi fachos qu’elle, sauf qu’ils sont totalement opposés à ses positions sur le brexit qui réactiveraient la frontière en Irlande et ils n’ont veulent surtout pas. Bref, ça risque de poser problème. Zaza, le coucou de Downing Street peut aussi tenter un gouvernement minoritaire. Mais plusieurs des députés de son propre camps, les tories modérés qui la détestent, qui sont pro Europe et qu’elle a humiliés depuis un an, ne vont pas lui faire de cadeau. Ça paraît difficilement tenable. De l’autre côté, on a le camarade Corbyn du labour qui ne peut espérer arriver au pouvoir qu’en formant une grande coalition de tous les autres partis, dont le seul point commun est leur détestation pour Zaza. Ça fait peu comme programme de gouvernement. De plus, Corbyn n’en est là que parce que tous ont appelé à voter dans chaque circonscription, non pour son candidat naturel mais pour celui ou celle le mieux placé pour faire barrage à Zaza et ses sbires. On connaît même personnellement des tories modérés convaincus qui pour la première fois de leur vie ont voté pour un trotskiste!  Bref, même si Corbyn arrive à former un gouvernement de bric et de broc, ça va être difficilement gérable aussi.  Zaza, qui voulait renforcer sa position face à Bruxelles a donc provoqué exactement l’effet inverse. Le pays est ingouvernable, on ne voit pas comment il pourra négocier quoique ce soit. Il est aussi profondément divisé, le fossé béant qui s’est ouvert avec le référendum entre les brexiters et les remainers s’est encore creusé un peu plus hier.  Il y a d’un côté des anti Europe, anti immigration, anti tout, xénophobes et selon toutes les études sociologiques plutôt âgés, peu éduqués et des classe populaires, et de l’autre des jeunes, des pro Europe, plutôt de classes moyennes et ayant fait des études. Chaque camp représente 50 % et voue une haine viscérale, presque physique  à l’autre. Bref, même si je suis ravie que Zaza ce soit pris une grande baffe dans la gueule et si j’espère que la faiblesse du prochain gouvernement quelqu’il soit, l’oblige à garantir les droits des européens rapidement, je ne suis pas non plus follement optimiste quant à l’avenir politique et économique de mon pays d’accueil. 

Fatigue: voir le début de l’intro. 

Humeur: prudemment joyeuse quand même, devant la mine déconfite de Zaza, le lierre vénéneux de Westminster, ce matin.  

Condition physique: le café, c’est la vie. 

Estomac: deux cafés, c’est encore mieux. 

Boulot:je suis débordée à stresser, c’est un job à plein temps. 

Culture: pour une raison qui m’échappe totalement, Marichéri a voulu regarder Docteur Jivago en attendant les résultats hier soir. Il a bien dormi. 

Penser à: pfff…je ne sais même plus, j’ai les neurones qui grésillent. 

Message perso: merci à tous pour vos très gentils commentaires après ma colère d’hier! 

Avis perso: les comparaisons végetales, c’est pas mal aussi pour Zaza, non? Ça m’ouvre des perspectives. Zaza, l’ortie urticante du Brexit. Zaza, le cactus hargneux de la démocratie. Et ça peut s’adapter à d’autre. Non parce que si par hasard Jeremy Corbyn forme un gouvernement, je n’ai pas d’idée pour un surnom sympa.  Jerry, ça fait souris et une souris trotskiste, ça fait expérience de labo après explosion. 

Loulous: L’Ado est très content, il a encore voté hier (puisqu’il a la nationalité irlandaise, il a le droit, lui). Il tient aussi à préciser, pour ceux qui ont lu sur FB les aventures de Peneloppe dans l’arbre, qu’il ne ferait jamais de mal à un animal volontairement. Si il lui a jeté un escargot dessus, c’est parce qu’il a cru que c’était un caillou. Et il ne visait pas Penny, il voulait juste faire du bruit pour la faire descendre. GeekAdo est toujours aussi content de partir au collège le matin, ça fait peur. Et c’est rigolo.  PrincesseDiva répète pour le concours de chants de fin d’année, ça la met de bonne humeur, elle m’a demandé si je voulais venir. J’en suis toute retournée. PrincesseChipie attend Wimbledon, parce que franchement, les français sont nuls sur le sable battant. La terre battue ma chérie. Viou, le terre battée ben ils sont nuls quand même. WizzBoy est impatient de retourner à la Big school mardi prochain, il s’est éclaté. 

Divers: je ne veux  pas critiquer, mais la constitution britannique ou les usages qui en tiennent lieu, c’est un bazar pas possible. 

Amitié: alors là…voilà une revenante. Je ne sais pas quoi faire. 

Love: il est bien reposé lui, après son film. Il parle de ressortir Ben Hur pour la prochaine soirée électorale.  

Courses: faites

Envie de: dormir 

Pic: ça rougit un peu, on y croit! 

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Thursday Thunder: sorry to bother you

Les britanniques votent aujourd’hui. Enfin les Britanniques, mais aussi les irlandais ou encore les ressortissants du Commonwealth qui sont ici pour 6 mois et n’en ont strictement rien à faire. Par contre, des européens installés et payant des impôts depuis des décennies ne peuvent pas voter alors que c’est leur sort qui se décide. Mais bon, du coup je n’ai pas le droit de parler politique. Quoique je ne considère pas que traiter les brexiters de fachos racistes soit de la politique, c’est du descriptif. Pareil pour les aventures moisies de Zaza Premiere, la grande hallucinée xénophobe. Par contre, j’ai le droit de stresser, de m’angoisser, de me ronger les sangs mais en fermant ma gueule de sale migrante. Pas uniquement à cause de ces élections dont le résultat peut avoir des conséquences très facheuses pour notre avenir, mais parce que mes chouineries ennuient des gens qu’on pourrait pratiquement qualifier de proches si on voulait rire jaune. Des soit disant amis de longue date, des relations de plus 20 ans, vous voyez ce genre de personnes?   


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Il faut les comprendre, ça fait un an qu’ils m’entendent parler de mon Brexit. Déjà qu’ils s’en fichaient complètement au départ, là ils saturent. De toute façon, c’est bien fait pour nous, on n’avait qu’à rester en France, espèces de sales déserteurs. En plus on est allé chez les anglais qui sont fourbes et mangent des chapeaux melon bouillis dans de la sauce à menthe, c’est bien connu. On a l’air malin maintenant, tiens, ça nous apprendra à ne pas aimer la France et à la critiquer tout le temps. Donc, si j’ai bien compris quand vous complimentez un de vos enfants, ça veut dire que vous haïssez les autres, c’est ça? C’est la même logique. Ce n’est pas parce qu’on apprécie son pays d’accueil qu’on déteste son pays d’origine. Par contre, on peut choisir le premier à défaut du second. Je rappelle que vous n’avez pas plus fait d’effort pour naître français que les brexiters, vos comparses en connerie et intolérance n’en ont fait pour naître britanniques. Mais je m’emporte. Alors qu’on essaie de comprendre pourquoi vous ne supportez plus mes longs discours angoissés, ma peur pour l’avenir de mes enfants, mon stress permanent. Quoique je suis injuste. On ne peut pas dire que vous les ayez jamais supporté en fait. 

C’est sympa de vous rappeler à notre bon souvenir quand vous avez besoin d’un stage d’anglais pour le petit dernier (et ce serait cool de l’héberger gratuitement aussi),  quand vous aimeriez bien recevoir (toujours gratuitement) la super marmelade qu’on ne trouve plus en France depuis que Marks and Spencer a fermé, quand vous fêtez un événement quelconque et que tout le monde est bienvenu pour participer au cadeau collectif (mais ce n’est pas la peine qu’on fasse le déplacement, un virement ça suffira bien)…mais sinon, encore une fois, on n’avait qu’à pas partir. C’est notre faute. C’est à nous de venir (ce n’est pas obligé non plus…mais par contre eux ne viendront pas sauf si c’est sur le chemin de leur vacances et ça fait toujours une nuit d’hôtel économisée). C’est à nous d’être dispo pour tout et n’importe quoi. C’est à nous d’être à l’autre bout du téléphone ou du clavier quand ils ont besoin. Mais il ne faut pas s’attendre à ne serait ce qu’un message pour savoir comment ça va. On est juste de sales expats de toute façon, le brexit et ses conséquences directes sur notre vie, c’est notre problème. L’amitié, l’empathie, la considération c’est à sens unique visiblement. Qu’est-ce que ça peut leur faire si je suis à bout, si je deviens folle d’angoisse, si je m’écroule complètement? De toute façon je suis sensée être la fille rigolote qui remonte le moral des autres sans rien demander, où va-t-on si je me mets à inverser les rôles?  Un peu de tenue. Et c’est vrai aussi que je ne suis plus vraiment réceptive à leurs problèmes depuis quelques temps, leur réservation aux Baléares, leur fraisier qui s’est renversé juste devant leur belle- mère, leur toute nouvelle allergie au gluten ou encore leur choix de chapeaux pour le mariage de leur belle-sœur. Bleu ou vert? Le chapeau?… Il y a aussi les un peu plus coincés, ceux qui se sentent obligés par politesse ou par convention de garder le contact avec nous même si ils n’en tirent aucun avantage (certains n’aiment pas la marmelade, c’est dire leur désintéressement). Ceux-là sont admirables. Ils subissent stoïquement mes pétages de plombs et mes larmes en recardant subtilement la conversation sur une valeur sûre, la météo. Uniquement la météo. L’état du ciel est bien plus captivant que celui de mes nerfs. 

Alors pour les premiers, j’ai la solution: vous m’oubliez vraiment! Ok, il va falloir trouver une autre source d’approvisionnement en marmelade et payer le B&B la prochaine fois que vous voulez faire un tour à Londres, mais plus besoin de nous voir, ça sera un soulagement pour tous. Pour les deuxièmes, étant moi aussi engluée dans les convenances, j’ai du mal à trouver…comment faire? Certes, je pourrais réviser les variations de la pluviométrie britannique de ces 50 dernières années avant d’entamer une conversation avec vous, mais même ça va finir par vous ennuyer. Et je suis trop impulsive, je risque de laisser paraître mon léger agacement devant votre indifférence, ingrate comme je suis. Ce serait ballot. J’ai bien une idée, puisqu’il parait que je suis devenue trop anglo saxonne…  À tous ceux qui sont exaspérés par l’étalage de mes humeurs sombres, n’ont strictement aucune empathie et me le font comprendre, désolée d’être déprimée vraiment, je ne dirais plus qu’une chose: just fuck off.  

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Primary school induction day

WizzBoy va rentrer à l’école en septembre. Pour les nouveaux, il n’y a pas d’école maternelle comme en France. WizzBoy va pour l’instant dans une preschool gérée par le parish council (ce qui explique que l’aire de jeux soit au milieu du cimetière), qui n’a rien à voir avec l’équivalent de l’éducation nationale. Les enfants commencent directement par le primaire, mais à tout juste 4 ans (il faut avoir 4 ans avant le premier septembre, ça marche par année scolaire et pas année calendaire comme en France). Pour se préparer, ce dernier demi trimestre, les futurs élèves vont passer quelques heures tous les mardis à l’école.  Ça a commencé hier, et pour la première, les mamans étaient invitées à rester. Déjà que je suis asociale, la chose m’a beaucoup plu. Et les papas alors? Ça existe pas les papas au foyer? Bref Wizzboy était excité comme une mite saoule et moi déjà contrariée quand on est arrivé à l’école. 


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Il sautait partout comme un dératé depuis 6 heures du matin, ravi d’aller à la Big school. Comme a dit GeekAdo, qui pousse des râles d’agonie tous les matins pour ne pas aller au collège, t’inquiète pas maman, ça va vite lui passer. En tout cas, WizzBoy a été déçu d’entrée, il pensait qu’il allait être avec sa sœur. Heureusement, il était content de retrouver la moitié de ses copains de preschool. Il s’est donc précipité dans la classe le premier, sans même me dire au revoir, sans se retourner, rien. Petit ingrat. Alors que d’autres sangsues morveuses charmants bambins hurlaient en se cramponnant aux jambes de leur maman. On a eu droit à une présentation de la directrice, qui a fait traîner ça le plus longtemps possible parce que soyons clairs, il n’y avait rien d’autre à faire. Elle a été très bien, mais au bout d’un moment on a tourné en rond. Le programme en première année est quand même assez léger, et on ne peut pas trop se permettre non plus d’allusions politiques subtiles anti gouvernement-qui-ne-fait-rien qu’à-couper-les-budgets en cette veille  d’élection. Elle l’a fait quand même, tout en subtilité, résultat je suis à peu près sûre d’avoir été la seule à comprendre. Malheureusement, je suis aussi la seule qui n’a pas le droit de voter. On a quand même échangé des sourires entendus, ça fait toujours  plaisir. Je ne suis pas méchante en disant ça, cette pauvre femme a fait un bide total quand elle a pris un exemple pour expliquer que toutes les activités étaient liées au programmme: quand ils parlent des animaux, ils dansent évidement sur du Saint Saens…incompréhension totale dans l’assemblée. C’est beau l’Essex quand même. 

Après avoir tous jeter un œil insistant par la fenêtre de la classe pour constater que même les braillards du début s’eclataient totalement, on a visité toute l’école. Je connais, mais ça fait passer le temps. Et puis PrincesseChipie n’aurait pas aimé si j’avais été la seule maman à ne pas venir faire coucou dans les classes. Il n’y a pas à dire, c’est palpitant tout ça. Qu’est-ce qu’on s’amuse. Je rappelle qu’on vit dans un village, il n’y aura que 23 élèves dans la classe de WizzBoy en septembre et 17 ont des frères et sœurs   dans l’école. La visite a constitué en une série de hurlements stridents de classe en classe,  muuuummyy, look-at-me, muummyyy. Is that your mum? I saw my muuum. Hi muuuuum. Here muuum. Muuuuuum. Youpidoo. On a pu admirer leurs œuvres d’art aussi, des masques égyptiens en papier mâché (littéralement c’est très net, les gamins ont brouté la peinture pour arriver à produire ça) aux fameux boucliers romains en carton en passant par des espèces de tissages inca pré-vomis. Une classe nous a même fait une démonstration de pipeaux. On ne dira jamais assez à quel point enseignant, c’est un métier à risque. Pour les tympans.  Ça se traîne en longueur tout ça… La directrice, sous les regards suspicieux d’autres mamans, est venue me parler de PrincesseChipie et a demandé des nouvelles de PrincesseDiva. Elle a même posé des questions sur les deux grands qu’elle ne connaît même pas, et qu’est-ce qu’il fait à l’université L’Ado, ah oui, c’est intéressant… je pense qu’elle devait s’ennuyer aussi. On a été sauvé par la secrétaire qui est arrivée avec un paquet de dossiers à remplir. On s’est rassi n’importe comment et je me suis retrouvée à côté de deux nouvelles. Les dossiers (nominatifs) ont commencé à circuler, et mes deux voisines ont bien ri : c’est quoi ce nom, c’est pas anglais. Qui peut bien avoir un nom aussi stupide?  (what’s that name, it’s not British innit? Who the hell has such a stupid name?). Moi. Au moins elles ont eu l’air gêné. Connasses. Finalement je m’en fiche complètement que les essexiens de base connaissent pas le carnaval des animaux, par contre si ils pouvaient être un chouïa moins xénophobes, ça serait sympa. 

À part ça, WizzBoy est ressorti absolument hilare, la Big school, c’est fun. Il a adoré, il voulait y retourner aujourd’hui. Parce qu’il y  a un super Big train dans la classe. Et il mange une pomme . Et il a bien joué avec ses potes. Et il a construit un giant château avec les super legos. Et il a fait un dessin mais il l’a perdu. Bref, c’était fun. Bon par contre maintenant, il est un Big boy qui va à la Big school, plus un bébé, il se préparer tout seul. Il est donc parti ce matin pour la preschool avec ses wellies (bottes en caoutchouc) aux mauvais pieds, son coupe-vent entortillé n’importe comment et son cartable pingouin la tête bas. Mais il est tout fier. Vive la Big school. 

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Liebster again 

Ma copine Carrie est une sérial taggueuse! Elle a encore frappé il y a quelques semaines, ça tombe bien j’adore jouer. Comme elle, je vous fais la version courte du liebster, je réponds juste aux questions. Parce que j’ai dû à peu près faire une centaine de liebster awards depuis les débuts du blog (je me souviens du premier, j’étais toute contente…du coup, je suis allée le relire. C’est fou, la plupart des filles qui participaient ont disparu de la blogosphère…ça y est je suis je vieille blogueuse. Ou je suis têtue, au choix). Pour les onze révélations désopilantes qu’on est sensé mettre au début liebster, je n’ai plus rien. Et je ne refile le tag à personne non plus, mais si ça vous tente, allez-y!

D’où est venue cette envie de faire un blog ? Je suis très bavarde….pour avoir la paix, parce qu’il est toujours prêt à m’encourager, Marichéri m’a poussé a commencé un blog. Au départ, je voulais expliquer la vie ici et encourager les français qui  voulaient s’expatrier en Angleterre. Il n’y a plus grand monde que cela tente aujourd’hui et il y a longtemps que je me suis laissée emporter par mon esprit de désorganisation. C’est un véritable foutoir, avec mes sautes d’humeurs, mes envies, mes colères, mes chouineries, mes enfants aussi beaucoup et quand même un peu de la vie locale. 

D’où vient le nom de votre site ? D’Alice in wonderland évidement et des Landes, comme moi. C’était ça ou Foie-Gras in wonderland,  qui rend nettement moins bien. Bon aujourd’hui, l’Angleterre n’est plus du tout mon Wonderland, mais j’ai voulu aider Marichéri à créer une nouvelle bannière et il semblerait que j’ai fait une fausse manip…

Combien d’heures par jour consacrez-vous à votre blog ? Ça dépend des jours. Je sais c’est vague, mais c’est vrai! Je ne chronomètre pas. 

Avez-vous déjà rencontré un blogueur ? Par skype interposé, oui! (Je rappelle que Skype, c’est la vie) Au téléphone aussi. Et dans la vraie vie, la très gentille et talentueuse  Catherine de Dhelicat est venue jusque dans ma petite ville à une heure de Londres pour me rencontrer, j’étais toute émue. 

Un événement historique auquel vous auriez aimé participer: euh…comme ça là, moi qui pourtant adore l’histoire, je ne vois pas. Il faut dire aussi que les événements historiques sont souvent sanglants, ça donne très peu envie d’y participer. Il doit bien y avoir un truc relativement festif dans l’histoire qui n’a eu de conséquence fâcheuse pour personne… je cherche…et puis on a dit participer, pas être témoin…j’allais dire le mouvement des suffragettes pour rester dans l’histoire locale, mais ça a été assez violent, et il y en a même une qui s’est suicidée en se jetant sous un cheval. 

Une langue étrangère que vous aimeriez savoir parler: l’italien. J’arrive à le lire plus ou moins mais je suis incapable de le parler. Quand j’ai du choisir une troisième langue vivante, mes profs me l’ont déconseillé au prétexte que je faisais espagnol et latin et que j’allais confondre. Du coup, j’ai eu l’idée saugrenue de commencer le russe. Erreur grave. Da.  

Si vous étiez une ville, ce serait laquelle ? Aucune idée… j’aime beaucoup Londres pour son cosmopolisme et son énergie, Paris pour son esthétisme et ses macarons, Mexico pour sa vie et ses surprises, Dublin pour les souvenirs et son accueil, Bordeaux évidemment…on va dire un mélange de Londres et de Mexico, un joyeux bazar. J’ai même trouvé une photo, je suis joie (il m’en faut peu)


Source 
Votre moment de l’année préfèré: j’allais répondre l’été, mais ça va me déprimer. Parce que là, il fait 12 degrés, on est en pleine tempête, je suis gelée et trempée. J’ai rallumé le chauffage et enfilé deux pulls en rentrant de l’école.  En juin donc. Bref, on va dire Noël. Au moins, c’est normal qu’il fasse un temps pourri en décembre, j’adore les décorations, les préparatifs, laaaast chistmaaas, et tout ça. D’ailleurs, il va falloir que je réfléchisse au xmas addict de cette année…

La destination où vous rêvez d’aller: partout. Je ne suis pas sectaire. Par contre, je veux y aller en téléportation. 

Votre film favori: Bleu, pour des raisons sentimentalo-personnelles qui n’ont rien à voir avec le film et sur lesquelles je ne reviens pas parce que ça doit vous lasser. 

Une requête insolite sur Google qui a débouché sur votre blog: ahaha, j’en ai plein! C’est un don, j’attire les psychopathes, gens bizarres, originaux. Il y a quelques jours, j’ai eu droit à simplement « poufiasse ». Sinon, j’ai regardé, la semaine dernière  j’ai aussi eu, je cite tel quel :  » que pensez-vous de la jeunes qui se paraient Pom de margzrent ». Soyons clair, je peux répondre en toute franchise, la main sur le cœur que je n’en pense rien.  

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