Quand j’ai vu le thème choisi par Ma cette semaine, j’ai de suite pensé à une photo des archives de Marichéri: elle date un peu, mais elle est en plein dans le thème. Elle a été prise au château de La Ferté. Il est situé à la Ferté Saint Aubin, et les propriétaires déploient des trésors d’imagination pour le faire vivre et attirer les touristes, qui se massent à Chambord en passant bêtement à côté de châteaux plus petits, moins connus, mais absolument adorables.
On peut visiter les écuries et une partie du château, qui est charmant. Sous ses grands airs, le château de la Ferté n’arrive pas à cacher un délabrement que j’avais trouvé très touchant. Au bout du parc, on trouve une vieille gare, décorée avec d’anciennes affiche de cinéma, et voilà!
Pourceux qui sont curieux, il y a d’autres photos de La Ferté ici.
Le vendredi c’est états d’esprit imaginés par ma copine Zenopia.
Fatigue: c’est ridicule, cette absence soudaine de jour férié, non?
Condition physique: il fait beau! Et chez moi, c’est une condition physique. Je change complément dès qu’on me met au soleil et je ne parle pas de bronzage.
Humeur: ensoleillé même si le petit vent là, ça me gâche un peu l’ambiance. Enfin bref, c’est pas mal.
Esprit: percole. Si. C’est à dire fait des pschiiits comme un percolateur. C’est très clair.
Estomac: se passionne pour les kiwis jaunes.
Boulot: au même point que la semaine dernière, mais ce n’est pas négatif.
Avis perso: quand même un royals se permet de dire que rien ne va plus en Grande Bretagne, c’est vraiment que la situation est catastrophique.
Message perso: à tout à l’heure?
Loulous: L’Adulte est bien rentré, un peu nostalgique de sa vie étudiante en Espagne, mais content aussi de jouer au grand frère. GeekAdo a repris ses bières révisons, derniers partiels aujourd’hui. Il va pouvoir enchaîner directement sur les despedidas, les fêtes d’adieux qui se multiplient jusqu’à son retour. Mangagirl et les autres terminales ont décidé de fêter leur dernier jour de lycée en se rebellant contre le règlement vestimentaire. Ce n’est pas pour rigoler ni faire enrager une dernière fois la CPE, c’est évidemment par solidarité avec leurs petits camarades qui auront encore à subir les dictats d’une « tenue correcte » l’année prochaine. Okiiii…Princessechipie a encore une semaine de collège et elle trouve scandaleux. D’arrêter aussi tôt je veux dire. Wizzboy par contre, est très jaloux. Bon après, ça a pas l’air drôle, ce bac de philo, il comprend rien à ce que raconte Mangagirl.
Amitiés: doivent se reposer!
Love: il est allé à Londres cette semaine, et il a eu froid comparé à ici!
Penser à : demander à GeekAdo se qu’il veut boire manger pour fêter son retour.
Envie de: vacances! Au soleil de préférence.
Pic: j’ai déjà dit que j’aime bien notre jardin sous le soleil? Le côté fouilli me va très bien.
Parce qu’on voit encore passer des articles sur la question, je vous ressors une colère qui m’avait échappé après avoir jeté un œil paresseux aux pages dites légères et féminines de divers journaux. Qui donc parlent de poids, en toute logique. Je rappelle qu’un cerveau même féminin, peut compter autre chose que des calories. Des paires de baffes dans la gueule de publicitaires sexistes par exemple. Cela dit, il n’y a pas qu’eux qui sont misogynes. Si j’en crois les signatures au bas des sombres torchons qui prétendent me donner des conseils pour être beach ready, prête pour la plage, la connerie se rit de la composition chromosamale de ses auteurs. On peut très bien être sexistes et anti féministes entre femmes. Si c’est pas choupinou. Petasses décérébrées, tiens.
Etre beach ready, avec des gamins, c’est ne pas oublier le chapeau de l’un, le ballon de l’autre et se trimbaler un semi remorque d’accessoires divers dont strictement aucun n’est destiné aux parents qui sont déjà bien contents si ils n’oublient pas leur maillot. N’importe lequel. Le vert trop petit et informe qu’on se traîne depuis 15 ans ou un violet à pustules trouvé par hasard au fond d’un placard et dont on n’est pas sûr d’être le propriétaire. Etre beach ready, ce n’est pas s’affamer pendant 6 mois pour perdre trente grammes avant de pouvoir penser éventuellement à prévoir d’aller à la plage, c’est se demander 3 minutes avant le départ si on a pensé à prendre la bouée licorne. C’est se moquer éperduement de l’apparence des autres sur la plage, on a déjà assez à faire avec nos gosses, entre le nudiste qui refuse d’enfiler son maillot et le timide, qui reste en anorak sur le sable par 40 degrés, on n’a vraiment pas le temps ni l’envie de s’inquiéter de nos voisins de serviette. Ni de notre propre apparence. Soyons clair, je suis extrêmement dodue. J’ai un maillot rouge petant (style pompier, en pire) à gros pois blancs dont je suis très contente parce qu’il me met de bonne humeur. Je me contrefous de savoir si je suis beach ready ou pas tant que mes bourrelets rentrent plus ou moins dedans, en repartissant un peu, ça me va. Je me préoccupe plus de la température de l’eau que de la mode, ça me paraît plus important pour profiter de la plage! Sérieusement quelle sombre petasse veut être beach ready comme lui ordonne certains torchons dits féminins? Quelle pauvre fille juge sa valeur à la taille de ses cuisses plutôt qu’à l’état de son cerveau, affaibli à force de lire autant de conneries complexantes? Quelle ayatollah de la mode a osé penser que ce genre de logorrhée verbale était acceptable?
Déjà, j’ai horreur par principe qu’on me dise quoi faire, encore plus quand ça vient d’une pseudo journaliste qui n’est pas fichue d’aligner trois mots et se permet des jugements à l’emporte pièce sur des sujets aussi capitaux que la forme d’un maillot de bain ou l’épilation d’un sourcil avec des airs de grand gourou annonçant une avancée médicale révolutionnaire. Non mais, sérieux?!? Ça va pas mieux? Il faut se détendre un peu ma cocotte, je suis sûre que ça aide pour la plage…parce que tu vois, c’est tout le problème, se préparer à aller à la plage, ça veut dire qu’on se prépare à aller quelque part parce qu’on aime bien, on pense y passer un bon moment, pas parce que c’est une sorte d’examen ou une corvée qui demande des mois d’entraînement. Tu ne vas pas me croire, mais on va à la plage pour le plaisir, pas pour épater la galerie. Si tu vas à la plage ou ailleurs en ne pensant qu’à l’image que tu donnes à des inconnus qui sont heureusement plus occupés à vivre leur vie qu’à se pencher sur la tienne, tu ne dois pas rire tous les jours. Arrête de te demander ce que les autres pensent de ton apparence (probablement rien, ils s’en foutent) et reprends du dessert au lieu de nous bassiner avec tes dictats débiles. Vas faire un château de sable avec tes gosses ou rigoler dans l’eau avec tes potes, tu verras, la plage, c’est fun aussi.
Après celle de la semaine dernière qui a bien cassé l’ambiance (on s’arrête tous pour discuter avec notre voisin maintenant, même les filles en sortant du bus scolaire), la phrase de cette semaine m’a amusée. J’allais chercher Wizzboy quand j’ai croisé deux collégiennes qui sortaient (l’école et le collège sont au même endroit, mais ont deux portails séparés). Ça parlait maquillage, enfin je crois…non parce que le lip gloss, je comprends, mais je ne m’attendais pas à ça:
Ah…ben moi, je ne vois pas. Cela dit, j’aime beaucoup, ça ouvre plus de perspectives qu’une conversation sur le maquillage. De l’eye fighter, c’est pour un combat de clignement? C’est pour un regard mutant qui envoie des rayons lasers? Ou je passe trop de temps à discuter avec Wizzboy? En tout cas, ça m’ a beaucoup plu.
Ça fait maintenant 5 ans qu’on est en France, ce qui nous surprend nous même. On a gardé beaucoup de nos habitudes anglaises. C’est vrai aussi que Maricheri continue à aller à Londres, même si c’est moins souvent et que les enfants (sauf Wizzboy) continuent à parler entre eux en anglais. D’ailleurs on baragouine toujours notre charabia franglais familial à la maison, comme quand on vivait de l’autre côté de la Manche. Mais c’est Mangagirl qui cultive le plus sa britishness, on pourrait presque croire qu’elle débarque tout juste et non qu’elle est arrivée il y a donc 5 ans.
Tout ça pour dire que j’ai attrapé par la main une Mangagirl inquiète mercredi dernier, allez viens. Mais je révise…Ben justement c’est parfait!
-what the…what?!?
-ramène tes fiches, mets toi devant la télé avec, allez hop!
Mangagirl commençait à stresser, qu’est-ce que sa mère a encore inventé?
-installe toi bien, je vais mettre Roland Garros.
-Roland qui?
-Garros, espèce de béotienne, c’est du tennis.
-aaaah, non, pas du spooort! Non mais seriously là, maman, c’est quoi encore ce histoire?
La pauvre gamine était interloquée ses fiches de philo à la main. J’ai eu pitié:
-Bon, ma chérie, on est d’accord qu’il faut que tu fasses un effort pour t’intégrer mieux?
-?
-et bien là, avec tes fiches devant Roland Garros, tu perpétues une grande tradition française!
-whaaaaat?
Clairement, elle ne comprenait pas et hésitait entre deux options, qui lui paraissait parfaitement crédibles toutes les deux: les français sont définitivement weird ou c’est sa mère qui est irrécupérable. A priori, j’aurais dit les deux, avec un penchant pour la seconde hypothèse, mais j’ai préféré tenter de rassurer Mangagirl: tous les lycéens français depuis des générations révisent leur bac devant Roland Garros, je t’assure. Elle ne m’a pas cru. C’est là que Maricheri est arrivé « oh, tu révises le bac devant Roland Garros. Ahaha, ça me rappelle des souvenirs » et il s’est assis à côté, ravi. Je crois que c’est le moment où on l’a définitivement perdue.
Mangagirl et ses fiches sont reparties en maugréant en anglais et après ses parents, qui sont dangerously insane. En plus, c’est quoi cette idée de lui faire regarder du sport non mais seriously, quoi! Sauf que depuis, elle s’est renseignée: maman, tu le crois pas, j’ai des amis en classe, ils révisent la philo devant ton truc, là, le tennis de Roland. Non mais, c’est WTF quoi! Ben oui, c’est une tradition. Maman 15-0 Mangagirl. Et toc.
Cette semaine, a été marquée par les résultats parcoursup de Mangagirl (Youpidoo!!!) bien sur, mais pas que: il a fait un temps splendide! Re-youpidoo! On a passé pas mal de temps dans le jardin, malgré le pollen. On y a vu un petit papillon tout bleu qui a attendu que je le prenne en photo avant de s’envoler. Wizzboy était déçu, il voulait l’adopter.
Wizzboy a aussi été fasciné par une vieille voiture croisée près de l’école. Ce qui l’a le plus surpris, c’est qu’elle roule!
Capucine a pris sur elle de se mettre à table, comme les humains, et pourquoi on ne lui donne pas une assiette, hum?
Je l’ai déjà mentionné plusieurs fois, Marcheri et moi adorons chiner et récupérer tout un tas de vieux trucs dont on ne sait pas forcément quoi faire après. C’est comme ça qu’il a été très content un jour, de dénicher un vieil anémomètre d’avion et franchement, ça fait un moment que la chose traîne dans le bureau sans qu’on sache trop pourquoi…et bien, j’ai enfin trouvé une utilité à l’anémomètre, il est parfait pour illustrer le thème choisi par Ma’ cette semaine!
Le vendredi c’est états d’esprit imaginés par ma copine Zenopia.
Fatigue: un jour, le pollen va partir, un jour…
Condition physique: je hais le pollen, ce traître infâme et sournois. Rhaaa. Et atchoum aussi.
Humeur: festive mais prudente .
Esprit: prudent mais festif.
Estomac: le framboisier est en fleurs! Hiii.
Culture: ça n’a rien à voir mais il faut bien que je le case quelque part et je n’ai jamais rien d’interessant dans cette rubrique: ma petite anglaise qui cultive toujours son accent et ses fautes so British va devenir une étudiante française. En literature anglaise, certes mais quand même!
Boulot: ce qui est bien, c’est que c’est varié, de la vie de Edward le confessor à la mode ch’ti des années 20. Je m’éclate (vraiment!).
Avis perso: les examinateurs qui disent à Princessechipie qu’elle est intelligente, je veux bien, mais c’était indispensable de rajouter « et jolie»? C’est pas un chouïa déplacé?
Message perso: bonnes vacances !
Loulous: L’Adulte et GeekAdo s’éclatent en Espagne, même si l’un doit rentrer bientôt pour bosser et l’autre a encore des partiels la semaine prochaine. Mangagirl est extatique depuis hier soir, finalement parcoursup, c’est génial, youpidoo. Il reste quand même à avoir le bac…Princessechipie est ravie aussi, l’oral du brevet a donc été, selon elle, un triomphe, en toute modestie. Wizzboy suit Roland Garros, mais c’est bizarre quand même, les règles du hors jeu au tennis, pourquoi ils font pas comme au foot? Ah.
Amitié: juste ❤
Love: il est d’une patience admirable avec Marcel, qui prend sur lui de l’aider à travailler en se couchant de tout son long sur le clavier, puis en faisant coucou à la caméra.
Penser à: mettre du champagne au pire, ça servira toujours à noyer notre chagrin. C’est beau, cet optimisme béat, non?
Envie de: arrêter de stresser!
Pic:heureusement qu’il n’y a pas que le pollen, il y a aussi des avantages à vivre à la campagne!
…Aussi connue sous le nom de fête des mères, qui approche dangereusement. C’est une pub pour un robot pâtissier à offrir évidemment pour la fête des mères qui m’a fait bondir parce que ces pauvres mamans ont bien besoin d’aide puisqu’elles cuisinent en continu pour nourrir leur petit mari et leurs gosses. Rhaaa.
Déjà, les femmes célibataires ou sans enfant (du tout ou à domicile), font comment, elles se laissent mourir de faim par inadvertance: n’ayant pas à remplir le rôle pas du tout réducteur de mère nourricière, elles ne peuvent pas penser à cuisiner pour elles-mêmes? C’est ballot alors. Et les hommes? Ils dépérissent, perdus, en errant lamentablement dans leur cuisine sans savoir quoi faire? Ou alors ils vont chasser le mammouth laineux à main nue sur les parking de supermarché, et le déchiquettent tout cru, en mordant dedans? Non mais c’est quoi ce délire? Alors je ne dis pas, depuis une certaine paella finie par le chien du voisin qui s’est dévoué (cette bête était admirable), je préfère effectivement que Marichéri ne cuisine pas. Mais c’est plus une question d’instinct de survie que de clichés sexistes…je sens que je m’éloigne du sujet…
Je précise que je n’ai rien contre la fête des mères en soi (quoique…mais c’est un autre débat), je pousse tous les ans des cris d’admiration béate devant des œuvres paillettées de mes enfants, je suis émue quand L’Adulte me jette dessus un paquet de bonbons en grommelant « ouais meuh, bonne fête, tu vois, non mais coin » et je fais toujours un cadeau à ma maman. Des places de spectacle, un tableau, un livre sur le féminisme, ce genre de chose… jamais une serpillère ou un fer à repasser. C’est pas possible les sombres connards (et connasses, ne soyons pas sexistes, nous) qui pondent les promos fête des mères dans les grandes surfaces sont tous orphelins ou quoi? Ils ont un compte à régler avec leur mère? Elle les a inscrit au judo ou au foot quand ils étaient petits alors qu’ils voulaient aller au club « machisme et consumérisme » et ils leur en veulent à vie? Elle les obligeait à finir leurs endives bouillies? (Bon là, d’accord c’est carrément de la maltraitance). Sérieusement, c’est quoi leur problème à ces gens pour qu’ils confondent fête des mères et faites la lessive?
C’est merveilleux, on apprend donc à nos gamins le plus tôt possible que leur maman n’est bonne qu’à faire à bouffer, à passer la serpillère et repasser. Que ce n’est évidement pas leur papa qui peut faire tout ça. Les pubs de fête des pères sont d’ailleurs aussi débiles et sexistes, avec leurs perceuses et autres ponceuses (tiens, si je croise un publicitaire il faudra que je lui explique, chez nous le fer à repasser sert à Maricheri et c’est moi qui utilise la ponceuse. Ni l’un ni l’autre n’étaient des cadeaux). Mais revenons à la fête des bonniches mères. C’est merveilleux, rien n’a évolué depuis les années 50, les publicitaires sont toujours persuadés que la place d’une femme est dans la cuisine. Non seulement c’est d’un sexisme arriéré puant, mais ça donne quelle image des relations parents-enfants? On aime nos parents non pas pour ce qu’ils sont mais pour ce qu’ils font matériellement pour nous, c’est ça? Parce que ces pubs s’adressent aussi à nous, adultes qui devrions donc offrir une friteuse à 50% à nos mamans plutôt que de nous intéresser à leurs goûts et leurs passions et essayer de leur faire vraiment plaisir ( bon évidemment, si votre maman est passionnée par les frites, ça passe). On se contrefiche de ce qu’une maman apporte comme amour, éducation, souvenirs et j’en passe à son gosse, du moment qu’elle remplace gratuitement la femme (ou l’homme) de ménage, c’est ça? Je vais mordre.
Je précise aussi à toute fin utile que le premier ou la première qui songerait un jour à m’offrir un mixeur ou un aspirateur se le prendra dans la gueule. Avec tout mon amour maternel bien sûr.
Quand j’ai commencé cette rubrique, j’ai expliqué qu’il s’agissait de bouts de phrases, de bribes de conversations, de mots glanés au vol qui m’amusaient, m’intriguaient ou m’émouvaient et franchement, dans les trois cas, il m’en faut peu. Je suis très bon public. Par hasard, il y a souvent eu des phrases qui m’amusaient, parfois des phrases qui m’intriguaient mais jamais, je crois, de phrases qui m’émouvaient. Eh bien là, j’ai les larmes aux yeux et c’est un euphémisme.
On habite une commune divisée en plusieurs hameaux et un village principal qui a gardé tout son esprit villageois justement. On y est, dans ce village, mais tout au fond, en bordure de champs et notre rue n’est pas bien grande, quelques anciennes petites maisons basses en bas, ce qui fut des fermes au milieu et nous et le terrain de foot au bout. On dit bonjour à tous les voisins dès qu’on les croise. La moyenne d’âge est assez avancée mais peu à peu, on apprend à les connaître, on sympathise avec certains. Au début de la rue, il y a un vieux monsieur qui passe ses journées adossé à son portail. Il nous salue religieusement depuis 5 ans à chaque passage. On échange des banalités sur la météo, on discute des travaux, mais ça ne va pas plus loin. On est un peu au courant de ses malheurs par les autres voisins, on sait qu’il a perdu sa mère de 95 ans il y a peu alors qu’il vivait toujours avec elle.
Aujourd’hui, ça n’a pas manqué, il a bien dit bonjour à Wizzboy et moi, mais il n’a pas parlé de la météo. Il vend des jouets d’enfants, devant son portail. Il a remarqué que Wizzboy était trop grand pour le petit vélo…comme ses petits enfants. J’ai été ravie d’apprendre qu’il en avait sauf que donc, il vend tout parce que :
Il m’a montré le toboggan, le vélo, tout ce qu’il avait acheté pour eux et qui ne sert plus. Il a perdu son père, sa mère, sa fille vit à l’autre bout de la France, je n’ai pas osé demander pour sa femme, mais il y a longtemps qu’il est seul. Il m’a raconté l’agonie de sa mère, l’enterrement, les soucis et ses petits enfants absents. Il a pleuré. Il est seul, adossé à son portail et attend qu’un voisin passe pour parler à quelqu’un…je suis rentrée en larmes. C’est Marichéri qui m’a dit qu’ici, on ne porte pas des lasagnes aux gens comme ça, c’est un truc d’anglais. On fait quoi alors, sans le brusquer, pour ce monsieur? Certes, il connaît tout le village bien sûr, il y a des amis, mais voilà, il se retrouve tout seul dans cette maison familiale, et ses petits enfants ne viennent plus maintenant.