Comme Ma a déjà proposé ce thème et que j’ai pas mal cassé l’ambiance (je n’aime pas l’automne) plusieurs fois, j’ai décidé de trouver une photo moins tristounette que d’habitude. Je ne peux pas encore recaser mes jack o lanterns, il a fallu trouver autre chose. Je me suis décidée pour un chemin. Après tout l’automne ouvre la voie à Halloween et surtout, tout au bout là-bas quand il est fini et qu’on passe à l’hiver, à Noël!
Le vendredi c’est états d’esprit, imaginés par ma copine Zenopia
Fatigue: ça doit être l’automne qui arrive enfin, je me traîne.
Condition physique: bof…
Humeur: automnale. Et je n’aime pas l’automne.
Esprit: bon là par contre, octobre oblige, esprit d’Halloween bien sûr! Booh!
Estomac: le café, c’est la vie.
Boulot: ça se traîne de ce côté aussi…il n’y a pas à dire, je suis mollassonne en ce moment.
Culture: alors j’ai appris des tas de choses dernièrement sur des pays aussi exotiques que captivants: le Royaume des Tongas, l’Etat Indépendant des Samoa ou encore la République des Fidji (ce sont les noms officiels). En plus du fait qu’ils ont tous des progrès à faire en matière de rugby je veux dire.
Avis perso:le service client de Renault, ce repaire d’ectoplasmes incapables, ce puit sans fond d’incompétence crasse, ce désert zombiesque de la pensée, ce cloaque fumeux de décérébrés maléfiques, bref, le service client de Renault n’est pas aimable. Voilà.
Message perso: à tout à l’heure!
Loulous: L’Adulte vient de repartir, après avoir cimenté sa réputation de star auprès des copains de Wizzboy, qui a amené l’accréditation presse de son frère pour le match Lens Arsenal (c’est du foot cette fois) à l’école. GeekAdo cherche toujours un stage, et c’est plus facile en troisième qu’à la fac! Mangagirl continue à s’éclater totalement à l’université, cette fois en étudiant Othello, qui est pourtant moyennement désopilant. Princessechipie mime très bien la baleine qui danse. Voilà, elle tenait à ce que je partage cette information essentielle. Je ne sais pas quoi dire d’autre…passons à Wizzboy qui jouit donc d’un prestige certain grâce à son frère. Il en faut peu pour devenir le roi de la cour de récré.
Divers:j’hésite à lancer une nouvelle rubrique, à la place des colères du jeudi. Ce qui ne m’empêchera pas d’en piquer quelques unes de temps en temps.
Amitié: il semblerait qu’une maman à l’école veuille sympathiser et même après 5 ans, je ne sais pas comment m’y prendre en français, c’est ridicule.
Love: il a vaincu le service client de Renault! Taïaut!
Envie de: ne plus jamais avoir à faire au service client de Renault.
Penser à : commencer à fabriquer les décorations d’Halloween (mais on ne les installera pas tout de suite).
Pic: Josephine fait une grosse sieste. Il fait dire que cette cane est particulièrement active et amicale, elle adore grimper sur les pieds des humains.
Il y a longtemps, quelqu’un connaissant ma facilite à m’énerver toute seule m’a envoyé un article parlant des familles nombreuses c’est à dire de ces fous furieux qui font plus que 2 gamins. Ça m’a un chouïa contrariée . Comme les remarques quand je dis que j’ai 5 enfants, j’en ai déjà parlé. Mais voila-t-il pas que j’apprends maintenant grâce à un journaliste pas du tout confit dans ses préjugés, qu’on est soit de sombres catholiques intégristes petits bourgeois moisis et probablement latinistes (pour la messe, c’est logique…), soit des cas sociaux. C’est tout, il n’y a pas d’autre alternative. Pour ce génie de l’investigation qui se base sur deux ou trois études sociologiques fumeuses, il n’y a pas le choix. Je résume, avec 5 enfants, on est soit les Groseille soit les Le Quesnoy (du film « la vie est un long fleuve tranquille »). Ce n’est pas du tout caricatural. Du tout…
Sérieusement, vous croyez qu’on ressemble à la photo là, au-dessus? Déjà, je suis coiffée comme Chewbacca avec une permanente eighties ratée (oui, je sais, c’est un pléonasme) et je ne mets jamais des colliers perles, principalement parce que je n’en posséde pas. En ce moment par contre, je porte des docs roses. J’ai hésité avec celles à fleurs, que j’aime beaucoup aussi. Ok, j’ai toujours un serre-tête, mais c’est pour essayer de maintenir ma teignasse (chewbacca, les frisettes, tout ça…). Et Marichéri qui est un rebelle (il lui arrive d’être le seul à ne pas porter de cravate dans des réunions importantes, oh yeah), déteste les religions, toutes les religions et les manifestations de groupe. Selon lui, la seule raison valable hormis touristique, pour rentrer dans un lieu de culte (il n’est pas sectaire, celui que vous voulez), c’est pour y mettre le feu. Il ne supporte pas que plus de deux personnes pensent comme lui (c’est à dire lui et son interlocuteur, qui a intérêt à ne pas moufter), alors les trucs de groupe, ce n’est pas pour lui. Nos enfants ne s’appellent pas Eusebe-Gontrand ou Ursule-Therese. Non, on ne leur transmet pas des valeurs qui d’après le journaliste, sont totalement ridicules et tout droit sorties de « Martine chez les petites sœurs des pauvres ».
Cela dit, je ne vois pas ce qu’il y a de répréhensible à enseigner la générosité et l’entraide à ses enfants. Le journaliste compte faire quoi avec ses gosses? Leur apprendre à être égoïste et à cracher sur les autres? Et vous croyez vraiment que seuls les cathos intégristes font des gamins? Si ça se trouve, les satanistes aussi! Et pourquoi ces cathos rétrogrades seraient forcément des bourgeois coincés en plein dix-neuvième siècle? Déjà, c’est un scoop mais je suis sûre qu’on peut être catho et pauvre. Catho et ouvert d’esprit, tolérant et moderne. Catho et sans enfant. Si. J’ai vécu 10 ans en Irlande, on ne me la fait pas. Le coup des cathos forcément bourgeois et bloqués dans les fifties, ça ne prend pas. Et puis bon, aller dire que seuls des gens coincés se reproduisent comme des lapins, c’est un chouïa contradictoire. Pour des coincés, ils ont plutôt l’air de s’éclater. Je dis ça comme ça.
Sinon, si on ne veut pas être des Le Quesnoy, c’est qu’on est forcément des cas sociaux qui se reproduisent sans faire exprès parce qu’ils n’ont pas compris comment ça marche ou pour toucher des allocs. Ahaha. Je connais l’argument, j’y ai droit régulièrement de la part de charmants débiles horrifiés devant mes 5 enfants. D’ailleurs, j’invite quiconque défendrait ce genre de conneries théories à jeter un œil sur notre facture de courses. Juste comme ça, pour rigoler un peu. Parce que les enfants, ça mange, ça s’habille, ça se déplace, ça a des loisirs, ça fait des études…ce n’est pas avec les sommes astronomiques qu’on touche en allocs, qui se montent à zéro, rien, qu’on va leur payer tout ça. Les enfants, ça coûtent cher, si on avait voulu devenir riches, on aurait plutôt essayer de ne pas en avoir. Mais c’est intéressant, je suis sûre que ça va faire chaud au cœur des gosses du journaliste de savoir qu’il les prend pour des tirelires. C’est beau cet amour paternel. Sinon, le côté cas social décérébré ou bourré ou les deux, qui fait un gamin tous les 4 matins par inadvertance, ça ne va pas non plus. On sait très bien ce qu’on a fait, merci. Et oui, les 5 sont du même père (ils ont tous la même tête en plus, c’est énervant. Mon ADN, c’est du pipi de chat? ) et de la même mère (je sais, j’étais là quand ils sont sortis). Non mais.
Serieusement, lâchez-nous avec les théories débiles sur les familles nombreuses. On n’est ni les Le Quesnoy, ni les Groseille, juste des gens qui ont plus d’enfants que la moyenne. C’est pas grave, on le vit bien. Au moins aussi bien que ceux qui ont moins de neurones et plus de préjugés que la moyenne et que ça n’empêche pas de pondre des articles débiles
Encore une fois, la phrase de la semaine vient du rugby (promis, j’arrête, c’était notre dernier match). Forcément, il y a du monde, une ambiante débridée et quelque peu alcoolisée, ça permet d’entendre des tas de réflexions de partout. Cette fois, c’est la dame à côté de GeekAdo qui essayait de se faire expliquer le match par son compagnon, rapidement trop imbibé pour lui répondre de façon intelligible. Du coup, elle en a été réduite à commenter toute seule, sans rien comprendre mais avec passion. Je précise aussi que cette dame avait une bonne quarantaine, non parce que Wizzboy en a fait, des comme ça, quand il avait 5 ou 6 ans, mais plus depuis. C’est à dire que devant la pâtée monstrueuse que les roumains étaient en train de se prendre, cette spectatrice a eu pitié:
GeekAo a failli s’étouffer dans ses pop-corns. Même Wizzboy a tourné la tête bouchée bée, puis il s’est renseigné discrètement, on ne sait jamais : maman, on dit bien roumain? Alors certes, cette dame a un problème avec les ethnonymes, mais au moins, elle a bon cœur. C’est vrai ça, ils faisaient de la peine, à se prendre essai sur essai, c’est un problème de niveau, pas de vocabulaire!
Comme je ne peux pas faire de mardi tourisme cette semaine pour de bêtes raisons geographico-geekesques (en gros, les photos sont avec Maricheri à Londres et je n’arrive pas à me dépatouiller de son montage de fils et autres câbles pour les récupérer dans le bureau…bref, passons), je ressors un top 10 des lois rigolotes en UK. Non parce que je suis restée très calme et sereine bien sûr, devant ce léger contretemps photographique, mais j’ai quand même besoin de me détendre un peu.
10-Les locomotive à vapeur ne peuvent pas rouler à plus 4 miles à l’heure sur une route gourdronnée. Les gens qui font remarquer qu’on trouve généralement les locomotives plutôt sur des rails que sur l’autoroute, et celles à vapeur au musée ne sont que des mauvaises langues qui ne savent pas apprécier la poésie de la législation britannique
9-En Écosse, c’est un délit de boire de l’alcool quand on garde les vaches. C’est une très bonne loi, je suis pour! Tout ce qui touche à la protection des vaches est une excellente chose.
8-A Liverpool, il est illégal de travailler torse nu à moins d’être employé d’un magasin vendant des poissons exotiques. J’avoue que je ne vois pas le rapport mais il y a sûrement une bonne raison. Sûrement…
7-Vous ne pouvez pas importer de pommes de terre si vous avez des raisons de penser qu’elles viennent de Pologne (c’est vraiment formulé comme ça, je n’ai fait que traduire). Je ne sais pas moi, si vous croisez des pommes de terre sur un ferry, demandez-leur d’où elles viennent avant de débarquer à Douvres…Mais méfiez-vous, on ne dira jamais assez combien la pomme de terre polonaise est fourbe, des fois, elle rentre subrepticement en Angleterre en se faisant passer pour une pomme de terre roumaine.
6-Il est interdit de mourir au parlement, à Westminster. Tout comme d’y entrer en armure. Si. Par contre vous pouvez mourir dans une armure, mais plus loin, dans l’herbe par là…
5-Depuis le 16ème siècle, casser un œuf dur à l’envers est puni de 24 heures de pilori. C’est angoissant. Comment fait-on pour être sûr que l’œuf est dans le bon sens? Je crois que je vais arrêter les œufs durs, c’est plus prudent. Je ne savais pas à quel point un œuf dur pouvait être dangereux.
4- A Londres, un passant souffrant de la peste et le sachant n’a pas le droit de héler un taxi. Évidemment, si il pense qu’il a juste un gros rhume, on n’y peut rien. Sinon, il peut toujours aller prendre son taxi en banlieue.
3-En Angleterre uniquement, tous les garçons de plus de 14 ans doivent s’entraîner au moins deux heures par jour au tir à l’arc, sous la supervision du clergé. Cette loi remarquable, inspirée directement des rencontres sportives colorées de la guerre de 100 ans entre français et anglais, n’a jamais été abolie. Heureusement, elle n’est plus appliquée, l’Ado étant assez maladroit, il aurait pu se flanquer une flèche dans le pied, ou tirer dans l’oreille du vicaire. Ça aurait fait scandale.
2-Pour rester dans les armes, sachez que si il vous prend l’idée de tirer au canon à moins de 300 yards d’une habitation et que cela dérange les habitants, vous risquez une amende de £200. Évidemment, si les habitants sont un peu durs d’oreille, vous pourrez sûrement échapper à l’amende.
1- Il n’y a pas que des lois datant du moyen âge. Figurez-vous que depuis 1998, il est illégal de provoquer volontairement une explosion nucléaire en Angleterre. On l’a échappé belle quand on pense qu’avant cette date, c’était encore permis! Certes, il reste la possibilité d’une explosion involontaire, par pure étourderie…ça m’inquiète, où est l’Ado?
Et en bonus, parce que j’ai trouvé ça hilarant: Il est illégal de manipuler un saumon dans des circonstances troubles (mais non précisées) Voulez-vous lâcher cette pauvre bête!
Cette semaine a encore été marquée par le rugby, mais c’était notre dernier match. Wizzboy a adoré l’ambiance et nous aussi.
Après, on a aussi été impressionné par la descente des écossais à côté, on a compris pourquoi ils chantent autant!
L’autre événement de la semaine, c’est qu’il n’y a plus aucun doute: Temporaire est un coq. Il s’appelle donc Nestor (le plus foncé ) maintenant. Imogene et Philomène (alias Dupont et Dupond) se méfient, Millicent, qui est très philosophie pour une poule, ne s’en émeut pas. C’est dommage, parce qu’on aimerait bien des poussins de soie…Millicent et Nestor, avec leur coiffure punk, ça donnerait un mélange sympa, non?
Comme c’est encore L’Adulte qui participe cette semaine, le choix a été vite fait pour illustrer le thème proposé par Ma’. Il s’agit d’une architecture très particulière, et même surréaliste, puisqu’elle est l’œuvre de Dali. On n’est jamais mieux servi que par soi même, c’est donc lui qui a conçu le musée Dali de Figueres en Espagne, avec ses couleurs vives mais surtout ses œufs géants sur le toit. C’est assez surprenant.
Le vendredi c’est états d’esprit imaginés par ma copine Zenopia
Fatigue: j’ai été désignée volontaire par Wizzboy pour aaccompagner une sortie scolaire hier. Je ne m’en remets toujours pas.
Condition physique: C’est pas possible, J’ai dû choper des acouphènes hier, j’ai toujours l’impression d’entendre 20 gamins hurler…
Esprit: zzzzzzzzzÏÏÏzzz
Humeur: plus du tout nostalgique du temps où j’enseignais!
Estomac: en plus c’était sans café, c’est dire l’horreur.
Boulot: vu que j’ai passé la moitié de la semaine à me traîner lamentablement de plaid en coussin et vice versa, on ne peut pas dire que j’ai été particulièrement efficace.
Culture: alors donc, le boulot de Maricheri est très multiculturel. Après le tambour Nigerian (qui est clairement un instrument d’extérieur), il s’est vu offrir une sorte de service à thé hindou. C’est très culturel et puis surtout, ça n’est pas sensé produire des sons.
Avis perso: le rhube, c’est pas des gens comme nous.
Message perso: j’espère que ta semaine de reprise s’est bien passée, fingers crossed pour la suite.
Loulous: L’Adulte arrive! Il a beau être débordé, il vient enfin nous voir…bon après, il n’y a pas de match en semaine, ça aide. GeekAdo, plein d’espoir et de naïveté, a voulu s’inscrire à la salle de sport de l’université. Comme il dit, le sport, c’est de comprendre comment s’inscrire et après, d’essayer de la trouver. Après trois tours de campus, il était bien crevé, sans avoir mis un orteil dans la salle. Mangagirl s’éclate en literature, elle et la prof soulent l’amphi entier, elle est ravie. Princessechipie a eu droit à une journée à la plage (pour étudier l’érosion, évidemment, ce n’est pas parce que les profs avaient envie de se balader….), elle a réussi à attraper un coup de soleil, dans le Pas de Calais, fin septembre, alors que c’était très couvert….c’est son côté anglais sûrement. Wizzboy est en pleine interrogation: on va voir jouer l’Ecosse samedi, est-ce qu’il y aura des gens en kilt? Ah oui, c’est même certain! Mais est-ce que lui aussi, doit se mettre en jupe? Non c’est bon, tu peux y aller en civil.
Divers: les sorties scolaires en primaire devraient être interdites par la convention de Genève. Surtout avec un rhube (oui, je parle comme un canard , en ce moment, atchoum, et ça m’énerve aussi)
Amitié: à tout à l’heure?
Love: Wizzboy lui a donné des idées, il s’est renseigné sur le prix du tartan. Finalement, il va y aller en pantalon.
Penser à: préparer des sandwichs pour samedi.
Envie de: respirer normalement!
Pic: après les anglais et leurs bérets rugbystiques que j’ai trouvé superbes, on s’attend donc a croiser des supporters en jupe écossaise demain.
Étant de corvée d’accompagnement de sortie scapulaire et donc d’excellente humeur, je ressors une vieille colère qui nan rien à voir mais qui est tout le temps d’actualité.
Quand on a quitté brexitland, j’ai écrit un billet sur notre départ. C’était plus une sorte de thérapie personnelle qu’autre chose, j’avais besoin de mettre des mots et un point final sur un moment (18 mois depuis le référendum) qu’on n’a pas exactement vécu comme une joie. Comme on n’avait pas internet mais par contre, beaucoup d’autres choses à faire en plein déménagement, je n’ai pas trop suivi les aventures de ce billet. Il est parti vivre sa vie tout seul sur les RS, sans que je sois forcément au courant. Il m’a totalement échappé. Visiblement, il a pas mal traîné toujours je ne sais où, le petit coquin, parce que j’ai reçu pendant longtemps des messages à son sujet dont l’un d’un français de France (je veux dire : pas d’un expat) dont le doux pseudo laisse très peu de doute sur ses revendications politiques. Ce brave homme me fait des tas de reproches, dont celui de ne pas respecter la liberté d’expression des brexiters. Puisque je suis assez sotte et perverse pour ne pas être d’accord avec eux, je dois me taire, toujours au nom de la liberté d’expression. La logique de la chose me laisse bouche bée.
Déjà, cher monsieur, la liberté d’expression de xenophobes qui en usent pour insulter mes enfants sous prétexte que leurs parents sont nés ailleurs, effectivement ça me défrise (et vu ma tignasse, il en fait beaucoup). Ensuite, sans vouloir faire ma maligne, et quelques soit vos convictions, je pense être plus qualifiée que vous pour décrire ma vie en brexitland. Je trouve ça remarquable que, parce que vous croyez être politiquement d’accord avec des gens que vous ne connaissez pas, vous vous arrogiez le droit de me dire que je ne peux parler de ce que j’ai vécu. D’ailleurs, si vous croyez que les charmants bisounours dont vous vous faites l’avocat avec autant d’incompétence vous accueilleraient à bras ouverts, ce serait plutôt vous qui n’avez rien compris. Ils se moquent éperdument de vos engagements dans votre pays, pour eux, vous ne seriez qu’un sale migrant européen à foutre dehors. Un étranger. Quand à dire que le brexit est un acte de courage, la prise de liberté du peuple et j’en passe, c’est tellement risible que je préfère ne pas répondre. De toute façon, aveuglé par votre idéologie nauséabonde, vous refuseriez de comprendre. C’est une des choses qui me choque le plus d’ailleurs, le brexit a été érigé en credo mystique. La réalité et l’esprit critique n’existent plus pour ses adeptes. Je ne pensais pas qu’un tel endoctrinement pourrait fonctionner en Angleterre.
Mais je perdrais mon temps à vous monter les chiffres, à vous parler de la réalité du terrain qui n’a rien à voir avec les beaux discours bien calibrés pondus méthodiquement par des officines propagandistes pour impressionner de pauvres gens comme vous qui en redemandent. Je présume que Cambridge Analytica, ça ne vous dit rien? Pour revenir à la liberté d’expression, si vous aviez pris la peine de lire tout ce que j’écris sur le brexit depuis deux ans, vous auriez vu que je n’ai jamais critiqué les souverainistes, même si j’ai répété de multiples fois à quel point je n’étais pas d’accord avec leurs idées. Je serais ravie de débattre et d’entendre leurs arguments raisonnés. Le problème, c’est que j’attends toujours…et non, vos trois slogans abscons, aussi vide de sens que plein de préjugés ne sont pas une démonstration logique. Je ne critique pas les brexiters (qui n’ont souvent aucune idée des théories souverainistes, mais sont juste bouffis de haine contre les étrangers, européens et autres) par ignorance, mais par auto défense. Ce sont eux qui ont commencé à nous attaquer, alors qu’on n’avait rien demandé et qu’on ne les a jamais empêché de se tirer une balle dans le pied si ça leur chante. Ils pouvaient tout à fait mettre à terre leur système de santé, faire fuir leurs entreprises et leurs services financiers, dévaluer leur monnaie, exploser l’inflation, et endetter encore plus leur pays si ça les amuse, sans déverser en plus des torrents de haine sur nous…quoique non, parce qu’on a aimé passionnément leur pays et voir l’état de désolation dans lequel ils le plongent par entêtement idéologique nous attriste profondément. J’imagine que ça vous échappe, ça aussi. Le fait que ces grands démocrates désignent tous ceux qui ne pensent pas comme eux comme des ennemies du peuple ne vous pose pas de problème? Non, probablement pas puisque vous m’intimez l’ordre de me taire au nom de la liberté d’expression…
Vous voyez, vous vous êtes plaint que je ne vous réponde pas, vous avez droit à billet entier. C’est juste que je ne laisserai pas passer vos commentaires par égards pour mes lecteurs. Après 18 mois en brexitland, je me suis malheureusement habituée à ce genre de logorrhée verbale agressive et dénuée de sens, mais il n’y a pas de raison que je la leur fasse subir. Par contre, c’est très gentil d’avoir mis des vaches dans votre conclusion. Mais je ne suis pas sûre que si chacun reste chez soi, les vaches seront vraiment bien gardées. La transhumance, ça vous dit quelque chose?
Cette semaine, c’est encore au rugby que j’ai entendu la phrase qui m’a le plus marquée. Je ne sais pas si c’est l’état d’ébriété ambiant ou la bonne humeur festive dans les tribunes, mais il y a toujours des tas de citations rigolotes qui fusent de partout. J’ai choisi une des sorties de l’anglais derrière moi, qui s’est essayé au français. Pour une raison obscure, alors qu’il s’agissait d’un match Angleterre Chili, une Marseillaise est partie tout à coup et ce monsieur a participé à pleins poumons. Le seul petit problème, c’est que de son propre aveu, il ne connaissait pas vraiment les paroles, il a donc improvisé:
Il était très content de sa prestation et je l’ai d’ailleurs chaudement félicité. C’est là qu’il m’a expliqué son manque de vocabulaire mais j’ai tenu à le rassurer, parce que caser « porte fenêtre » dans La Marseillaise, il faut le faire! Je n’ai pas cherché à savoir comment il connaissait le mot, il s’était déjà retourné vers sa femme pour lui répéter mes compliments. Alors que je lui ai parlé en anglais. Et qu’elle avait donc déjà compris, elle m’a même fait un petit coucou gêné. Il n’y a pas de quoi, vraiment j’ai beaucoup apprécié. Le monsieur nous a pratiquement sauté au cou pour nous dire au revoir à la fin du match: on s’est donné rendez-vous pour la demi finale, si tout va bien pour nos équipes respectives. Il a tenu à nous assurer qu’il allait réviser les paroles de La Marseillaise d’ici là.