Brexit et retour en France


Je l’ai brièvement évoqué, mercredi dernier, avec deux filles extraordinaires qui défendent avec passion et compétence, les droits des européens en Grande Bretagne, j’ai été invitée à témoigner au sénat, devant la commission brexit. J’espère que ça a un peu ouvert les yeux à tous ces sénateurs qui n’avaient pas compris que derrière les enjeux économiques, il y a de vrais gens. Ils sont tombés des nues quand on leur a expliqué la situation des français en Grande-Bretagne, alors qu’ils planchent sur le brexit depuis des mois. Mais à lire le trancript édulcoré de la séance, je ne suis pas sûre que le message soit vraiment passé, en tout cas auprès de tous …

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Non, le brexit, ce n’est pas que des problèmes d’imports exports automobiles. Les français, comme les autres européens vivent dans l’incertitude, l’angoisse et font face à un climat de xénophobie savamment entretenu par le gouvernement britannique, quoiqu’il en dise à Bruxelles. Non, on n’a jamais dit que tous les anglais étaient racistes. Mais on a toutes à raconter des incidents xenophobes dont nous et nos proches avons été victimes. Je comprends que c’est difficile à entendre, que c’est bien loin de l’image de tolérance et de multiculturalisme que vous avez de la Grande-Bretagne, que cela vous paraît inimaginable qu’un gouvernement britannique mette en place une discrimination d’état. Nous aussi, même en le vivant, on a du mal à y croire. Nous qui aimions tant la Grande-Bretagne qu’on avait choisi d’y construire nos vies, on est sous le choc, depuis juin 2016, on se sent perdu, trahi, abandonné. Oui, à deux heures de Paris, on traite les français de vermine, juste parce qu’ils sont français. On les agresse dans les transports, parce qu’ils parlent français. On les insulte, on leur dit de rentrer chez eux, on remet en cause leurs droits, parce qu’ils sont français.

Non, notre sort n’est pas réglé, loin de là, malgré les déclarations d’intention de Theresa May. Si rien n’est fait, en mars 2019, les français du Royaume-Uni (et tous les européens) tomberont dans un vide juridique et seront à la merci d’une politique anti immigration dont le seul but est de chasser le plus d’étrangers possible, même ceux qui sont dans leur bon droit, et de discuter après. A cause du hostile environment mis en place par Theresa May elle-même, nous ne pourrons plus avoir accès au logement, à l’emploi, aux soins. Malgré les beaux discours et les vagues promesses bruxelloises, la machine administrative implacable qu’elle a créée nous broiera. De facto, en mars 2019, si négociations n’aboutissent pas très vite, les européens en Grande-Bretagne n’auront plus de statut. Et si par hasard une solution est trouvée pour certains, on ne sait absolument pas à quoi elle donnera droit ni pour combien de temps. Les estimations varient: c’est entre 30 et 90 % (oui, moi aussi, j’ai eu du mal à y croire en entendant le chiffre) des européens qui seront contraints de quitter la Grande-Bretagne, par décision administrative (pour ne pas dire déportés) ou pour fuir des conditions de vie que le gouvernement aura volontairement rendu intenables. C’est tellement plus propre et économique de faire en sorte que les étrangers partent d’eux-même plutôt de d’affréter des bateaux pour les foutre dehors!

Alors on nous dit que c’est à nous de nous préparer, que ça ne concerne pas l’état français. Mais on n’a pas le temps de se préparer. Plus on est parti depuis longtemps, plus il est difficile de préparer son retour. Un expat qui part pour une durée donnée, même longue, peut organiser son retour, alors que pour beaucoup d’entre nous, ce retour n’était pas prévu. Dans mon cas, je suis partie à la fin de mes études, je ne connais rien à la vie d’adulte en France, sans compter que l’administration française n’aide pas. Vous êtes prêts à accueillir des dizaines voire des centaines de milliers de personnes en un laps de temps très court? Non. Vous savez ce qu’il adviendra des conjoints britanniques qui perdront leur statut de ressortissants européens? Non. Vous avez décidé de ce que deviendront nos cotisations? Non. Vous savez comment vous allez loger ces dizaines et dizaines de milliers de familles qui se trouveront dehors, parce qu’on leur demande des avis d’imposition français même quand elles proposent de payer deux ans de loyer en avance? Non. Comment on pourra se faire soigner, malgré le délai de carence même si on en a les moyens? Non. Comment les administrations vont faire face à cet afflux de personnes qui ne rentrent pas dans les cases? Non. Alors, on fait comment pour se préparer?

Il y a officiellement entre 300 et 400 milles français en Grande-Bretagne, mais tous ne sont pas inscrits dans les consulats, et cela ne prend pas en compte les conjoints et enfants britanniques. Ça fait beaucoup de monde qui risque de débarquer en même temps, et pas par choix, à Calais. Ça ne concerne vraiment pas l’état français? Cet état qui nous doit la protection consulaire? Vous pensez qu’on exagère? Que le brexit, ce n’est pas si grave? Le gouvernement britannique lui-même a prévu que si il n’y a pas d’accord, la nourriture et les médicaments commenceront à manquer en 15 jours (je mets un lien ici, je sais qu’on ne me croira pas sinon). On ne vous demande pas un traitement de faveur, juste qu’on se souvienne de notre existence pendant qu’on négocie les nouvelles règles d’imports exports automobiles.

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106 commentaires pour Brexit et retour en France

  1. Catwoman dit :

    Les êtres humains sont si peu de choses dans ce monde. C’est clair que c’est tellement plus important de vendre et acheter des voitures … J’espère que ton témoignage au Sénat servira à quelque chose et qu’ils finiront par ouvrir les yeux sur le sort de toutes ces familles !

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  2. unedidobelle dit :

    Je suis sous le choc en lisant ton article! Sincèrement je n’imaginais pas que vous viviez tout ça, vous êtes dans la même situation que les immigrés du sud sauf que vous n’avez pas quitté la France pour des raisons politiques, de guerre, de famine … Mais le résultat reste le même être traité comme des pestiférés alors que vous avez construit votre vie là-bas, c’est aberrant! :/ Je partage ton article si tu veux bien 😮

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    • pomdepin dit :

      C’est tout à fait ça, on s’est réveillé du jour au lendemain avec l’étiquette migrant collee sur le front alors qu’on se croyait totalement intégré. Et bien sûr, tu peux partager, merci!

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  3. Il est tellement important que quelqu’un qui vit le Brexit de l’intérieur puisse ouvrir les yeux de nos politiques qui, a leur habitude, ne regardent pas très loin de peur de faire des vagues et que cela éclabousse leur petit confort !
    Merci

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    • pomdepin dit :

      J’espère qu’on aura été entendue, mais je ne me fais pas trop d’illusion. Cela dit, le president de la commission eu l’air touché, sur le moment.

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  4. carrie4myself dit :

    Perso vu les difficultés eues en rentrant en France venant d’un pays européen, la situation est loin d’être réglée.
    C’est énorme et encourageant d’avoir été reçu au Sénat mais sincèrement je n’y crois pas trop; n’oublions pas qu’il s’agit de politique et… d’argent mis en cause.
    Je me repete (suis vieille etc…) mais: informez les médias français. Vous aurez alors peut être plus d’ouverture, d’écoute en un temps un peu plus rapide.

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  5. Pompommegirl dit :

    Très bel article
    Bon courage

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    • pomdepin dit :

      Merci…on a eu la chance de pouvoir rentrer en France, depuis 4 mois. Ça n’a pas été facile, y compris émotionnellement (on ne pensait pas être contraint à en arriver là) mais comment feront tous ceux qui ne peuvent pas acheter un logement par exemple? Impossible de louer ou d’emprunter en arrivant de l’étranger.

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  6. Neomeris dit :

    Mouais… 5 ans que nous sommes à Londres, le Brexit a jeté un froid, certes, mais il ne faut pas exagérer! Certains récits pleurnichards ne font que desservir le propos et décrédibiliser ceux qui soulignent les vrais problèmes économiques et sociaux/sociétaux posés par le Brexit.
    Mais après tout, raler et se plaindre c’est si francais! 😉

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  7. Cécile dit :

    Ton récit me fait très peur… Nous partons dans le Nord de l’Angleterre pour 3 ans cet été. Pour l’instant, nous avons plutôt été accueillis les bras ouverts (aucune difficulté pour trouver un logement, enfants inscrits à l’école…) mais j’avoue que tu me fais peur.

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    • pomdepin dit :

      Je ne veux surtout pas t’affoler. Il y a une différence entre un statut d’expat (pour un temps défini) et celui de gens installés à vie. Et tu peux t’organiser en fonction des nouvelles règles qu’on applique a posteriori à ceux déjà sur place. Je te conseille par exemple de t’inscrire à la caisse des français de l’étranger. Le problème est qu’on demande aujourd’hui à des personnes installées depuis des dizaines d’années des justificatifs qui n’existaient pas quand ils sont arrivés. Pire encore, l’état n’a pas renouvelé les permis de séjour des européens arrivés avant que la Grande Bretagne rentre dans l’UE, au motif qu’ils n’en avaient plus besoin. Et aujourd’hui, on les leur demande pour justifier leur statut! Il y a une multitude de cas administratifs différents et tous plus ubuesques les uns que les autres.
      Après, pour ce qui est de l’ambiance générale, encore une fois, tous les anglais ne sont pas xenophobes loin de la. Mais le brexit a ouvert les vannes et beaucoup qui se taisaient, se croient maintenant autorisés à étaler leur racisme en toute impunité. Je te conseille de regarder les résultats du référendum et des élections locales avant de choisir où vous habiterez. Sinon, j’ai des amis anglais extraordinaires, qui sont encore plus effondré que nous devant la situation, je te rassure!

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  8. chenillenvol dit :

    Malheureusement les import/export touchent au porte-feuille, pas les gens -ou alors ils sont vu en tant que dépenses.
    Concernant les loyers en France, on m’avait demandé les fiches de paye des 3 derniers mois, pas la déclaration d’impôts. Mais il est vrai que c’était un meublé.
    En tout cas, j’espère que ces situations pourront être réglées officiellement -oui parce que le temps entre la prise de décisions et leur application…. même si je croise les doigts pour que ce temps soit court.

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  9. 4 ans que je vis en UK et aucun soucis, rien n’a change depuis le Brexit.

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    • pomdepin dit :

      Vraiment? https://www.independent.co.uk/news/uk/home-news/racist-hate-crimes-surge-to-record-high-after-brexit-vote-new-figures-reveal-a7829551.html
      Je ne parle même pas du coût du brexit par foyer, ou de l’inflation…je suis ravie pour toi, très sincèrement, vraiment, si tu n’as rien remarqué. Mais si, les choses ont changé. Et crois bien que ça me fait très mal, j’ai profondément aimé la Grande Bretagne, je l’aime toujours et la voir se transformer comme ça me désole.

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      • Je parlais juste de mon ressenti. J’ai jamais eu un seul soucis d’ordre xenophobe et mon mortgage et ma council tax n’a pas augmente. L’environnement est plutot bienveillant de mon cote. Par contre c’est le bordel mediatique, mais en pratique, bof.
        La seule difference vraiment notable c’est le prix des produits importes a cause d’une livre plus faible, je peux vivre avec ca. De toutes facons on me demande pas mon avis, c’est leur pays, leurs regles, leur vote, je respecte ca.

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      • pomdepin dit :

        Justement, pour ceux d’entre nous qui étions intégrés, c’était notre pays. Voir ce qu’il devient nous désole. Ensuite, c’est effectivement leur choix, tout ce qu’on demande c’est qu’ils ne changent pas les règles a posteriori pour ceux qui sont déjà la. Regarde le windruh scandal. Enfin tous, EU27 citizens n’ont pas les moyens de supporter l’inflation comme toi (ou moi, je le reconnais). C’est justement ceux la qui sont le plus à risque et qui ont besoin qu’on les soutienne en cas de retour forcé.

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      • Rien ne t’empeche de rester et de faire la difference. Si tu as une vie ici et que tu peux supporter l’inflation ca devrait pas etre un probleme et sur le moyen terme ca va de toutes manieres se tasser.

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      • pomdepin dit :

        J’ai aussi une famille et des enfants….je ne peux que t’inviter à lire mes précédents billets sur le sujet pour comprendre. Je ne partage pas non plus ton optimisme, je ne suis pas sure que les choses se tassent.

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      • Je lirais. Je concois que la situation n’est pas vecue de la meme facon par tous, mais du coup, c’est pas unilateral non plus.

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    • SM49 dit :

      C’est leur pays et ils font ce qu’ils veulent soit, mais appliquer de nouvelles règles rétroactivement et devoir prouver que l’on est là légalement, c’est carrément inadmissible surtout quand on est marié à un Britannique et que cela compte pour rien. La Françe est devenu « l’étranger » pour bon nombre qui sont en GB depuis des décennies.

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    • Murielle dit :

      Ah revoilà Guillaume Muller

      Je pensais que tu avais pris conscience d être dans ta bubulle privilégiée .
      Je pensais que lire mon témoignage et autrès aurait ouvert tes yeux .

      Bref. . .

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  10. Comme souvent les intérêts financiers passent avec les questions humaines, j’ai l’impression 😦

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  11. Anonyme dit :

    Merci de continuer à vous battre depuis la France pour ceux qui, comme nous, sommes toujours là-bas et chapeau aux 3million qui font un travail formidable ! A moins de faire l’autruche, il est difficile d’être serein face aux agissements du gouvernement, sans même parler de ses tergiversations constantes.

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    • pomdepin dit :

      Mon mari travaille à moitié sur Londres, notre fils ainé y vit toujours pour ses études. On ne peut pas fermer les yeux, juste parce qu’on a réussi à se mettre à l’abris. Merci pour les encouragements (je crois que je ne peux plus cacher que je fais partie des 3millions 🙂 ), et bon courage. On ne lâchera rien.

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  12. Joëlle dit :

    Devrions-nous traiter les anglais installés en France de la même façon afin qu’ils comprennent? Parce qu’ils ont bien su profiter de la manne des aides agricoles de Bruxelles quand ils sont venus dans les années 80, en faisant de l’élevage de chevaux!
    Les Administrations d’ici et d’ailleurs se moquent éperdument des personnes qui sont derrière les noms dans leurs registres. Alors je ne suis pas très optimiste à ce sujet. Même si je suis impressionnée de savoir que le Sénat a consenti à vous donner la parole, je pense qu’il faudrait lancer un mouvement sur les réseaux sociaux, de type #jetésdehors… De nos jours il semblerait qu’il n’y a que ça pour faire avancer les choses!!!
    Ta plume ne faillit pas, continue!

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    • pomdepin dit :

      Non, ils sont dans la même incertitude et eux non plus n’ont pas pu voter lors du référendum. Les britanniques expatriés depuis plus de 15 ans perdent leur droit de vote en Grande Bretagne, c’est assez incompréhensible. Même après 21 ans’ j’ai toujours pu voter à l’ambassade de France. Les britanniques en France sont très actifs, on travaille beaucoup avec eux pour défendre les droits de tous, de chaque côté de la Manche. Après, il y a toujours des exceptions…je me souviens d’un reportage de la chaîne anglaise Channel 4 qui montrait des anglais installés en Espagne qui étaient pour le brexit parce qu’ils trouvaient qu’il y avait trop d’étranger en grande-bretagne . L’ironie de la chose leur échappait totalement.

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      • Joëlle dit :

        Les pauvres, alors, ils sont à plaindre. Merci d’avoir clarifié le sujet!

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      • Fabrice dit :

        Je viens de découvrir ton blog et je suis éffaré par tes posts car je ne pensais pas que c’était si brutal.
        Personnellement je suis expat Français en Espagne depuis 20 ans maintenant et je comprend parfaitement ce que tu as pu vivre. Habitant dans une zone très touristique (Andalousie) et très appréciée des Britaniques, je peux te confirmer leurs ressentis vis-à-vis des étrangers là-bas (quels qu’ils soient) bien qu’ils ne vivent plus ou peu au Royaume-Uni. Ils ne comprennent même pas -enfin je crois- qu’ils vont perdre beaucoup également comme leurs avantages sociaux, fiscaux, sanitaires dont ils bénéficient aujourd’hui encore en Espagne.
        Enfin bref, peut-être se lamenteront-ils un jour de leur intolérance primitive et populiste.
        Accroche-toi une nouvelle vie commence!!!

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      • pomdepin dit :

        Merci beaucoup! Si tu ne l’as pas déjà vu , voilà le lien du reportage de Channel 4 sur les expats britanniques en Espagne, j’en parlais plus haut. C’est édifiant. https://youtu.be/G9FggJE1HjY

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  13. Ophélie G. dit :

    Ton récit fait froid dans le dos. Je suis sincèrement désolée que ta famille et toi ayez souffert des conséquences du Brexit. J’avoue aussi que je ne sais pas trop comment je me place vis-à-vis de ton article. J’habite et travaille en Angleterre depuis 2014 et j’admets que le résultat du référendum n’a absolument rien changé à ma vie ici (et pourtant, la majorité des votants de Stamford où j’ai vécu 3 ans ont voté leave). Je n’ai jamais subi de propos/réaction xénophobe parce que je suis française ou parle français, ni avant, ni après juin 2016. Du coup je suis curieuse de lire les articles que tu as partagé dans certains commentaires ci-dessus. Après, je n’ai pas la même situation familiale que toi – je suis seule et sans enfant. Tu penses que ça joue ?
    Dans tous les cas, merci à toi de te battre même de l’autre côté de la Manche. xx

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  14. Nanou dit :

    Effectivement les sénateurs ont eu l’air de tomber des nues. Mais surtout j’ai eu la désagréable impression que l’on avait laissé la question de côté ne sachant pas comment gérer le problème. J’espère sincèrement me tromper.

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  15. Frédérique dit :

    Merci de nous faire connaître tous ces « détails » de la vie courante en cas de non accord , car oui on ne sait pas tout ça et c’est la vie de tous les jours , brute de réalité pratique . Ton billet est effrayant quant à la non préparation de ces accords et on a l’impression que nos politiques sont à des années lumières de la vie réelle .j’espere que votre intervention va leur ouvrir les yeux et porter ses fruits . Frédérique

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    • pomdepin dit :

      Nous avons aussi rencontré des diplomates britanniques qui sont tombés des nues quand on leur a expliqué les lois de leur propre pays. Les grands discours, c’est très bien, c’est l’application sur le terrain qui pose problème. On nous dit qu’il n’y a rien à craindre si on est en situation légale, mais on nous demande des papiers qui n’existent pas pour prouver qu’on l’est. On nous dit que personne ne sera déporté (alors que ça a déjà commencé), mais les employeurs, les bailleurs et les hôpitaux ont l’obligation de vérifier le statut des immigrés. Même si on est dans notre bon droit, si on ne peut pas fournir un justificatif, on n’a plus accès à rien. Et sans accord, en mars 2019, les européens dont le passeport étaient le justificatif, tombent dans un vide juridique. On a certes le droit de résider en Grande Bretagne mais on ne peut pas le prouver. C’est ubuesque. Même si le settle status est approuvé, comment l’état peut-il traiter plus de 3 millions de dossiers en 10 mois? Même si on y a droit, tant qu’on n’a pas le petit papier le prouvant, on n’a pas accès au logement, à l’emploi et aux soins, on risque même d’être déporte puisque bailleurs et employeurs doivent nous dénoncer aux services de l’immigration. On peut certes faire appel, mais uniquement après avoir quitter le territoire, et sans avoir accès au dossier (les étrangers n’ont plus le droit de savoir ce que l’administration détient sur eux). Alors, les jolis discours de Theresa May à Bruxelles…

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  16. Stéphane M. dit :

    Bonjour et merci pour ton article 🙂
    Je découvre seulement ton blog et j’avoue que je vais le lire avec attention !
    Ton article me faire un peu peur du fait qu’on vient de me proposer une mutation professionnelle en Angleterre pour Septembre… Du coup je ne sais pas trop quoi faire ^^

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    • pomdepin dit :

      Le problèmes pour les européens deja installés est que le gouvernement change les règles de residence a posteriori. On ne sait pas encore quelles seront les règles pour les nouveaux entrants, mais ton entreprise devrait t’aider.

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  17. Erin dit :

    Bonjour PomDePin
    Merci pour votre temoignage.
    Au vu du peu de consideration que l’Etat britannique porte pour ses propres citoyens (surtout ceux issus des classes modestes), je ne suis pas etonnee de cette situation ubuesque.
    J’ai vecu dans le Surrey il y a une vingtaine d’annees et j’ai toujours ete certaine que les Britanniques sortiraient un jour de l’UE.
    On est juste des pions. Il ne faut pas esperer etre aider plus de ce cote de la Manche, c’est pareil. En France on est pas en reste non plus en matiere d’absurdite, se rappeler qu’il y a quelques annees, des citoyens francais etaient obliges de ressortir leur decret de naturalisation( vieux parfois de 60 ans) lors du renouvellement de leur CNI/Passeport pour prouver leur nationalite(merci Sarkozy).
    En lisant ici certains commentaires desagreables, l’on peut se consoler en pensant que certains expatries passent au travers des gouttes. Tant mieux pour eux et pourvu que ca dure. Lorsque l’on a des moyens financiers consequents on a effectivement plus de chance de rester au sec.
    En tous les cas, je vous souhaite beaucoup de courage et egalement a tout ceux qui galerent in UK.
    Bien a vous,
    Erin😊

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    • pomdepin dit :

      Je crois que ceux qui sont si fiers de passer entre les mailles du filet ont effectivement la’ menatalité expatrié. Du coup, ils ne s’attendent pas à être traité comme n’importe quel citoyen, ce qui étai notre cas. On avait les mêmes droits et devoirs que nos voisins britanniques, ormis aux élections parlementaires. Et aujourd’hui, ces droits sont remis en question, tout comme notre place dans la société.

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      • Bach Alain dit :

        Les Brits disent des Français qu’ils sont arrogants, donneurs de leçons. Pas entièrement faux. Sauf que ce n’est pas typiquement français. Ma carrière diplo m’a montré ailleurs dans le monde tant de « belles choses » dans ce domaine ! Mais leur énergie à répéter partout sur la planète que les Français sont arrogants a porté ses fruits. Ça nous colle à la peau et pour longtemps. Merci les Brits ! En revanche, eux ne sont ni vaniteux ni égoïstes. Nous avons peut-être tord de ne pas le crier plus fort. Mais ce serait mesquin. Laissons tomber cette idée. Que cela leur plaisent ou non, ils sont nos cousins germains depuis près de 1000 ans ! Bien entendu, dans toutes les familles il y en a toujours un qui se croit plus malin que les autres et qui a la certitude de pouvoir se passer des frères, sœurs et cousins. Les Brits nous ont fait ce coup combien de fois ? Laissons les quitter la maison, ils méritent une leçon. Quant aux Français expats, je comprends leurs difficultés. Ils faut qu’ils rentrent à la maison. Notre faiblesse démographique a besoin d’un coup de main. Que nos politiciens préparent des conditions de retour humainement et matériellement crédibles et que la France aille son chemin sans remord. Face aux défis qui se profilent à l’horizon mondial, nous devons rassembler tous les talents. Ça sent déjà le brûlé…

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      • pomdepin dit :

        Tous ne peuvent pas rentrer facilement. C’est difficile notamment pour les familles mixtes, d’où nos demandes pour clarifier le statut des conjoints britanniques post brexit.

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  18. Anonyme dit :

    Un ami français récemment, marié à une Anglaise, dont les filles sont anglaises, a découvert que sa famille n’avait droit aux allocations pour les bébés qu’à condition de remplir un dossier de 20 pages et de fournir des justificatifs de TOUS les produits achetés pour les bébés, tandis que les Anglais n’avaient besoin de rien fournir. Il a constitué ce dossier mais ne détient aucune information sur quand, ou comment il sera traité et à quelles conditions il aura accès aux aides.

    Par contre, pour payer des impôts à l’état anglais, tout va bien et ça se fait tout seul!

    Il y a aussi l’exemple d’une Danoise qui a souhaité acquérir la nationalité britannique suite au Brexit. Mariée à un Anglais, résidant aux UK depuis 30 ans, sa demande a été rejetée car elle ne pouvait fournir de preuve qu’elle vivait bien ici, de carte de résidente. Carte de résidente dont les membres de l’UE n’avaient pas besoin. Ironie? Elle était maire de sa ville depuis deux décennies.

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    • pomdepin dit :

      Elle a réussi finalement à l’obtenir, grâce à une campagne médiatique. Mais tous n’ont pas la possibilité de plaider leur cause dans les journaux…

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  19. Aleka dit :

    Quelle indécence! Comparer la déportation et les migrant de Calais pour qui se serait un choix à ce qui vous arrive? Je comprends les anglais et leur racisme aux vues de vos propos. En gros vous traitez les anglais de cons mais vous voulez quand même continuer à y vivre? Toute la splendeur des expatriés francais en un seul article.
    Décidez de vivre dans un pays c’est en accepter les règles. Si les règles ne vous plaisent plus allez voir ailleurs. Si vous aimez tant ce pays devenez anglaise.
    Alors que cette situation devrait vous rendre plus tolérante et plus compatissante elle vous rend haineuse.
    En fait vous seriez bien en France, vous ressemblez comme 2 gouttes d’eau à beaucoup de vos compatriotes.

    Une expatriée en Asie (qui respecte les lois et les habitants de son pays d’accueil)

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    • pomdepin dit :

      1-je ne compare pas avec la deportation. Le terme officiel en anglais pour les étrangers renvoyés est deportation. Mais une personne aussi éclairée et tolérante que vous ne risque pas de ne pas savoir que la terre entière ne partage pas la terminologie et les références franco françaises.
      2-je n’ai aucune idée d’où vous sortez la comparaison avec les migrants de calais, ça serait sympa de relire avant de foncer tête baissée. J’ai dit que des français débarqueraient à Calais parce que figurez-vous que c’est là qu’on arrive quand on quitte l’Angleterre à Douvres. Quant au terme migrants, c’est comme ça qu’on est désigné par la presse britannique. Ce serait peut-être bien de se renseigner un peu sur le vocabulaire anglais avant de critiquer.
      3-je n’étais pas expatriée mais immigrée, je n’avais aucune intention de partir.
      4-c’est marrant j’ai écrit noir sur blanc : on ne dit pas que tous les anglais sont racistes…vous avez fait comment pour comprendre exactement le contraire? C’est un don?
      5-justement, les européens respectaient les règles. Elles sont en train de changer a posteriori. La législation rétroactive, on fait comment pour la respecter par anticipation? Vraiment, j’insiste, c’est embêtant de commenter quelque chose auquel on ne connaît rien.
      6-justement, j’aurais aimé devenir anglaise. Les lois ont changé et je ne peux plus. Mes enfants nés sur place non plus. Des enfants d’immigrés se voient même retirer cette nationalité qu’on leur avait donnée. Des européens mariés à des britanniques depuis des décennies n’y ont pas droit non plus…les avocats spécialisés et des universitaires spécialistes de la question estiment qu’entre 30 et 90 % des européens, selon le projet qui sera finalement adopté, ne pourront pas l’obtenir, mais je suis sûre que vous savez mieux qu’eux.
      7-oh c’est mignon comme conseil, me dire de rentrer en France. Je me répète mais lire avant de commenter, ça peut éviter de se ridiculiser.

      Une ex immigrée qui respectait les lois et les habitants de son pays d’accueil avant qu’ils la traitent de vermine

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      • Murielle dit :

        Ouch
        Encore quelqu’un qui parle sans savoir et qui probablement n’a jamais quitté Trifouilly les Oies .
        Bref pour avoir vécu 10 ans au Royaume Uni, et avoir été insultee, menacée, discriminée depuis juin 2016, hélas je ne peux que confirmer cetu article

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    • Erin dit :

      Reste a esperer Madame que la situation politique et economique de votre pays d’accueil reste stable et favorable aux etrangers, que vous n’ayez ainsi jamais a vivre de traumatismes majeurs qui vous feraient eventuellement comprendre les consequences des politiques ultra liberales qui guident les peuples vers le racisme et l’intolerance.
      Respect is just a minima. Better say nothing than rubbish.

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      • pomdepin dit :

        Pardon Erin, le temps de comprendre que vous vous adressiez à Aleka, j’ai failli passer votre commentaire en spam…je suis un peu débordée par les commentaires agressifs aujourd’hui!

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      • Erin dit :

        Desolee, c’est moi je n’ai pas precise.
        La publication sur le HuffPost c’est bien l’audience s’agrandit, mais l’avis de personnes qui ne comprennent pas la situation au Royaume-Uni ( malgre vos explications plus que limpides, voire meme mieux documentes que certains relais medias) sont incroyablement affligeants. Pourtant un pays ou l’on assassine une deputee pro-europeenne avant le referendum sur la sortie de l’UE, est-ce qu’il est vraiment utile de faire un commentaire de texte??
        Les consequences imaginables (pour tout le monde) n’etaient-elles pas assez claires?? Force et courage a vous (pour repondre aux stupid fools il en faut)
        Erin😉

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      • pomdepin dit :

        Merci beaucoup Erin, du fond du cœur. Je crois qu’ils ne veulent surtout pas comprendre, beaucoup rêvent d’un frexit ou d’un équivalent. Ils préfèrent ne pas voir le naufrage du royaume uni, ça les contrarie.

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  20. jaroc dit :

    Bonjour,
    Vous dites « A cause de l’hostile environnement mis en place par Theresa May elle-même ». C’est le peuple anglais ( à une faible majorité) qui a choisi d’avoir un comportement sévère avec les étrangers. Mme May (qui était contre le Brexit) applique, au mieux, le choix du peuple.

    J’ai depuis ma naissance changé de pays tous les 12 ans et cela n’est pas toujours facile. Beaucoup d’adultes le vivent très difficilement, enfants ados, jeunes adultes peuvent mieux absorber ces chocs.

    Je travaille dans des milieux internationaux et il y a une règle que je m’efforce à transmettre,
    « quand vous restez plus de 10 ans à l’étranger, votre pays d’origine vous sera étranger »
    Si vous rentrez au pays, vous devez recommencer à créer une nouvelle vie et dans tous les cas quel que soit le pays, vous serez toujours perçu comme étranger. Au mieux les enfants et petits-enfants seront acceptés.
    Cela est valable que l’on soit bien installé ou immigré pauvre dans ce pays.

    Ce constat est très pénible, surtout qu’il parvient souvent lorsqu’il y a une crise.

    L’appel que vous semblez faire à la France ne me semble pas des meilleurs.
    L’état Français vous protègera comme tout citoyen rien de plus. Vous dites que vous aviez choisi d’y construire votre vie en Angleterre, c’est donc un peu ne plus accepter la vie en France, et maintenant vous demandez une grande attention de l’état.
    Vous comprenez que c’est une position difficilement défendable.
    L’Europe est un projet similaire ce celui du rassemblement des régions de France à partir du XV siècle où un Breton partant pour Paris était un étranger. Il faudra encore des décennies pour lier tous ces pays européens et avoir cette mobilité que vous pensiez acquise.

    Courage, ne comptez que sur vous et surtout allez de l’avant sans regarder en arrière sur ce que vous avez vécu de bien.

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    • pomdepin dit :

      L’hostile environment a été mis en place par Theresa May quand elle était ministre de l’intérieur sous les deux gouvernements Cameron, avant le référendum. Ce n’est pas nouveau mais il ne pouvait pas s’appliquer aux européens tant que la Grande Bretagne faisait partie de l’UE. Elle n’en est pas encore officiellement sortie mais une partie de l’administration, principalement le Home Office et le DWP (ministère du travail et des retraites) a déjà pris les devants. Le gouvernement veut mettre en place le settle status, c’est à dire le nouveau statut des européens avant la fin de l’année.
      J’ai moi aussi changé de pays a peu près tous les 10 ans. C’est bien ce qui me permet de considérer notre retour en France comme une nouvelle expatriation et j’ai expliqué plusieurs fois combien j’étais ravie de l’accueil extrêmement chaleureux qu’on a reçu. L’appel que l’on fait à la France mais aussi aux 26 autres pays européens concernés vient du fait qu’on tombe dans un vide juridique, à la différence des autres expats rentrant en France. C’est la première fois qu’un pays quitte l’UE. Les négociations ne portent pas que sur les accords commerciaux, mais aussi sur le devenir de nos cotisations qui étaient jusqu’à présent transférables, sur le statut des conjoints britanniques, etc. Je ne vois pas en quoi c’est difficilement défendable de demander à l’état français de répondre à une question qu’il devra de toute façon régler d’ici mars 2019.

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  21. Taoluk dit :

    Je compatis avec vous et vous souhaite bon courage.
    Néanmoins, ça m’agace toujours un peu d’entendre des gens qui n’ont pas cotisé en France, qui sont partis juste après leurs études (financées par l’État français?) et qui n’ont jamais eu l’intention de revenir (je ne juge absolument pas, c’est un choix que je respecte) réclamer une protection consulaire de cet État avec lequel ils ne voulaient rien avoir à faire comme si c’était un du.
    Bon courage

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    • pomdepin dit :

      Mes études en école de commerce privée ont été payées par mes parents. Je suis sure qu’ils seront ravis que l’état français les rembourse, tout comme il remboursera les contribuables de tous les pays d’origine des diplômés venus d’ailleurs qui travaillent en France. On ne réclame pas une protection consulaire, c’est une obligation de l’état français qui existe depuis bien avant le brexit et partout dans le monde. Je dis justement qu’avant de devoir en arriver là, il serait de l’intérêt de l’état français de combler le vide juridique dans lequel on se trouvera en mars 2019 si il n’y a pas d’accord. Ensuite, vous comptez faire quoi si la Grande Bretagne renvoie des centaines de milliers de gens contre leur gré? Les laisser dériver sur la Manche pour les punir d’avoir simplement appliqué la libre circulation des personnes dans l’UE, ratifiée par la France?

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  22. Lapocompris dit :

    Bonjour, pour ceux qui veulent rester aux Royaume-Uni après le Brexit, il n’y pas un moyen pour acquérir la nationalité ?

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    • pomdepin dit :

      Oui, mais c’est beaucoup plus compliqué qu’avant. Il faut maintenant faire une demande de PR au bout de 5 ans de résidence, en fournissant plusieurs kilo de justificatifs que les européens n’ont pas toujours. Il faut par exemple avoir cotisé à une assurance de santé privée pour les non salariés (parents au foyer, artisan, professionnel…) depuis ces 5 années, mais on ne le sait que depuis 2016! La liste des aberrations est longue, un tiers des demandes sont refusées et le ministère de l’intérieur admet lui même une marge d’erreur de 10%. Être marié à un britannique ne confère aucun droit supplémentaire pour l’obtention du PR. Par contre, une fois le PR délivré, les européens mariés à un britannique peuvent monter leur dossier de demande de naturalisation de suite, alors que les autres doivent encore attendre un an. Mais il n’y a aucune garantie, dernièrement, une danoise, pourtant maire de sa ville anglaise s’est vue refuser la naturalisation sous prétexte que le Home Office n’avait pas la preuve qu’elle y résidait!

      Ceci n’est valable que jusqu’en mars 2019. Le settle status qui remplacera le PR n’est pas encore défini complètement. On ne sait pas ni comment il sera appliqué ni ce à quoi il donnera droit exactement. Pour l’instant, le gouvernement veut qu’il soit un pré requis à la demande de naturalisation.
      Enfin, il y a un problème pour les européens dont le pays d’origine n’accepte pas les doubles nationalités. Pour devenir britanniques, ils doivent abandonner leur nationalité de naissance et s’inquiètent pour leur droit à visiter leur famille sur place par exemple, une fois qu’ils ne pourront plus bénéficier de la libre circulation.

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  23. Le Crom Rozenn dit :

    C’est hallucinant, surtout quand on voit que des anglais viennent à l’hôpital de Lille pour se faire soigner ou operer car les délais d’attente en Angleterre sont trop important. Un accord a été passé par la sécu anglaise et l’hôpital. J’ai vu un reportage à ce sujet cette semaine..

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    • pomdepin dit :

      Le NHS, le système de santé britannique est en plein naufrage. Il était déjà aux bords d’un gouffre financier avant le référendum, la situation a empiré. Les soignants européens repartent en masse, creant d’énormes problèmes de personnel.

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  24. Charles dit :

    Bonjour,
    merci pour ce post et votre intervention au Sénat.
    Lassés par la xénophobie ambiante, nous avons décidés de quitter Londres après 10 ans. Nous avons vu la situation se dégrader au fil du temps, et même si on ne tue pas encore des français au RU par xénophobie (a contrario des Polonais qui en bavent beaucoup plus), les attaques verbales, sous-entendus, moqueries, mesquineries envers moi et les enfants sont devenus quasi-quotidiens. J’evolue pourtant dans un milieu dit privilegié et cosmopolitite supposé donc être préservé de tout racisme. Toutefois c’est à l’exterieur de Londres que nous avons subi les attaques les plus graves (hôtelier refusant de nous louer des chambres, restaurateur présentant une carte en Français aux prix « adaptés », queues de poisson et doigts d’honneur sur la M62, rayures sur la carrosserie, …). Ça va peut-être vous paraître futile mais ma plus grosse claque aura été un manquement à l’étiquette du golf sur le green du mythique club de St Andrews au motif que mon partenaire du jour et moi étions des F*** Frogs qui feraient mieux de faire leur valise.
    Fair enough, back to Paris. Je suis plus optimiste que vous malgré un retour plutôt complexe car je relocalise ma société et une grande partie de ses 35 salariés cet été. J’ai été agréablement surpris des progrès réalisés en france. Un comble, c’est devenu plus simple de creer une boite qu’au UK, alors que j’avais migré à Londres pour cette raison entre autres. Trouver un appartement n’a pas été bien sorcier et le coût de l’immobilier est bien plus attractif à Paris. C’est simple, à surface et standing équivalents loyer divisé par 2,5! (Pour mon entreprise c’est presque 2* moins élevé). Concernant votre problème de justificatifs, je vous conseille de passer en direct avec un particulier, bien moins exigeant que les agents immobiliers.
    L’administratif familial est géré par mon épouse, et ne pose pas de souci particulier. Vous pouvez me croire, les fonctionnaires français sont bien plus agréables avec ma femme londonienne que les fonctionnaires brits avec moi.
    En revanche les guichets pourraient vite saturer et vous avez bien raison de souligner qu’il serait pertinent que les pouvoirs publics s’organisent en prévision de retours massifs.
    Pour terminer si vous en avez le temps et l’energie, vous devriez médiatiser votre position et vos propositions. C’est la seule façon de faire bouger les lignes.
    Bon courage

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    • pomdepin dit :

      Merci pour votre témoignage Charles, qui rejoint malheureusement celui de beaucoup. J’essaie de faire parler de nous au maximum, et je ne suis pas la seule (au travers de l’association de défense des européens en UK, the3million), mais entre incrédulité et désintérêt, les continentaux ne sont pas très réceptifs. J’espère que notre intervention au sénat aura ouvert les yeux de certains. Nous sommes très soutenu par Olivier Cadic, sénateur des français de l’étranger et lui même expatrié en Grande Bretagne. Il fait un travail remarquable pour alerter les pouvoirs publics qui ne sont pas du tout prêts.

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    • Joëlle dit :

      Pour info, ma petite voiture française avait elle aussi été gentiment rayée il y a 40 ans, un soir devant un pub dans le quartier de Harrow… Et je me souviens, toujours à la même époque, du commentaire désobligeant d’une dame « very British » dans la queue d’une supérette concernant la lenteur de la caissière , d’origine indienne vraisemblablement. « It was faster when it was OUR OWN people! » m’a-t-elle lancée, ignorant que je ne répondais pas à ce critère… Le racisme semble ne pas dater d’hier, hélas!

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  25. Philippe dit :

    Bonjour,

    Je sais que les britanniques ont appelé leur royaume la « Grande » Bretagne, mais franchement, qu’est-ce qui t’attire tant dans ce pays au point de vouloir y vivre toute ta vie ? Le climat ? La nourriture ? Le système de santé ? Dans tous les cas, pourquoi ne pas avoir fait de démarche pour demander la nationalité britannique ?

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    • pomdepin dit :

      J’ai quitté la Grande Bretagne en janvier dernier. Je ne peux plus obtenir la nationalité britannique, Theresa May a change et durci les règles quand elle était ministre de l’intérieur. Beaucoup d’européens, notamment parents au foyer mariés à des britanniques qui y avaient droit il y a quelques années se la voient refuser aujourd’hui. Les règles ont changé à posteriori.

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      • Philippe dit :

        Du coup pas trop dur le retour en France ? Des différences avec le pays que tu as quitté à l’époque ?

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      • pomdepin dit :

        C’est très différent, surtout qu’on est dans une région qu’on ne connaissait et on est parti juste après nos études, il y a 21 ans, et on revient avec une famille. Mais c’est ce qui fait le charme, on est en pleine découverte, comme une nouvelle expatriation.

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  26. Charlotte H dit :

    Merci pour ce coup de gueule. Complètement d’accord avec toi, il y a plein d’Anglais qui sont super raciste. Je suis venue comme fille au pair sur Notting Hill, j’ai tenu 6 mois. 6 mois d’insultes, de petites humiliations dans la famille (oui, oui, même les enfants!!!), en société, dans les transports, en soirée. Pendant 6 mois la personne à l’accueil de l’école ou j’allais chercher les enfants m’a forcé à présenter ma carte d’identite tous les jours, parce que vous les françaises vous avez une ID!! Elle faisait pareil aux polonaises, belges, allemandes, etc… sauf aux anglaises. On lui a posé la question, elle a répondu que c’etait le réglement. Mais sans nous le montrer. Pour moi direction Madrid, tant pis pour l’anglais vive l’espagnol! Apparemment je suis pas la seule à me poser des questions: https://www.theguardian.com/money/2018/jun/09/au-pair-shortage-prompts-crisis-for-families. C’est dommage car Londres est vraiment une ville géniale, mais sans les Anglais 🙂

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    • Julie dit :

      6 mois, c’est énorme 🙂 Moi au bout de 3 j’ai demandé à ma famille d’accueil de rentrer en France. On m’avait prévenue qu’en angleterre c’était un peu dur pour les étrangers, mais que dans le quartier où j’allais vivre ça allait (belgravia qui est le neuilly de londres). Ben en fait pas du tout. Au début ma famille comprenait pas ce qui se passait, ils me disaient que c’était parce que je venais d’arriver, que je ne parlais pas encore bien anglais. Pas faux, mais bon, quand les premières expressions anglaises que tu apprends c’est « fucking frog » ou « go back to frogland », il y a un problème non?
      Du coup je leur ai proposé de prendre un café avec des amies au pair également. Ils ont été sympas et nous ont toutes invitées à dîner pour discuter.
      Je vais pas tout écrire mais ils ont vraiment halluciné (et encore on est toutes françaises et belges, quand t’es musulmane ou polonaise c’est encore une autre histoire). Au début ils semblaient pas trop convaincus, essayaient de vérifier que mes copines avaient vraiment compris les situations (enfin quand on te crache au visage dans le bus le message est assez clair :-), et à la fin du dîner, on les sentait vraiment tristes. Ils n’arrêtaient pas de s’excuser…
      Le lendemain matin, le papa m’a donné une enveloppe avec 5000 pound. Il s’est de nouveau excusé, m’a dit qu’il ne fallait pas que je reste en Angleterre et qu’il avait une famille d’amis à New-york qui était prête à m’accueillir quand je le souhaitais. Je pars cet été pour un an!!!
      Sinon bravo à la personne qui a eu le courage d’écrire cet article. Il y a beaucoup de français que j’ai croisés qui ne voient pas le problème, ou alors font semblant de ne pas le voir ce qui ne va pas aider à la résoudre.

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    • Karinette dit :

      moi aussi je suis au pair à Londres. Mais je n’ai pas encore subi d’attaque raciste comme certaines de mes amies. Il faut dire que je ne croise presque jamais de « vrais » anglais car dans la vie de tous les jours, le serveur, le chauffeur de taxi, etc est souvent étranger. En revanche pour les deux enfants de ma famille d’aceuil franco-espagnole c’est très difficile. Le grand de 9 ans est suivi par une psy parce qu’il était harcelé gravement à l’école (le sale français ils l’appellaient), et la petite de 6 ans ne veut plus y aller. Un cauchemard de l’amener tous les matins… bon courage à toutes les deux pour vos nouvelles vies!!!

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    • pomdepin dit :

      Bonne chance en Espagne!

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  27. destroyed dit :

    Bonjour

    J’ai vécu en Angleterre, mais j’avoue qu’en Suisse, je vis le cauchemar
    Je découvre deux choses : qu’au travail ON privilégie le bien avant le bien être
    Un bon pedigree est un bon d’entrée
    et qu’en Suisse, il manque d’experts mais il préfère les Suisses ou les gosses de riches…sans expertise mais si papa est haut placé….c’est sans importance. « Le peu « qu’on connait suffit pour faire carrière avec un bon réseau…et très vite au plus haut !!
    Pour les autres la galère, même avec un doctorat en sciences et 20 ans d’expérience
    on perd vite son emploi, et son visa…et lorsqu’on vient s’installer avec sa petite famille..c’est un choc, de recevoir une révocation de visa….venir pour servir un cador quelle mascarade
    le respect est un luxe …pour certaine caste..

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  28. dalirante dit :

    J’ai vécu en Angleterre, mais j’avoue qu’en Suisse, je vis le cauchemar
    Je découvre deux choses : qu’au travail ON privilégie le bien avant le bien être
    Un bon pedigree est un bon d’entrée
    et qu’en Suisse, il manque d’experts mais il préfère les Suisses ou les gosses de riches…sans expertise mais si papa est haut placé….c’est sans importance. « Le peu « qu’on connait suffit pour faire carrière avec un bon réseau…et très vite au plus haut !!
    Pour les autres la galère, même avec un doctorat en sciences et 20 ans d’expérience
    on perd vite son emploi, et son visa…et lorsqu’on vient s’installer avec sa petite famille..c’est un choc, de recevoir une révocation de visa….venir pour servir un cador quelle mascarade
    le respect est un luxe …pour certaine caste..

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  29. Jeroen Nouwen dit :

    Ainsi allons-nous accueillir une nouvelle vague de « Pieds-noirs »?
    Pour avoir vécu à l’étranger, c’est une perspective que j’avais en tête « Et si ce gvt me fout un jour à la porte?… » Et bien je reprendrais mes valises. J’ai tjr eu l’opportunité de sortir avant et d’éviter ce type de situation fort désagréable.
    Pourtant ds ce cas-ci nous sommes (étions?…) en Europe et tout semblait bien ficelé et la situation pérenne. Las…
    Dites vous (maigre consolation) que vos copains British résidant sur le continent sont dans la même situation : pas de visibilité sur ce qu’ils vont devenir après 2019. Ceux qui sont mariés ou ont un/des enfant/s avec un-e local-e peuvent demander ds certains cas la nationalité ou un titre de séjour long comme tout conjoint d’hors EU.
    Hors EU… Car c’est bien de ça dont il s’agit : fis de la naïveté et de la poudre aux yeux : on part vers un Brexit DUR ! Celui qui dit son nom ! L’EU ne laissera rien passer aux British pour l’avoir amené là où on en est aujourd’hui et le gvt de Londres est en plein déni de réalité : Barnier a toute latitude pour mener les « négociations » les + dures qui soit de la part d’une EU qui veut donner une leçon mémorable à tout pays qui aurait les mêmes velléités de la quitter.
    Toute cette affaire remet en cause toute mobilité au sein de l’EU mais aussi au monde entier : quelles assurances avons-nous de la poursuite, de la reprise de nos avantages et droits dans un autre pays, surtout si on a été poussé à quitter le précédent? Siècle de la mobilité = Mon oeil !
    Ma comparaison avec les Pieds-Noirs s’arrête là car en 1962, la France « jouait » bien plus collectif qu’aujourd’hui qui prône le règne de l’individualisme. Donc si le pays s’était décarcassé à l’époque pour accueillir un million et demi de « rapatriés », aujourd’hui tous les acteurs sociaux et institutionnels vont crier misère ! … Et des voix vont s’élever que vous avez bien profité de votre vie en GB pour amasser des millions?!… Et oui, vu d’ici vous êtes forcément tous des financiers de la City ! Même si ce n’est pas vrai, c’est le cliché qui va dominer.
    Pour avoir vécu quatre de ma vie hors de France, deux aux Pays-Bas et deux en Asie du SE, je comprends votre situation même si je la nuance. Ce qui me glace ds votre propos c’est la réaction des anglais : ainsi donc ce vieux relent de haine anti-française n’était pas bien loin. Que l’on me traite de « blanc-bec » en Asie, je m’y étais fait. Par contre j’imaginais qu’on avait avancé là-dessus en Europe… Hélas non…
    Ceci dit on peut imaginer qu’une issue « honorable » soit enfin trouvé pour vous sortir de cette incertitude ds laquelle vous n’êtes que des « pris en otage » entre Bruxelles et Londres : visa à long terme, transfert des droits des travailleurs EU vers un pays EU de leur choix ?…
    Bon courage à vous.

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    • dalirante dit :

      En 1962 la France jouait collectif….relisez l Histoire…SVP…une guerre trop longue… des massacres …des bombes…avant le rapatriement….Les pieds noirs :espagnols, portugais italiens et français s’étaient installées sur des « terres indigènes »…
      8 mai 1945: des INDIGENES qui s’étaient battus pour la France (avec un sous statut !! bien sûr) et réclamèrent l’égalité la liberté… furent fusillés…fin de la pratique du code de l’indigénat en 1962 !! Honteux pour une « démocratie »…mais c’était avant…
      cette guerre avec un niveau de censure jamais égalée…le ministre de l interieur …Sieur Mitterrand…

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  30. Amélie dit :

    Bonjour Pom de pin et merci pour votre post.
    J’avoue que je ne comprends pas pourquoi les médias ne relaient pas plus les situations de xénophobie pourtant très nombreuses. Il y a énormément d’étrangers en UK, et tout le monde se fout de notre sort. C’est ce qu’il y a de plus pesant dans le Brexit. Je ne crois pas 1 seconde qu’on sera mis à la porte en mars 2019. Mais le moins qu’on puisse dire est qu’on est fortement encouragé à partir, et on peut compter sur les tabloïds pour bien souffler sur les braises de la haine et de la xénophobie.
    Je n’ai pas encore pris ma décision sur un retour, mais j’y songe de plus en plus.

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  31. carrie4myself dit :

    Mais c’st « magnifique » ces gens expatries qui vivent en paix, joie, bonheur en Gb…. ouvrez les yeux! renseignez vous.
    Mais tu le sais; il y aura toujours des naïfs n’importe ou, des gens qui dénient tout malgré les infos/preuves que l’on peut fournir.
    Dommage et tant pis pour eux. Qu’ils ne viennent pas pleurer ensuite qu’ils n’étaient pas au courant…..
    Pour le reste, tu connais mon opinion et comme un l’a dit: médiatisation. Journaux locaux et puis radios, journaux nationaux, internationaux. Ca prend du temps, de l’énergie, de la volonte . I know you can do it. So cross pingres. I’m behind you.
    xxx

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  32. cracouc dit :

    Bonjour
    Question (sérieuse): mais pourquoi exactement un pays que vous avez quitté alors que vous avez bénéficié là d’une aide financière très importante (études gratuites, sécu etc etc) ferait quoi que ce soit pour vous aider alors que vous n’avez rien fait pour lui?

    Ce n’est pas un troll mais une question très sérieuse. Pourquoi est ce que vos cotisations seraient prises en compte? Pourquoi est ce que l’administration ferait des efforts? Vos problèmes sont la conséquence de vos choix et il faut les assumer.

     » On ne vous demande pas un traitement de faveur, juste qu’on se souvienne de notre existence pendant qu’on négocie les nouvelles règles d’imports exports automobiles. »

    Est ce que vous vous êtes souvenu de votre pays et vous lui avez rendu ce qu’il vous a donné avant de partir?

    Bon maintenant je redeviens vraiment sérieux mais c’est à cette question que vous devez répondre car sinon c’est ce qui vous sera dit.

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    • Bach Alain dit :

      Oui, c’est la différence de considération qui existe entre celle que l’on doit aux citoyens et celles que l’on doit aux consommateurs… Les consommateurs ont des droits parce qu’ils payent. Les citoyens ont des droits parce qu’ils ont des devoirs envers leur pays. Droit : je prends. Devoir : je donne. Faut mettre ces principes basiques en perspective.

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    • pomdepin dit :

      Comme déjà dit, j’ai fait une école de commerce, mais si l’état français veut rembourser mes parents pour mes études, ça sera tres gentil. Ce serait aussi sympa qu’il rembourse à leurs pays d’origine les études de tous les ressortissants étrangers qui osent bosser et payer des impôts en France.

      Je suis partie tres tôt, donc tout ce dont j’ai bénéficié gratuitement comme vous dites a été payé par les impôts de mes parents. À moins que vous vouliez que l’état envoie la facture aux gamins de 5 ans quand ils vont à l’école, les petits coquins? Et qui vous dit que je n’ai rien fait pour l’état français à l’étranger? Vous savez que les fonctionnaires internationaux, ça existe? Que les entrepreneurs français à l’étranger font tourner les exportations françaises? Que les profs de français à l’étranger participent à la politique mise en place par l’état français qui s’en sert pour étendre sa sphère d’influence? Je pourrais continuer longtemps. Une diaspora fait énormément pour le rayonnement économique, culturel et politique de son pays d’origine, beaucoup mais malheureusement pas en France, l’ont compris depuis longtemps.

      Nos cotisations sont prises en compte jusqu’à présent non pas pour nous faire plaisir ou parce que l’état français est trop gentil, mais parce que c’est une directive européenne. Les votres le seraient tout autant si vous alliez vous installer demain dans un autre pays de l’union. Si ça ne vous plait pas, pétitionnez à Bruxelles.

      Et sinon, mon pays a fait quoi pour moi exactement que je devrais lui rendre? En tant qu’adulte, je ne lui ai jamais coûté un centime et j’ai insisté pour que mes enfants nés ailleurs en aient la culture et la langue, non par nationalisme mais par ouverture d’esprit. Et effectivement, en lisant ce genre de commentaires, je me dis que ce n’était peut être pas la peine.

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  33. Jeroen Nouwen dit :

    Bien répondu !

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