Saint Paddy, the king of craic


Je suis toute étonnée de voir fleurir depuis quelques jours des affiches pour la saint Patrick, faisant la pub de beuveries soirées, de fêtes et même de semi marathon (je me suis renseignée: c’est vraiment de la course à pied, pas un pub crawl, un marathon de pubs). Je ne savais pas que la France se mettait aussi à l’heure irlandaise et célébrait la saint Patrick, mais j’en suis charmée. Alors avec quelques jours d’avance, je vous ressors l’histoire du petit Paddy, saint de son état.

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Je précise pour les nouveaux que nous avons vécu 10 ans près de Dublin, nous nous y sommes mariés, trois de nos enfants y sont nés et ont la nationalité irlandaise, le deuxième prénom d’une de nos filles est en gaélique (et donc absolument imprononçable pour les non initiés), bref nous sommes des irlandais honoraires. On sait prononcer les noms de bleds paumés (Dun Laoghaire, ça se dit deun liri) et les prénoms charmants. On dit Paddy au lieu de Patrick, et Hawwya pour dire bonjour. On sait bien que le craic, c’est le sens de la fête et du fun des irlandais. On a vu débuter des stars locales qui ont depuis conquis le marché britannique, on se souvient des présentateurs vedettes de la RTE, la télé d’état, y compris Dustin the Turkey (si, si…), on connaît encore les restos sympas de Dublin, quand aller à la criée de Howrah pour avoir le meilleur poisson, on apprécie l’humour irlandais beaucoup plus que tous les autres, bref on a un peu l’impression de faire partie de la diaspora irlandaise. D’ailleurs quand on a commencé à réfléchir à quitter brexitland, le fameux « go back where you come from » nous a de suite fait penser à un retour en Irlande. C’est là que nous avons débuté notre vie d’adulte, on sait comment ça marche, alors qu’on est en pleine découverte en France. J’ai même regardé si je ne pouvais pas avoir un passeport irlandais moi aussi, pour en avoir pondu trois. Bref, pour la saint Patrick, on sera tous en vert, avec une gerbe de trèfles (shamrock en irlandais) accrochée au revers. L’Ado se prépare à un week end intense à Londres, profitant allègrement de son passeport irlandais non seulement pour prouver qu’il a bien l’âge de boire une pinte (une à la fois je veux dire) de Guinness, mais surtout pour se la faire offrir, c’est sa fête! On va manger irlandais, je vais ressortir ma recette de soda bread, on fera du colcannon, et il y aura de la limonade verte pour les enfants (et du snake bite pour les autres: bière blonde, cidre, liqueur de cassis)…vive saint Patrick, Paddy donc pour les intimes.

Paddy était un petit comique, mais aussi un migrant. Et oui. Alors que l’Irlande vivait dans le pêché, les chefs de clans s’éclatant joyeusement à coup de guerres tribales incessantes, entre Cumhall et Goll mac Morna, entre les kings of Tara et les princes de l’Ulster, que les leprechauns (les lutins) sautillaient sur les arc-en-ciel, d’une marmite remplie d’or à l’autre, que les banshees hurlaient mélodieusement à rendre sourd le plus téméraire des irlandais (tradition perpétuée par mes filles), en Angleterre, un certain Patrick, probablement boutonneux, car adolescent ne demandait rien à personne. Et bien, le pauvre s’est carrément fait enlevé, comme ça, hop, et a été emmené en Irlande. Il y a passé 6 ans en esclavage, mais c’était un petit malin. La preuve, il a réussit à s’évader et à regagner l’Angleterre. D’où on peut en conclure qu’il était également sportif, car qu’il ait nagé ou ramé, il faut le faire! Mais Patrick n’était pas rancunier non plus, et il est revenu un beau matin de 432 ( à peu près) , avec l’idée saugrenue de convertir tous ces charmants irlandais au christianisme (ce qui déjà, sent la légende, ça m’étonnerait qu’il ait fait beau, il devait sûrement pleuvoir.) Il en a profité au passage pour chasser tous les serpents de l’île, ce dont je lui suis éternellement reconnaissante. Et il s’est servi des moyens du bord pour évangéliser, c’est à dire qu’il a hardiment expliqué la Sainte Trinité à l’aide d’un trèfle. C’est une chance pour les irlandais, c’est facile à porter à la boutonnière. Alors que si Patrick s’était servi d’un trident, ça poserait problème.

Aujourd’hui, Saint Patrick est bien sûr toujours célébrée à l’église, mais aussi dans les pubs, où la Guinness coule à flots, dans les rues, la saint Patrick Day Parade avec ses chars, sa musique, ses danses, et son ambiance extraordinaire étant mondialement connue. Bien sur, on peut fêter Patrick à Londres, à New York, en Australie, à Hong Kong et dans le Nord de la France…partout où il y a des irlandais et des gens appréciant la Guinness. Mais, à mes yeux, et à ceux des milliers de touristes fiers de leurs arrière-arrière-grand père irlandais qui débarquent à l’aéroport des jours avant le 17 mars, rien ne vaut Dublin!

Alors pour ceux qui vont fêter le petit Paddy ce week end:

Lá fhéile Pádraig sona dhuit!

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5 commentaires pour Saint Paddy, the king of craic

  1. carrie4myself dit :

    Je me souviens de ces fetes en Gb; c’était magique et extraordinaire.
    Il y a des pubs irlandais a Lyon et St Etienne (ville des Verts…. au foot LOL); mais je n’aurais pas le temps d’y aller :/ En tout cas enjoy : Lá fhéile Pádraig sona dhuit!
    xxx

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  2. C’est vrai que la St Patrick semble avoir trouvé un terreau favorable pour se développer dans certains points de France…

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